mardi 19 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2204355 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLT DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 juin 2022 et un mémoire enregistré le 11 octobre 2023, Mme A B, représentée par Me Dimier, demande au tribunal :
1°) de condamner la Maison de retraite de la Loire à lui verser une somme totale de 11 284,54 euros, outre intérêts au taux légal, en raison de l'illégalité affectant le refus de renouveler son contrat à durée déterminée ;
2°) d'enjoindre au directeur de la Maison de retraite de la Loire de lui remettre une attestation employeur destinée au Pôle Emploi conforme au jugement ;
3°) de mettre à la charge de la Maison de retraite de la Loire la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de condamner la Maison de retraite de la Loire aux entiers dépens ;
5°) d'ordonner l'exécution provisoire du jugement à intervenir.
Mme B soutient que :
- le refus de renouveler son contrat de travail est justifié par un motif discriminatoire relatif à son état de santé ;
- elle ne pouvait être recrutée par contrat à durée déterminée ; en effet, outre que le motif tenant au remplacement de fonctionnaires absents est injustifié, son recrutement visait à répondre à un besoin permanent du service, et non temporaire ;
- l'attestation qui lui a été remise, destinée à Pôle Emploi, est incomplète puisqu'elle ne comporte pas les informations relatives aux salaires ;
- ses bulletins de salaire de septembre 2020 à mars 2021 ne correspondent pas à la réalité, notamment en ce qui concerne les mentions relatives aux jours de congés ainsi que certaines mentions relatives au salaire net s'agissant du mois de novembre ;
- elle est fondée à demander la condamnation de la Maison de retraite de la Loire à lui verser 2 101,08 euros au titre de l'indemnité de préavis, 210,10 euros au titre de l'indemnité de congés payés, 569,04 euros au titre de l'indemnité de licenciement, et 8 404,32 euros en réparation des préjudices subis.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 mars 2023, la Maison de retraite de la Loire, représentée par Me Bonnet, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de Mme B la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La Maison de retraite de la Loire soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 12 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 novembre 2023
Un mémoire présenté pour la Maison de retraite de la Loire a été enregistré le 31 octobre 2023 et n'a pas été communiqué en application du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées, par courrier du 20 février 2024, que le tribunal était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des conclusions tendant à ce que soit enjoint au directeur de la maison de retraite de la Loire de remettre à Mme B une attestation employeur destinée au Pôle Emploi conforme au jugement, ces conclusions étant sans lien avec les conclusions indemnitaires de la requête et par suite, devant être regardées comme une demande d'injonction formée à titre principal.
Par mémoire enregistré le 21 février 2024, Mme B a produit des observations sur le moyen susceptible d'être relevé d'office par le tribunal.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 91-155 du 6 février 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Lacoste Lareymondie,
- les conclusions de M. Habchi,
- et les observations de Me Lucquet représentant la Maison de retraite de la Loire.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, aide-soignante, a été recrutée par la Maison de retraite de la Loire (établissement public d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), par contrat à durée déterminée à compter du 1er février 2020. Son contrat a été renouvelé à trois reprises, la dernière fois pour la période courant du 1er janvier 2021 au 31 mars 2021. Par courrier du 17 février 2021, le directeur de la Maison de retraite de la Loire l'a informée que son contrat ne serait pas renouvelé au-delà du 31 mars 2021. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal de condamner l'établissement à lui verser les sommes qui lui seraient dues en raison de l'illégalité affectant cette décision.
Sur les conclusions indemnitaires :
S'agissant de la légalité de la décision refusant le renouvellement du contrat à durée déterminée au-delà du 31 mars 2021 :
2. Aux termes du I de l'article 9-1 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée alors applicable : " Les établissements peuvent recruter des agents contractuels pour assurer le remplacement momentané de fonctionnaires ou d'agents contractuels autorisés à exercer leurs fonctions à temps partiel ou indisponibles en raison () d'un congé pour maternité () ou en raison de tout autre congé régulièrement octroyé en application des dispositions réglementaires applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière. / Le contrat est conclu pour une durée déterminée. Il est renouvelable, par décision expresse, dans la limite de la durée de l'absence de l'agent à remplacer. " Par ailleurs, selon l'article 3 du décret du 6 février 1991 : " Aucun agent contractuel ne peut être recruté () : () 5° S'il ne remplit pas les conditions de santé particulières requises pour l'admission à certaines fonctions compte tenu des possibilités de compensation du handicap. "
3. Un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie d'aucun droit au renouvellement de son contrat. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler que pour un motif tiré de l'intérêt du service.
