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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2203273

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2203273

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2203273
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantSELARL JEAN-PIERRE & WALGENWITZ AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 avril 2022, et des mémoires enregistrés le 11 octobre2023 et le 18 avril 2024, Mme B D, représentée par Me Pieri, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse à lui verser une somme totale de 28 743 euros, à parfaire à la date du jugement et assortie des intérêts au taux légal à compter du 29 décembre 2021, en réparation des préjudices consécutifs au harcèlement moral et sexuel dont elle a été victime à l'occasion de son service ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Bourg-en-Bresse la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme D soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :

- elle a été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral et sexuel de la part d'un médecin auprès duquel elle travaillait entre 2014 et 2016 ;

- ces agissements ont profondément dégradé ses conditions de travail et son état de santé, et ont conduit à ce qu'elle soit placée en congé de maladie ;

- elle a bénéficié d'un suivi psychologique approfondi ;

- le centre hospitalier, qui s'est limité à lui octroyer la protection fonctionnelle, a commis une faute en s'abstenant de prendre les mesures nécessaires pour la protéger et faire cesser les agissements dont elle était victime ; il a ainsi manqué à son obligation de sécurité ;

- elle est donc fondée à demander l'indemnisation de l'ensemble des frais de santé nécessités par son état, y compris les frais kilométriques pour se rendre aux diverses consultations, ainsi que les frais de justice ; le centre hospitalier ayant réglé une partie des sommes suite à la requête introductive d'instance, reste à régler une somme de 1 543 euros au titre des frais de santé exposés après le 4 janvier 2022 ;

- elle est également fondée à demander l'indemnisation de son préjudice moral ;

- sa demande n'est pas prescrite : le délai a été interrompu par le dépôt de plainte du 18 septembre 2017 et la constitution de partie civile le 27 mai 2019 ; en tout état de cause, son état de santé n'étant pas consolidé, l'étendue du dommage n'est pas connue et le délai n'a donc pas commencé à courir ; tout au plus, le délai a-t-il pu commencer à courir le 6 décembre 2017, date à laquelle l'administration a reconnu l'imputabilité au service de sa maladie.

Par des mémoires en défense enregistrés le 29 septembre 2022 et le 22 avril 2024, le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse, représenté par Me Leleu, dans le dernier état de ses écritures :

1°) conclut au rejet de la requête, subsidiairement à ce que les demandes soient ramenées à de plus justes proportions ;

2°) demande que le docteur A soit appelé dans la cause et que le tribunal se prononce sur la part des préjudices qui lui sont imputables ;

3°) demande que soit mise à la charge de Mme D la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :

- la créance de Mme D est prescrite ;

- la demande indemnitaire n'est pas fondée, dès lors que l'établissement, qui a été informé tardivement des agissements dont Mme D était victime, a pris les mesures nécessaires pour la protéger ;

- il s'est acquitté d'une partie des sommes demandées, à savoir les frais liés aux soins médicaux, les séances de psychothérapie, les frais de justice, le reliquat de la prime de service et les indemnités kilométriques ;

- s'agissant de l'indemnisation de frais de santé, les demandes concernant le remboursement de séances d'hypnose, d'ostéopathie, de masseur-kinésithérapeute, de réflexologie plantaire et d'acupuncture ne sont pas justifiées dans leur principe ;

- il en va de même de la demande d'indemnisation des frais de justice et de la demande de paiement du reliquat de la prime de service ;

- la demande d'indemnisation du reliquat de la prime de service n'est pas motivée ;

- la demande d'indemnisation du préjudice moral est démesurée ;

- le Dr A devra garantir l'établissement de l'intégralité des condamnations qui pourraient être mises à sa charge.

Par un mémoire enregistré le 21 mars 2024, M. C A, représenté par Me Chemla, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge du centre hospitalier de Bourg-en-Bresse la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les faits de harcèlement qui lui sont reprochés ne sont pas établis.

Un mémoire présenté pour M. A a été enregistré le 10 juin 2024 et n'a pas été communiqué en application du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées, le 11 juin 2024, que le tribunal est susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des conclusions du centre hospitalier de Bourg-en-Bresse tendant à ce que le tribunal " se prononce " sur la part des préjudices de Mme D imputable à la faute personnelle du docteur A.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics ;

- le code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme de Lacoste Lareymondie,

- les conclusions de Mme Fullana Thevenet,

- et les observations de Me Pieri représentant Mme D, de Me Luzineau représentant le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse, et de Me Chemla représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, infirmière, était affectée sur un poste de coordinatrice au sein du service de cardiologie du centre hospitalier de Bourg-en-Bresse, auprès du docteur A, cardiologue. A compter du 28 octobre 2016, elle a été placée en congé de maladie, en raison d'une dégradation de son état de santé provoquée par les agissements de harcèlement moral et sexuel dont elle déclare avoir été victime de la part du docteur A. Par la présente requête, elle demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse à l'indemniser des préjudices causés par ces agissements.

