vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203989 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 mai 2022, Mme D A épouse C et M. B C, agissant tant en leur nom personnel qu'en qualité de représentants légaux de leur enfant mineur J C, représentés par Me Panzani, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, relative aux conditions de la prise en charge de leur fille J à l'hôpital Femme Mère Enfant à compter du 26 janvier 2015 ;
2°) de dire que l'expert pourra s'adjoindre tout sapiteur de son choix ;
3°) de dire que l'expert devra communiquer un pré-rapport aux parties ;
4°) de déclarer la décision à intervenir commune et opposable à la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône ;
5°) de réserver les dépens.
Ils soutiennent que :
- quatorze jours après sa naissance, leur fille J a présenté une toux associée à des ronflements et, le 26 janvier 2015, elle s'est vu diagnostiquer une rhinopharyngite aux urgences de l'hôpital Femme Mère Enfant ;
- conduite aux urgences les 1er et 3 février 2015, l'équipe médicale l'a renvoyée à son domicile sans examen complémentaire ;
- dans la nuit du 4 au 5 février, elle a fait un arrêt respiratoire et a été transportée à l'hôpital par les pompiers puis, à la suite d'un second malaise, des examens complémentaires ont été réalisés et ont révélé qu'elle souffrait de la coqueluche ;
- par ordonnance du 23 mai 2017, le juge des référés du tribunal administratif de Lyon a ordonné une expertise et désigné le docteur G F en qualité d'expert ;
- dans son rapport, l'expert a retenu un retard d'hospitalisation et de diagnostic de coqueluche, a estimé que l'imputabilité du retard de langage constaté aux épisodes hypoxiques ne peut être formellement écartée et, en l'absence de consolidation, a indiqué que l'enfant devrait être réexaminé vers l'âge de six ans.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 14 juin et 6 juillet 2022, les Hospices civils de Lyon, représentés par Me Deygas, concluent, dans le dernier état de leurs écritures, au rejet de la requête.
Ils soutiennent que l'expertise est dépourvue d'utilité dans la mesure où, au terme du premier rapport d'expertise, il n'est pas possible d'établir un lien de causalité directe et certain entre le retard d'hospitalisation et l'état présenté par l'enfant.
La requête a été régulièrement communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône qui n'a pas produit d'observations.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du président du bureau d'aide juridictionnelle du 15 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme H, première vice-présidente, en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2. La prescription d'une mesure d'expertise en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative est subordonnée au caractère utile de cette mesure. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande d'expertise, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée.
3. Les époux C demandent que soit désigné un expert chargé de déterminer les conditions de la prise en charge de leur fille J à l'hôpital femme mère enfant à compter du 26 janvier 2015 et d'évaluer les préjudices en résultant. Pour conclure au rejet de la requête, les Hospices civils de Lyon font valoir qu'aucun lien de causalité direct et certain ne peut être établi entre le retard d'hospitalisation et l'état présenté par l'enfant.
4. Il résulte de l'instruction que le docteur G F a déjà réalisé une expertise portant sur les conditions de la prise en charge de l'enfant J à l'hôpital femme mère enfant et qu'il a conclu à un retard de diagnostic et d'hospitalisation, lequel n'est au demeurant pas contesté par les Hospices civils de Lyon. Par suite, les conclusions des époux C tendant à déterminer les conditions de la prise en charge de leur fille J à l'hôpital femme mère enfant ne présentent pas de caractère utile et doivent être rejetées.
5. En revanche, en estimant que l'imputabilité du retard de langage constaté aux épisodes hypoxiques ne pouvait être formellement écartée, l'expert ne s'est pas clairement prononcé sur l'existence ou non d'un lien de causalité direct et certain entre le manquement constaté et l'état de santé de l'enfant. De plus, l'expert n'a pas procédé à l'évaluation des préjudices subis par l'enfant, faute de consolidation, et a indiqué que l'enfant devrait être réexaminé vers l'âge de six ans. Il s'ensuit que la demande d'expertise des époux C portant, d'une part, sur le lien de causalité entre le manquement constaté et l'état de santé de leur fille J et, d'autre part, sur l'évaluation des préjudices en résultant présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Il y a lieu, dès lors, d'y faire droit dans les conditions précisées à l'article 1er de la présente ordonnance.