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction, et plus particulièrement des pièces produites en défense par la Maison de retraite de la Loire, dont le contenu n'est pas sérieusement discuté par la requérante, que Mme B a été recrutée pour pallier l'absence d'un agent en congé de maternité. Pour justifier la décision du 3 février 2021 de ne pas renouveler l'engagement de l'intéressée au-delà de son terme le 31 mars 2021, la Maison de retraite de la Loire fait valoir que l'agent absent ayant repris son service, et les besoins de l'établissement en aides-soignants étant satisfaits, il n'y avait pas lieu de proposer à Mme B un renouvellement de son contrat. En se bornant à soutenir qu'un établissement hospitalier a nécessairement besoin d'aides-soignants, la requérante ne conteste pas sérieusement le motif avancé en défense, lequel est bien conforme à l'intérêt du service.
5. Par ailleurs, Mme B, qui avait été reconnue apte à la reprise de son service par un avis médical du 15 février 2021 moyennant quelques restrictions, après une longue période de congé maladie, soutient que le renouvellement de son contrat serait en réalité justifié par son état de santé. Cependant, la seule concomitance de ce certificat médical avec la décision de ne pas renouveler son contrat ne saurait suffire à démontrer que cette décision aurait été motivée par son état de santé. En tout état de cause, un tel motif n'est pas, en lui-même, contraire à l'intérêt du service dès lors que les dispositions précitées de l'article 3 du décret du 6 février 1991 font obstacle au renouvellement du contrat d'un agent dont l'état de santé serait incompatible avec les missions qui lui doivent lui être attribuées.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision refusant le renouvellement de son contrat au-delà du 31 mars 2021 serait illégale.
S'agissant des demandes pécuniaires et indemnitaires :
7. En premier lieu, il est constant que la décision du 17 février 2021 constitue une décision refusant de renouveler le contrat à durée déterminée de Mme B, et non une décision de licenciement en cours de contrat, ce que la requérante ne soutient à aucun moment et ne démontre pas davantage. Dans ces circonstances, elle n'est pas fondée à demander que lui soit versée une indemnité de licenciement.
8. En deuxième lieu, il ne résulte d'aucune des dispositions législatives et règlementaires applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière, qu'ils pourraient prétendre à une indemnité de préavis. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que le délai de préavis fixé par le décret du 6 février 1991 pour informer un agent du non-renouvellement de son contrat a bien été respecté par la Maison de retraite de la Loire à l'égard de Mme B. La demande tendant au versement d'une telle indemnité ne peut donc qu'être rejetée.
9. En troisième lieu, Mme B n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision du 17 février 2021, elle n'est pas fondée à demander que lui soient versés des dommages-intérêts en réparation des préjudices qu'elle aurait subis de ce fait, préjudices dont, au demeurant, elle ne démontre aucunement la réalité.
10. En dernier lieu, il résulte de l'instruction que la Maison de retraite de la Loire a versé à Mme B l'indemnité compensatrice de congés payés prévue par l'article 8 du décret du 6 février 1991, ainsi qu'en atteste le bulletin de salaire du mois de mars 2021.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Les conclusions par lesquelles Mme B demande au tribunal d'ordonner à la Maison de retraite de la Loire de lui délivrer une attestation destinée au Pôle Emploi purgée de ses erreurs, sont sans lien avec les conclusions indemnitaires présentées à titre principal et n'entrent donc pas dans les prévisions des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative. De telles conclusions devant alors être regardées comme ayant été présentées à titre principal, elles sont irrecevables et doivent être rejetées.
13. Aux termes de l'article L. 11 du code de justice administrative : " Les jugements sont exécutoires. " Il n'y a donc pas lieu de faire droit aux conclusions tendant à ce que le tribunal ordonne l'exécution provisoire du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la Maison de retraite de la Loire, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Pour le même motif, les conclusions tendant au remboursement des dépens doivent être rejetées, alors qu'en tout état de cause, Mme B ne démontre pas en avoir exposé dans le cadre du présent litige.
15. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme que demande l'établissement public au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la Maison de retraite de la Loire présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la Maison de retraite de la Loire.
Délibéré après l'audience du 5 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Besse, président,
Mme Allais, première conseillère,
Mme de Lacoste Lareymondie, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mars 2024.
La rapporteure,
E. de Lacoste Lareymondie
Le président,
T. Besse
La greffière
S. Lecas
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026