mardi 12 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203694 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | RICHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mai 2022, M. B et Mme A C, représentés par Me Richard, demandent au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales laissées à leur charge au titre des années 2017 et 2018, ainsi que des pénalités correspondantes.
Ils soutiennent que :
- les frais de réception d'un montant de 12 150 euros, qui correspondent à des repas pris par des ouvriers de la société BKT Service au restaurant Le Strombolli pour la période de juin à octobre 2016, ont été engagés dans l'intérêt de l'entreprise ;
- la somme totale de 58 272 euros, imposée, au titre de l'année 2018, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, correspond, en réalité, à des salaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2022, le directeur régional des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône conclut au non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement prononcé le 31 mai 2022 et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que :
- par une décision du 31 mai 2022, il a procédé au dégrèvement, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mises à la charge de M. et Mme C au titre de l'année 2018 à hauteur de 9 028 euros ;
- les moyens soulevés par M. et Mme C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 28 août 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 septembre 2023.
En réponse à la demande formulée par le tribunal sur le fondement de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, le directeur régional des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône a produit, le 3 novembre 2023, des pièces pour compléter l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gros, conseillère,
- et les conclusions de Mme Tocut, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de la vérification de comptabilité de la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) BKT Service, M. B C, associé unique et président de cette société jusqu'au 20 janvier 2018, ainsi que son épouse, Mme A C, ont été assujettis à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2017 et 2018, assorties d'intérêts de retard et de majorations de 40%. Par une décision du 14 mars 2022, le directeur régional des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône a prononcé le dégrèvement, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mises en recouvrement au titre de l'année 2017 à hauteur de la somme totale de 71 233 euros. M. et Mme C demandent au tribunal de prononcer la décharge des impositions et pénalités laissées à leur charge au titre des années 2017 et 2018.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 31 mai 2022, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur régional des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône a procédé au dégrèvement, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mises à la charge de M. et Mme C au titre de l'année 2018 à hauteur de la somme totale de 9 028 euros. Les conclusions à fin de décharge présentées par M. et Mme C ont, dans cette mesure, perdu leur objet et il n'y a, dès lors, pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin de décharge :
3. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. ".
4. L'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales tire les conséquences des dispositions des articles L. 11, L. 54 B et L. 57 du livre des procédures fiscales en assimilant à une acceptation le silence conservé par le contribuable pendant le délai qui lui est imparti pour répondre à une notification de redressement et en lui attribuant dans ce cas la charge d'établir l'exagération de l'imposition.
5. Il est constant que M. et Mme C n'ont produit aucune observation dans le délai qui leur était ouvert pour répondre à la proposition de rectification du 14 décembre 2020. Dans ces conditions, ils ne peuvent obtenir la décharge des suppléments d'impositions mis à leur charge qu'en apportant la preuve de leur exagération. Toutefois, il appartient à l'administration d'établir l'appréhension par les contribuables des revenus réputés distribués qu'elle impose entre leurs mains, quelle que soit la procédure d'imposition suivie.
6. En premier lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; () ".
7. M. et Mme C n'apportent aucun élément à l'appui de leurs allégations selon lesquelles la facture établie le 11 octobre 2016 par l'établissement Le Stromboli porterait sur des repas pris par les ouvriers de la société BKT Service au titre de la période de juin à octobre 2016. Ils ne sont, dès lors, pas fondés à soutenir que la somme correspondante aurait dû être admise en déduction du résultat de cette société pour l'exercice clos en 2017.
8. En second lieu, aux termes de l'article 79 du code général des impôts : " Les traitements, indemnités, émoluments, salaires, pensions et rentes viagères concourent à la formation du revenu global servant de base à l'impôt sur le revenu. () ". Le sommes perçues par le président d'une société par actions simplifiée en contrepartie de l'exercice de son mandat social relèvent de la catégorie des traitements et salaires.
9. Il résulte de l'instruction que les virements effectués par la société BKT Service au profit de M. C entre le 11 janvier et le 25 juin 2018 ont, en dernier lieu, été imposés dans la catégorie des traitements et salaires à hauteur de 5 964 euros, soit le montant de la déclaration sociale nominative souscrite par la société BKT Service concernant M. C, et dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers pour le reste, soit la somme totale 37 307,79 euros. Toutefois, dans le cadre de la présente instance, les requérants produisent des bulletins de paie établis par la société BKT Service au nom de M. C pour les mois de septembre et octobre 2016 ainsi que pour les mois de septembre 2017 à mai 2018, dont les montants, à l'exception du bulletin de paie du mois d'avril 2018, correspondent, au centime près, à ceux de virements opérés les 11 janvier, 18 mars, 24 avril et 9 juin 2018 pour un montant total de 29 610,37 euros. Ainsi, et dès lors que l'administration ne conteste pas l'authenticité de ces bulletins de paie, il y a lieu de considérer que ces sommes, qu'elles aient été perçues par M. C en contrepartie de son mandat social ou en qualité de monteur échafaudeur salarié, relèvent de la catégorie des traitements et salaires. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que c'est à tort que l'administration les a imposées dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers à hauteur de 23 646 euros. Faute pour l'administration de solliciter leur imposition dans la catégorie des traitements et salaires, M. et Mme C sont fondés à demander la décharge des impositions et pénalités mises à leur charge au titre de l'année 2018 à raison de ces sommes.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme C sont seulement fondés à demander la décharge des impositions et pénalités mises à leur charge au titre de l'année 2018 et restant en litige à hauteur des sommes résultant de l'inclusion dans leurs bases d'imposition de la somme de 23 646 euros perçue par M. C.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. et Mme C tendant à la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mises à leur charge au titre de l'année 2018 à hauteur de la somme totale de 9 028 euros.
Article 2 : M. et Mme C sont déchargés, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales correspondant à l'inclusion, dans leurs bases d'imposition de l'année 2018, de la somme de 23 646 euros perçue par M. C.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B et Mme A C et au directeur régional des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Rizzato, première conseillère,
Mme Gros, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2023.
La rapporteure,
R. Gros
Le président,
M. Clément La greffière,
T. Andujar
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026