Sur la responsabilité du centre hospitalier de Bourg-en-Bresse :

2. Aux termes de l'article L. 133-1 du code général de la fonction publique : " Aucun agent public ne doit subir les faits : 1° De harcèlement sexuel, constitué par des propos ou comportements à connotation sexuelle répétés qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante ; () ". Selon l'article L. 133-2 du même code : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. "

3. D'une part, il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral ou sexuel, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

4. Il résulte de l'instruction qu'à compter du mois de juillet 2014, Mme D a été destinataire de remarques et sollicitations récurrentes à caractère sexuel de la part du docteur A qui, par ailleurs, se comportait avec elle de manière autoritaire, colérique et possessive. Si, dans ses écritures, M. A conteste avoir adopté un tel comportement, ses dénégations, très générales et peu crédibles au regard de ses attributions et du fonctionnement du service dont témoignent les dernières pièces produites par la requérante, ne remettent pas sérieusement en cause les déclarations nombreuses et circonstanciées de Mme D dans les courriers adressés au centre hospitalier, comme à l'occasion de sa plainte déposée auprès des autorités de police et dans le cadre des entretiens avec la psychologue assurant son suivi régulier depuis le mois d'octobre 2016 dont elle joint les comptes rendus à sa requête. En outre, les pièces médicales du dossier font état d'une dégradation significative des conditions de travail et d'une altération sévère de l'état de santé de Mme D, qui a été placée en congé de maladie imputable au service à compter du 28 octobre 2016. Les agissements du docteur A, qui sont sans rapport avec l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, doivent ainsi être regardés, par leur caractère répété et leurs effets sur la situation de Mme D, comme constitutifs de harcèlement moral et sexuel, ce que le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse ne conteste d'ailleurs pas et ce que le défenseur des droits lui-même, saisi de la situation personnelle de Mme D, a estimé après avoir eu accès aux auditions effectuées dans le cadre de l'enquête pénale en cours.

5. D'autre part, lorsqu'un agent est victime, dans l'exercice de ses fonctions, d'agissements répétés de harcèlement moral ou sexuel, il peut demander à être indemnisé par l'administration de la totalité du préjudice subi, que ces agissements aient été rendus possibles par une carence de l'autorité administrative à assurer sa protection ou qu'ils soient exclusivement imputables à la faute personnelle d'un autre agent même sans faute de service.

6. Le harcèlement moral et sexuel dont Mme D a été victime de la part du docteur A, révèle, par sa nature autant que par sa gravité, l'existence d'une faute personnelle de la part de cet agent. Toutefois, les agissements du docteur A sont survenus dans le cadre et avec les moyens du service. En outre, il résulte de l'instruction que la direction du centre hospitalier était informée depuis le mois de janvier 2014 du comportement du docteur A à l'égard de certaines femmes présentes au sein de son service, ainsi qu'en atteste le compte-rendu de la réunion du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail du 23 janvier 2014, qui fait par ailleurs état d'une alerte du médecin de prévention de l'établissement. Si ce comportement ne concernait alors pas encore Mme D, laquelle n'a rejoint le service qu'au cours du mois de juillet suivant, il résulte également de l'instruction que la requérante a alerté rapidement les personnels d'encadrement des agissements dont elle était victime, sans qu'aucune suite n'ait été donnée. Enfin, la direction de l'établissement a été à nouveau avertie par la psychologue le 10 octobre 2016. Si le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse fait valoir qu'il a placé Mme D en congé de maladie imputable au service et lui a par ailleurs accordé le bénéfice de la protection fonctionnelle, ces décisions n'ont été prises que le 6 décembre 2017, soit plus d'un an après le départ de la requérante en congé de maladie. Il s'ensuit qu'entre juillet 2014 et octobre 2016, Mme D a été exposée aux agissements du docteur A sans que l'établissement, qui en était informé, ne prenne aucune mesure de nature à les faire cesser. Mme D, qui peut demander à être indemnisée de ses préjudices du seul fait du harcèlement moral et sexuel dont elle a été victime, est donc également fondée à soutenir que le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse a commis une faute de service qui se cumule avec la faute personnelle du docteur A et qui est de nature à engager la responsabilité de l'établissement à son égard.

Sur les demandes indemnitaires :

En ce qui concerne la prescription :

7. Aux termes de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 susvisée : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. () " Aux termes de l'article 2 de la même loi : " La prescription est interrompue par : Toute demande de paiement ou toute réclamation écrite adressée par un créancier à l'autorité administrative, dès lors que la demande ou la réclamation a trait au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, alors même que l'administration saisie n'est pas celle qui aura finalement la charge du règlement. () ".

8. Le point de départ de la prescription quadriennale prévue à l'article 1er précité de la loi du 31 décembre 1968 est la date à laquelle la victime est en mesure de connaître l'origine du dommage ou du moins de disposer d'indications suffisantes selon lesquelles ce dommage pourrait être imputable au fait de l'administration. Par ailleurs, en vertu des dispositions précitées de l'article 2 de la loi du 31 décembre 1968, une plainte avec constitution de partie civile, de même qu'une constitution de partie civile tendant à l'obtention de dommages et intérêts effectuée dans le cadre d'une instruction pénale déjà ouverte, interrompt le cours de la prescription quadriennale dès lors qu'elle porte sur le fait générateur, l'existence, le montant ou le paiement d'une créance sur une collectivité publique.

