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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2204395

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2204395

mardi 19 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2204395
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJU 5ème chambre
Avocat requérantDESFARGES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 juin 2022, Mme A B représentée par Me Desfarges demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 février 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Loire a confirmé la décision du 17 novembre 2021 mettant à sa charge une somme de 611,85 euros correspondant à un indu de prime d'activité constitué sur la période du mois de novembre 2018 au mois de juillet 2019 ;

2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer cette somme ;

3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Loire de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) à titre subsidiaire de lui accorder une remise de dette ;

5°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Loire le versement, à son conseil, d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision contestée n'est pas signée en méconnaissance de l'article L 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- l'avis de la commission de recours amiable ne lui a pas été notifié ;

- la décision contestée est insuffisamment motivée et en l'absence de communication d'un décompte qui lui aurait permis de connaître les bases de liquidation, elle n'a pu utilement contester la créance ;

- la décision contestée méconnaît les dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-I-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la caisse d'allocations familiales a méconnu les dispositions des articles L. 114-21 du code de sécurité sociale en ne l'informant pas de l'exercice du droit de communication avant la mise en recouvrement ;

- la caisse d'allocations familiales a méconnu les dispositions de l'article L. 553-2 du code de sécurité sociale en pratiquant des retenues sur les prestations familiales alors que l'indu était contesté ;

- l'agent de la caisse d'allocations familiales, qui a effectué une enquête à son domicile, n'était pas assermenté au sens des dispositions de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale ;

- la décision méconnaît le principe du contradictoire ;

- elle ne vivait pas maritalement sur la période du 1er février 2020 au 15 novembre 2020 ;

- la décision méconnaît les dispositions des articles L. 123-1 et L. 123-2 du code des relations entre le public et l'administration.

Par un mémoire enregistré le 14 février 2023, la caisse d'allocations familiales de la Loire conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 avril 2022.

Par un courrier du 1er août 2023 les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision du 11 février 2022, dès lors que seule la commission de recours amiable est compétente pour se prononcer sur un recours relatif à la prime d'activité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Vaccaro-Planchet, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Vaccaro-Planchet, vice-présidente.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite d'un contrôle diligenté par un agent assermenté, effectué le 23 septembre 2021, la caisse d'allocations familiales de la Loire a, le 17 novembre 2021, demandé à Mme B le reversement d'une somme totale de 17 233,83 euros correspondant notamment à un indu de prime d'activité d'un montant de 611,85 euros au titre de la période de novembre 2018 à juillet 2019. Par un recours daté du 29 décembre 2021, Mme B a contesté cet indu de prime d'activité et demandé une remise gracieuse de sa dette. Par une décision du 11 février 2022, la caisse d'allocations familiales de la Loire a confirmé l'existence de l'indu litigieux. Mme B demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions relatives à l'indu de prime d'activité :

En ce qui concerne la régularité de l'indu :

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " () / Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de relevant de l'article L. 142-1.(). ". Il résulte de ces dispositions que seule la commission de recours amiable est compétente pour connaître des réclamations relatives à la prime d'activité et y statuer.

3. Eu égard à ses termes, la décision contestée du 11 février 2022 doit être regardée comme la décision rejetant le recours de la requérante contre la décision du 17 novembre 2021 et non comme un courrier de notification d'une décision, éventuellement implicite, de la commission de recours amiable. Or cette décision émane du directeur de la caisse d'allocations familiales de la Loire. Toutefois, seule la commission de recours amiable était compétente pour se prononcer sur ce recours. Dès lors, la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente. Par suite, Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, il y a lieu d'annuler la décision du 11 février 2022.

En ce qui concerne les conclusions à fin de décharge et d'injonction :

4. Compte tenu de ses motifs, l'annulation prononcée au point précédent n'implique pas nécessairement que Mme B soit déchargée de l'obligation de payer l'indu en litige. Dès lors, il n'y a lieu d'enjoindre à l'administration de rembourser à la requérante les sommes déjà recouvrées au titre de ces indus dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, dans le cas où l'administration aurait recouvré lesdits indus, que si la caisse d'allocations familiales de la Loire n'a pas régularisé dans ce délai sa décision de récupération de l'indu.

Sur la demande de remise de dettes :

5. Il résulte de l'instruction que l'indu de prime d'activité contesté résulte d'une fausse déclaration de Mme B sur sa situation familiale ainsi que de l'absence de déclaration de sommes encaissées par son conjoint sur son compte bancaire sous forme de virements ou de chèques dont l'origine est demeurée indéterminée. Ainsi ces omissions délibérées et régulières revêtent le caractère de " fausses déclarations " faisant obstacle, en application des dispositions de l'article L. 262-46 du code précité, au bénéfice d'une remise gracieuse. En outre, la requérante n'apporte aucun élément sur la précarité financière qu'elle invoque. Dans ces conditions, sa situation ne justifie pas une remise totale ou partielle de sa dette.

Sur les frais liés au litige :

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de la caisse d'allocation familiales de la Loire au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 11 février 2022 du directeur de la caisse d'allocations familiales de la Loire est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à la caisse d'allocations familiales de la Loire de rembourser à Mme B les sommes éventuellement retenues au titre de l'indu de prime d'activité annulé à l'article 1er, dans un délai de quatre mois à compter de la notification du jugement à intervenir, si dans ce délai elle n'a pas régularisé sa décision de récupération.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales de la Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2023.

La magistrate désignée,

V. Vaccaro-PlanchetLa greffière,

C. Touja

La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

Le greffier,

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