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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2202992

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2202992

mardi 26 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2202992
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantAARPI DENTONS EUROPE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 21 avril 2022, 15 février 2024 et 1er mars 2024, Mme B D et M. A C, représentés par Me Hazan, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de prononcer la décharge des cotisations d'impôt sur le revenu qu'ils ont acquittées au titre des années 2019 et 2020 résultant de l'application de la majoration prévue par le 7° de l'article 158 du code général des impôts ;

2°) enjoindre à l'administration de leur rembourser les suppléments d'impôt sur le revenu résultant de ces majorations soit 10 897 euros pour l'année 2019 et 35 727 euros pour l'année 2020 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens de l'instance.

Ils soutiennent que :

- la majoration prévue par les dispositions du 7 de l'article 158 du code général des impôts n'est plus justifiée ;

- le tribunal ne pourra pas constater le non-lieu à statuer dès lors que le montant du dégrèvement qui leur a été octroyé ne correspond pas à la totalité des suppléments d'impôts mis leur charge ;

- l'administration qui n'a pas présenté de demande de compensation devant le tribunal ne peut procéder à cette compensation ; elle n'est pas fondée à se prévaloir de ses propres erreurs pour corriger en sa faveur le montant du crédit d'impôt qu'elle avait calculé.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 juillet 2022, 8 février et 27 février 2024, le directeur régional des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône conclut, dans le dernier état de ses écritures, au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête.

Il soutient que :

- il a prononcé un dégrèvement d'un montant de 1 566 euros de l'impôt sur les revenus 2019 en prenant en compte un bénéfice industriel et commercial professionnel de 106 317 euros :

- il a prononcé un dégrèvement d'un montant de 1 472 euros de l'impôt sur les revenus 2020 en prenant en compte un bénéfice industriel et commercial professionnel de 378 578 euros :

Par une lettre du 15 février 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant au versement d'intérêts de retard au taux de 0,2% par mois assis sur les suppléments d'impôt en litige dès lors que les requérants ne font état d'aucun litige né et actuel avec le comptable compétent pour procéder au paiement de ces intérêts.

Des observations présentées pour Mme D et M. C en réponse à ce moyen relevé d'office ont été enregistrées le 15 février 2024 et ont été communiquées.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention fiscale franco-italienne du 5 octobre 1989 ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Rizzato, première conseillère,

- les conclusions de Mme Tocut, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Eouagnignon pour les requérants.

Une note en délibéré, présentée pour Mme D et M. C, a été enregistrée le 12 mars 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B D et M. A C, demandent la décharge des cotisations primitives d'impôt sur le revenu qu'ils estiment avoir acquittées à tort au titre des années 2019 et 2020 et résultant de l'application de la majoration de 25 % prévue au 7 de l'article 158 du code général des impôts, sur les revenus perçus en Italie par Mme D.

2. Par une décision du 8 février 2024, postérieure à l'introduction de la requête, l'administration a prononcé le dégrèvement des sommes de 1 566 euros au titre des impositions primitives d'impôt sur le revenu de l'année 2019 des requérants et de 1 472 euros au titre des impositions primitives d'impôt sur le revenu de l'année 2020.

3. Aux termes de l'article 24 de la convention fiscale franco-italienne : " La double imposition est évitée de la manière suivante : 1. Dans le cas de la France : a) Les bénéfices et autres revenus positifs qui proviennent d'Italie et qui y sont imposables conformément aux dispositions de la Convention, sont également imposables en France lorsqu'ils reviennent à un résident de France. L'impôt italien n'est pas déductible pour le calcul du revenu imposable en France. Mais le bénéficiaire a droit à un crédit d'impôt imputable sur l'impôt français dans la base duquel ces revenus sont compris. Ce crédit d'impôt est égal : / - pour les revenus visés aux articles 10, 11, 12, 16 et 17 et au paragraphe 8 du Protocole annexé à la Convention au montant de l'impôt payé en Italie, conformément aux dispositions de ces articles. Il ne peut toutefois excéder le montant de l'impôt français correspondant à ces revenus ; () ".

4. Il résulte de l'instruction que les dégrèvements prononcés correspondent exactement au montant des cotisations primitives d'impôt sur le revenu résultant de la prise en compte, dans l'assiette de l'impôt sur le revenu dû par les requérants au titre des années 2019 et 2020 de la majoration résultant du c) du 1° de l'article 158 du code général des impôts. L'administration a recalculé les montants d'impôts sur le revenu et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, dus par les requérants en retenant les sommes déclarées par les requérants de 106 317 euros au titre des bénéfices industriels et commerciaux de 2019 et 378 578 euros au titre des bénéfices industriels et commerciaux de 2020. Les crédits d'impôts sur les revenus étrangers venant en réduction de ces impôts devaient nécessairement être également recalculés en tenant compte de ces nouvelles assiettes sans que cela ne constitue une compensation au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 203 du livre des procédures fiscales.

5. Alors que les requérants ne contestaient que la part des cotisations primitives d'impôt sur le revenu résultant de l'application de la majoration de 25 % prévue au 7 de l'article 158 du code général des impôts sur les revenus perçus en Italie par Mme D, l'administration doit être regardée, en prononçant le dégrèvement mentionné au point 2, comme ayant fait totalement droit à leur demande.

6. Les conclusions tendant à la décharge de ces impositions sont donc, ainsi que le soutient l'administration, devenues sans objet.

Sur les frais liés au litige :

7. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions de Mme D et M. C tendant à ce qu'ils soient mis à la charge de l'Etat doivent être rejetés.

8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des requérants présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E:

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme D et M. C à fin de décharge.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et M. A C et au directeur régional des finances publiques d'Auvergne Rhône-Alpes et du département du Rhône.

Délibéré après l'audience du 12 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Clément, président,

Mme Rizzato, première conseillère,

Mme Gros, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2024.

La rapporteure,

C. Rizzato

Le président,

M. Clément

La greffière,

T. Andujar

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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