9. Mme D, qui a été placée en congé de maladie à compter du 28 octobre 2016 en raison des répercussions sur son état de santé des agissements de harcèlement moral et sexuel du docteur A, doit être regardée comme ayant été en mesure, au plus tard à cette date, de connaître l'origine du dommage dont elle demande réparation par le présent recours, de sorte que le délai de prescription de quatre ans a commencé de courir le 1er janvier 2017. Il résulte par ailleurs de l'instruction que, le 27 mai 2019, Mme D s'est constituée partie civile dans le cadre de la procédure engagée contre le docteur A suite à la plainte déposée le 18 septembre 2017. Cette action, qui porte sur le fait générateur de la créance qu'elle détient à l'égard du centre hospitalier de Bourg-en-Bresse, a eu pour effet d'interrompre le délai de prescription, conformément à l'article 2 précité de la loi du 31 décembre 1968. Ainsi, à la date à laquelle Mme D a adressé une demande indemnitaire à l'établissement hospitalier, le 28 décembre 2021, la prescription quadriennale n'était pas acquise, contrairement à ce que soutient le centre hospitalier en défense.

En ce qui concerne la réparation des préjudices :

10. En premier lieu, il résulte de l'instruction qu'à la date du présent jugement, le centre hospitalier a versé à Mme D, sur le fondement de la décision du 6 décembre 2017 lui accordant la protection fonctionnelle à raison des agissements de harcèlement moral et sexuel dont elle a été victime, une somme totale de 9 718,30 euros en remboursement de ses frais de santé, des frais kilométriques et des frais de justice exposés par l'intéressée à la suite de sa constitution de partie civile. Dans ses dernières écritures, Mme D ne demande d'ailleurs plus que le versement d'une somme de 1 543 euros au titre des liés aux soins réglés entre le 4 janvier 2022 et le 11 septembre 2023. Or, il résulte de l'instruction que, le 20 octobre 2023, le centre hospitalier a décidé le paiement d'une somme complémentaire de 1 643 euros correspondant aux frais médicaux exposés par la requérante à compter de janvier 2022, soit d'ailleurs un montant supérieur à celui revendiqué par la requérante. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant au remboursement par le centre hospitalier de ces frais. Par ailleurs, Mme D, qui ne sollicite plus dans ses dernières écritures le versement d'une somme au titre d'un reliquat de prime de service, doit être regardée comme s'étant désistée de ses conclusions sur ce point.

11. En second lieu, il résulte de l'instruction que Mme D a durablement souffert des effets du harcèlement dont elle a été victime, comme en attestent le long suivi psychologique dont elle a bénéficié, ainsi que la durée de ses arrêts de travail. Par ailleurs, comme il a été dit précédemment, les pièces médicales du dossier démontrent que l'état de santé de la requérante a été profondément altéré, l'intéressée ayant souffert d'un état anxio-dépressif chronique, avec repli social, idées suicidaires, troubles du sommeil, troubles du comportement alimentaire et crises d'angoisse. Il sera donc fait une juste appréciation du préjudice moral dont a souffert Mme D, au regard de la gravité des agissements dont elle a été victime, de leur durée et de leur retentissement sur son état de santé et sa situation professionnelle, en condamnant le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse à lui verser une somme de 20 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 30 décembre 2021, date de réception de sa demande préalable, conformément aux dispositions de l'article 1231-1 du code civil.

Sur la demande du centre hospitalier tendant à ce que le tribunal " se prononce " sur la part des préjudices imputables au docteur A :

12. Le juge administratif ne peut être saisi que de conclusions à fin d'annulation d'un acte administratif ou de conclusions indemnitaires tendant au paiement d'une somme d'argent. Dès lors, les conclusions du centre hospitalier de Bourg-en-Bresse tendant à ce que le tribunal administratif " se prononce " sur la part des préjudices de Mme D imputables au docteur A, qui sont purement déclaratives et étrangères à l'office du juge, sont irrecevables. Elles ne peuvent donc qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Bourg-en-Bresse la somme de 1 400 euros à verser à Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

14. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de Mme D, qui n'est pas la partie perdante, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. La demande présentée à cette fin par le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse doit donc être rejetée. Doit également être rejetée, dans les circonstances de l'espèce, la demande de M. A au titre des mêmes frais.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant au paiement des frais médicaux, kilométriques et de justice exposés par Mme E.

Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions de Mme D tendant au paiement d'un reliquat de prime de service.

Article 3 : Le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse est condamné à verser à Mme D une somme de 20 000 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 30 décembre 2021.

Article 4 : Le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse versera à Mme D une somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, au centre hospitalier de Bourg-en-Bresse et à M. A.

Délibéré après l'audience du 14 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Besse, président,

Mme Allais, première conseillère,

Mme de Lacoste Lareymondie, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

La rapporteure,

E. de Lacoste Lareymondie

Le président,

T. Besse

La greffière

S. Lecas

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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