mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203483 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP LEX LUX AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 mai et 8 juin 2022, la commune de Genilac, représentée par Me Revol, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de désigner un expert, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, chargé de se prononcer sur les causes et les conséquences des désordres affectant la mairie située au 45 rue René Mahinc ;
2°) de rejeter la demande visant à limiter la mission de l'expert aux seuls désordres déclarés à l'assureur dommages-ouvrage.
Elle soutient que :
- les travaux afférents aux différents lots de construction de la nouvelle mairie ont été réceptionnés le 29 mai 2012 avec réserves, lesquelles ont été levées par décision du 25 juillet 2012 ;
- par la suite, différents désordres sont apparus, notamment un affaissement d'une partie de la toiture au niveau du parvis de la mairie, la formation d'importantes retenues d'eau sur le parvis s'évacuant difficilement et en partie par l'escalier principal qui présente de nombreuses déformations, l'émergence de fissures au sol et une impossibilité de fermer une porte à l'étage du bâtiment ;
- l'expertise amiable diligentée par son assureur dommages-ouvrage a conclu à un affaissement localisé de la fondation du poteau et, s'agissant de la fissuration des dalles situées au sud de la construction, à un phénomène de retrait associé à un point dur ponctuel sans nécessité de mettre en œuvre des mesures conservatoires, ce qu'elle conteste ;
- la situation d'affaissement n'est pas stabilisée laissant craindre une possibilité de rupture des éléments de structure et les chéneaux de la toiture ne remplissent plus leur fonction ; par ailleurs, la présence d'eau stagnante qui gèle en hiver et s'infiltre dans l'escalier principal rend dangereux l'accès à la mairie ;
- la demande d'expertise est utile dès lors que l'expertise amiable n'a pas permis de déterminer si les désordres pouvaient évoluer de manière à compromettre la solidité de la mairie et qu'aucune perspective de résolution des désordres n'a émergé.
Par un mémoire, enregistré le 17 mai 2022, la société Axa France Iard, agissant en qualité d'assureur de la société Chazelle, représentée par Me Bourbonneux, demande au juge des référés de constater qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée sous les protestations et réserves d'usage quant à la responsabilité de son assuré et à la mobilisation de ses garanties.
Par un mémoire, enregistré le 18 mai 2022, la société Atelier des Vergers, représentée par Me Barre, formule toutes protestations et réserves utiles sur la mesure d'instruction sollicitée.
Par un mémoire, enregistré le 24 mai 2022, la société SMA, représentée par Me Ducrot, demande au juge des référés :
1°) de lui rendre commune et opposable, ainsi qu'à la société Ginger CEBTP, l'ordonnance à intervenir ;
2°) de constater qu'elle formule les protestations et réserves d'usage quant à la mesure d'instruction sollicitée ;
3°) de limiter la mission de l'expert aux désordres relatifs à l'affaissement au droit du poteau en bois situé vers l'entrée de la façade Nord et aux fissurations du béton sur la façade sud ;
4°) de réserver les dépens.
Elle soutient que :
- les désordres sont susceptibles de concerner le bureau d'études géotechnique en charge de l'étude des sols ;
- la concernant, la mission de l'expert devra se limiter aux seuls désordres ayant fait l'objet d'une expertise amiable dès lors que pour introduire une action judiciaire à l'encontre de l'assureur dommages-ouvrage l'assuré doit notamment avoir déclaré le sinistre.
Par un courrier, enregistré le 2 juin 2022, la société L'Auxiliaire, agissant en qualité d'assureur de M. D A, représentée par Me Mann, ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée et formule les protestations et réserves d'usage.
Par un mémoire, enregistré le 7 juin 2022, la société L'Auxiliaire, prise en qualité d'assureur de la société Beaufils, représentée par Me Astor, demande au juge des référés :
1°) de lui donner acte de ce qu'elle formule les protestations et réserves d'usage en termes de garantie et de responsabilité de son assurée ;
2°) de réserver les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2022, la société L'Auxiliaire, agissant en qualité d'assureur de la société CBS Bois Structure, représentée par Me Bost, demande au juge des référés :
1°) de constater qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée ;
2°) de constater qu'elle formule les protestations et réserves d'usage quant à la mesure d'instruction sollicitée ;
3°) de réserver les dépens.
Par un mémoire, enregistré le 15 juin 2022, la société Dekra Industrial, représentée par Me Loctin, demande au juge des référés :
1°) de lui donner acte de ce qu'elle formule toutes protestations et réserves sur le principe de la demande d'expertise ;
2°) de dire que la mission sera limitée aux seuls désordres visés aux pages 12 et 13 de la requête ;
3°) de réserver les dépens.
Elle soutient que le point de mission visant à " constater et décrire les désordres affectant la nouvelle mairie de la commune de Genilac, en précisant leur nature et leur étendue " est trop général.
Par un mémoire, enregistré le 28 juin 2022, la société XL Insurance Company, venant aux droits d'Axa Corporate Solutions Assurances et agissant en qualité d'assureur de la société Dekra Industrial, représentée par Me Loctin, demande au juge des référés :
1°) de lui donner acte de ce qu'elle formule toutes protestations et réserves sur le principe de la demande d'expertise ;
2°) de dire que la mission sera limitée aux seuls désordres visés aux pages 12 et 13 de la requête ;
3°) de réserver les dépens.
