vendredi 15 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202791 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET WEYL TAULET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 12 et 14 avril et le 17 novembre 2022, Mme A B, représentée par l'AARPI WTAP (Me Weyl), demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 décembre 2021 par laquelle le recteur de l'académie de Lyon lui a refusé le bénéfice de la protection fonctionnelle, ensemble la décision implicite, née le 7 avril 2022, portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de condamner l'État à lui verser la somme totale de 1 500 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 17 janvier 2022, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait du vol par effraction de ses effets personnels et de la dégradation de son véhicule lors d'une sortie scolaire le 14 octobre 2021 ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée du 8 décembre 2021 est entachée d'incompétence de son signataire ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une contrariété de motifs au regard des dispositions de l'article 134-5 du code général de la fonction publique ; en effet :
• le recteur de l'académie de Lyon a ajouté une condition non prévue par les textes en considérant que la protection fonctionnelle n'était due qu'à raison des atteintes subies en raison de la qualité d'enseignant, alors qu'elle est légalement due en cas d'atteintes et de préjudices subis dans l'exercice des fonctions ou à l'occasion de l'exercice des fonctions ;
• les dommages qu'elle a subis le 14 octobre 2021 sont en lien avec ses fonctions de professeure d'éducation physique et sportive, dès lors que le vol par effraction de ses effets personnels et la dégradation de son véhicule ont eu lieu dans l'exercice de ses fonctions, alors qu'elle encadrait des activités sportives et ne pouvait soustraire ce véhicule au risque d'une telle effraction ;
- ces dommages lui ont causé des préjudices financiers et moraux à hauteur de 1 500 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2022, le recteur de l'académie de Lyon conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les moyens et les prétentions indemnitaires de Mme B ne sont pas fondés ;
- l'indemnisation des préjudices subis par la requérante ne pourra être supérieure à la somme de 125 euros correspondant au renouvellement de cartes nationales d'identité et d'un permis de conduire volés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 80-627 du 4 août 1980 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes, ni représentées.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gueguen ;
- et les conclusions de M. Pineau, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Alors qu'elle participait du 12 au 15 octobre 2021 à une sortie pédagogique intitulée " bike and run - aviron " destinée à l'ensemble des élèves de classes de seconde du lycée du Bugey de Belley, Mme B, professeure d'éducation physique et sportive, a été victime le 14 octobre 2021, d'un vol par effraction dans son véhicule personnel, stationné à l'entrée de la " ViaRhôna " sur le territoire de la commune de Belley, ses effets personnels ainsi que ceux de l'une de ses collègues et de plusieurs élèves ayant été dérobés. Après avoir déposé plainte auprès des services de la gendarmerie nationale le jour-même, par un courrier du 27 octobre 2021, l'intéressée a sollicité l'octroi de la protection fonctionnelle auprès des services du rectorat de l'académie de Lyon. Par une décision du 8 décembre suivant, le recteur de l'académie de Lyon a rejeté sa demande. Le 7 février 2022, Mme B a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision ainsi qu'une demande indemnitaire préalable qui ont été implicitement rejetés le 7 avril suivant. La requérante demande au tribunal de prononcer l'annulation de ces deux décisions et de condamner l'État à lui verser la somme totale de 1 500 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 17 janvier 2022, en réparation des préjudices qu'elle estime ainsi avoir subis.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces produites en défense que par un arrêté du 14 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de région Auvergne-Rhône-Alpes du 20 septembre suivant, le recteur de l'académie de Lyon a donné délégation de signature à M. Olivier Curnelle, secrétaire général de cette académie, à l'effet de signer, notamment, tous arrêtés, actes, décisions et correspondances concernant la gestion administrative et financière des personnels titulaires enseignants du second degré, à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions portant refus d'octroi de la protection fonctionnelle. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée du 8 décembre 2021 manque en fait et ne peut qu'être écarté.
3. En second lieu, selon les termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dont les dispositions ont été reprises, à compter du 1er mars 2022, aux articles L. 134-1 à L. 134-12 du code général de la fonction publique : " I. - A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire () bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause () / IV. - La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. () ". Ces dispositions établissent à la charge de la collectivité publique et au profit des agents publics, lorsqu'ils ont été victimes d'attaques à raison de leurs fonctions, sans qu'une faute personnelle puisse leur être imputée, une obligation de protection à laquelle il ne peut être dérogé, sous le contrôle du juge, que pour des motifs d'intérêt général. Cette obligation de protection a pour objet, non seulement de faire cesser les attaques auxquelles le fonctionnaire ou l'agent public est exposé mais aussi de lui assurer une réparation adéquate des torts qu'il a subis.
4. Pour refuser de faire droit à la demande de protection fonctionnelle présentée par Mme B, le recteur de l'académie de Lyon s'est fondé sur le motif tiré de ce que les dommages subis par l'intéressée, le 14 octobre 2021, alors qu'elle participait, en sa qualité de professeure d'éducation physique et sportive, à la journée d'intégration des élèves du lycée du Bugey et avait conduit puis encadré ces derniers aux abords de la " ViaRhôna ", pour regrettables qu'ils soient, n'avaient aucun lien avec ses fonctions d'enseignante, le circonstance que l'effraction de son véhicule et le vol d'effets personnels aient eu lieu sur son temps de travail ne suffisant pas à établir la preuve d'un lien avec l'exercice de ses fonctions.
5. En l'espèce, contrairement à ce que soutient la requérante, il ne ressort ni des termes de la décision contestée, ni d'aucune autre pièce du dossier, que l'autorité rectorale aurait illégalement ajouté une condition non prévue par les textes pour refuser de faire de droit à sa demande de protection fonctionnelle. Par ailleurs, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le vol par effraction des effets personnels de Mme B, de ceux de sa collègue et de ses élèves remisés dans son véhicule personnel, ainsi que la dégradation de ce véhicule auraient été commis à raison de sa qualité d'agente publique et de ses fonctions de professeure d'éducation physique et sportive au sens et pour l'application des dispositions citées au point 3, la seule circonstance que l'intéressée en ait été victime alors qu'elle exerçait ces fonctions, c'est-à-dire dans le temps et le lieu du service, étant à cet égard sans incidence. Par suite, le recteur de l'académie de Lyon, qui n'a commis ni " erreur de fait ", ni erreur de droit, n'a pas davantage fait une inexacte application de ces dispositions en refusant de faire droit à la demande de protection fonctionnelle ainsi présentée.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Si Mme B demande au tribunal de condamner l'État à lui verser la somme totale de 1 500 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 17 janvier 2022, en réparation des préjudices matériels et moraux qu'elle estime avoir subis du fait du vol par effraction de ses effets personnels et de la dégradation de son véhicule lors de la sortie scolaire précitée du14 octobre 2021, il résulte toutefois de ce qui a été dit précédemment que le recteur de l'académie de Lyon n'a commis aucune illégalité fautive en refusant de faire droit à sa demande de protection fonctionnelle, la requérante ne se prévalant par ailleurs d'aucune autre faute susceptible d'engager la responsabilité de l'État. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par Mme B ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais non compris dans les dépens :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à Mme B d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée, pour information, au recteur de l'académie de Lyon.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Bertolo, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2023.
Le rapporteur,
C. Gueguen
La présidente,
A. Baux
La greffière,
I. Rignol
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026