6. L'expert est tenu, entre autres, d'informer les parties de ses constatations, de recueillir leurs dires et d'en faire état dans son rapport. S'il lui est loisible de communiquer aux parties un pré-rapport aux fins de recueillir leurs observations, aucune disposition législative ou réglementaire applicable devant le juge administratif ne permet de lui imposer cette formalité. Il s'ensuit que les conclusions des requérants tendant à imposer cette formalité à l'expert ne peuvent qu'être rejetées.
7. En application des dispositions de l'article R. 621-2 du code de justice administrative, il appartiendra à l'expert désigné, s'il le juge utile, de demander au président du tribunal l'autorisation de s'adjoindre un sapiteur.
8. En application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l'expertise seront liquidés et taxés par ordonnance laquelle désignera la partie qui les supportera. Par suite, les conclusions des requérants relatives aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : Le docteur E I, domicilié à l'hôpital d'enfants, centre hospitalier universitaire de Dijon, 1 boulevard Jeanne d'Arc à Dijon (21000), est désigné comme expert avec pour mission de :
1°) prendre connaissance du précédent rapport d'expertise du 27 juillet 2017 et de tous documents médicaux concernant l'enfant J, détenus par ses parents et par les personnes et établissements l'ayant soignée ; convoquer et entendre les parties et tout sachant ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de l'enfant, ainsi qu'à son examen clinique ;
2°) décrire l'état de santé de l'enfant J ainsi que les séquelles dont elle demeure atteinte depuis la précédente expertise ;
3°) indiquer les soins, traitements et interventions dont l'enfant J a fait l'objet, depuis le 27 juillet 2017, ainsi que les soins, traitements et interventions éventuellement prévisibles ;
4°) donner son avis sur le point de savoir si le dommage corporel constaté a un rapport avec l'état initial de l'enfant, ou l'évolution prévisible de cet état ; le cas échéant, déterminer la part du préjudice présentant un lien de causalité direct, certain et exclusif avec un manquement reproché aux Hospices civils de Lyon, en excluant la part des séquelles à mettre en relation avec la pathologie initiale, son évolution ou toute autre cause extérieure ;
5°) déterminer la date de consolidation de l'état physique de l'enfant J, l'importance et la durée du déficit fonctionnel temporaire, des souffrances endurées, du préjudice esthétique temporaire, du déficit fonctionnel permanent, du préjudice esthétique permanent ou de tout autre préjudice extrapatrimonial dont les requérants feraient état ; dire si l'état d'Eslem-Merve est susceptible de modification en aggravation ou en amélioration ; dans l'affirmative fournir toutes précisions utiles sur cette évolution ;
6°) à défaut de consolidation indiquer le délai dans lequel elle devra être réexaminée en fonction de l'évolution prévisible de son état de santé et préciser, lorsque cela est possible, les dommages prévisibles pour l'évaluation d'une éventuelle provision ;
7°) préciser le montant des dépenses de santé et des frais divers supportés jusqu'à la date de consolidation et évaluer la nature et le montant des dépenses de santé futures ;
8°) préciser la nature et évaluer l'importance de tout autre préjudice patrimonial ou extrapatrimonial dont les requérants feraient état ; donner toute précision utile permettant au tribunal d'apprécier une éventuelle incidence scolaire du dommage et dire notamment si elle est dans l'impossibilité de se livrer à des activités spécifiques de sports, loisirs ;
9°) distinguer, pour chacun de ces préjudices, la part imputable au manquement de l'hôpital femme mère enfant précédemment constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux antécédents médicaux de l'intéressée ;
10°) distinguer dans les soins supportés par la caisse primaire d'assurance maladie ceux qui auraient incombé en tout état de cause à celle-ci en raison de l'état antérieur de l'enfant J ou à toute autre cause, de ceux imputables au retard de diagnostic et d'hospitalisation ;
11°) de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;
12°) tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence des époux C et leur fille J, des Hospices civils de Lyon et de la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de cinq mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 7 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D C et M. B C, aux Hospices civils de Lyon, à la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône et à l'expert.
Fait à Lyon, le 22 juillet 2022.
Le juge des référés,
S. H
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026