Elle soutient que le point de mission visant à " constater et décrire les désordres affectant la nouvelle mairie de la commune de Genilac, en précisant leur nature et leur étendue " est trop général.
Par un mémoire, enregistré le 30 juin 2022, les sociétés Groupama Rhône Alpes et Montagnier TP, représentées par Me Pacifici, demandent au juge des référés de leur donner acte de leur intervention et de ce qu'elles s'en rapportent sur le bien-fondé de la mesure d'expertise sollicitée.
La requête a été régulièrement communiquée aux sociétés Mutuelle des architectes français, Guivibat Ingénierie, Chazelle et Ginger CEBTP qui n'ont pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2. La demande d'expertise présentée par la commune de Genilac, aux fins de déterminer les causes et les conséquences des désordres affectant la mairie située au 45 rue René Mahinc, présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.
3. D'une part, la société SMA demande de circonscrire la mission de l'expert aux seuls désordres relatifs à l'affaissement au droit du poteau en bois situé vers l'entrée de la façade Nord et aux fissurations du béton sur la façade sud et, d'autre part, les sociétés Dekra Industrial et XL Insurance Company demandent de circonscrire la mission aux désordres visés en pages 12 et 13 de la requête. Toutefois, la mesure d'expertise sollicitée est une simple mesure d'instruction qui a notamment pour objet de déterminer la réalité, la nature, les causes et l'étendue des désordres allégués par la commune de Genilac, sans préjuger de leur imputabilité ou des responsabilités pouvant être encourues par les parties défenderesses. Il suit de là que les conclusions des sociétés SMA, Dekra Industrial et XL Insurance Company tendant à ce que la mission de l'expert soit circonscrite aux seuls désordres ayant fait l'objet d'une déclaration de sinistre ou relevés dans la requête sont rejetées.
4. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de déclarations, de réserves ou d'intentions. Par suite, les conclusions des parties tendant à ce qu'il leur soit donné acte de leurs protestations et réserves doivent être rejetées.
5. En application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l'expertise seront liquidés et taxés par ordonnance laquelle désignera la partie qui les supportera. Par suite, les conclusions des parties relatives aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.
ORDONNE
Article 1er : M. B C, demeurant 9 rue Frédéric Chopin à Corbas (69960), est désigné comme expert avec pour mission de :
1°- se rendre sur les lieux, entendre les parties, prendre connaissance de tous documents utiles ; donner tous éléments et établir tous plans, croquis ou schémas, produire des photos, utiles à la compréhension des faits de la cause ;
2°- rechercher et préciser les liens contractuels unissant les parties, décrire les missions confiées à chacune des parties à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services et tous autres documents utiles ; informer les parties qu'il est de leur intérêt d'appeler immédiatement telles entreprises dont la responsabilité serait mise en évidence au cours des premières opérations d'expertise ;
3°- préciser la chronologie des opérations de construction, ainsi que celles des opérations de réception, la nature des réserves dont cette réception aurait été assortie et les suites données à celles-ci ;
4°- décrire les désordres affectant l'ouvrage, en lien avec ceux indiqués ci-dessus, et en indiquer la nature et l'étendue ; pour chacun d'eux, déterminer la date de la première apparition, et préciser, si, à la date de la réception, il était apparent, ou tout au moins prévisible, en tout cas dans toutes ses conséquences ;
5°- fournir tous éléments permettant d'apprécier si chacun de ces désordres met l'ouvrage en péril ou le rendent impropre à sa destination, et donner son avis sur ce point ;
6°- donner son avis sur la ou les causes de chaque désordre (vice de conception, défaut de surveillance, faute d'exécution, manquement aux règles de l'art, qualité des matériaux utilisés, insuffisance d'entretien, ou tout autre cause) ; si les dommages sont dus à plusieurs causes, fournir tous éléments permettant d'apprécier dans quelle proportion ils sont imputables à chacune d'elles et donner son avis sur ce point ;
7°- décrire les travaux de nature à faire cesser les désordres et à remettre l'ouvrage en l'état prévu par le marché ; en évaluer le coût et en fixer la durée compte tenu des nécessités de leur conception, de la passation des marchés, et de l'exécution des travaux ;
8°- donner son avis sur l'existence d'améliorations et/ou de plus-values apportées à l'ouvrage par les préconisations des éventuelles solutions techniques ;
9°- donner son avis sur les préjudices de toute nature subis du fait desdits désordres et en évaluer le montant ;
10°- de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;
11°- établir une synthèse non technique des réponses aux questions posées, et, s'il y a lieu, proposer une répartition motivée des responsabilités en pourcentage ;
12° - tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de la commune de Genilac, des sociétés SMA, Atelier des Vergers, Mutuelle des architectes français, L'auxiliaire, Guivibat Ingénierie, Axa France Iard, Dekra Industrial, XL Insurance Company, Montagnier TP, Groupama Rhône Alpes, Chazelle et Ginger CEBTP.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Genilac, aux sociétés SMA, Atelier des Vergers, Mutuelle des architectes français, L'Auxiliaire, Guivibat Ingénierie, Axa France Iard, Dekra Industrial, XL Insurance Company, Montagnier TP, Groupama Rhône Alpes, Chazelle et Ginger CEBTP, et à l'expert.
Fait à Lyon, le 12 juillet 2022.
La présidente du tribunal,
Juge des référés,
G. VERLEY-CHEYNEL
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026