jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2204540 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL BARRE LE GLEUT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 15 juin 2022 et les 19 et 27 juillet 2022, la communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse, représentée par Me Verne, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative :
1°) de désigner un expert chargé de se prononcer sur les causes et les conséquences des désordres qui affectent le parc Ainterexpo ;
2°) de dire que l'expert pourra s'adjoindre tout spécialiste de son choix ;
3°) de réserver les dépens.
Elle soutient que :
- à la suite des travaux de restructuration et de réhabilitation du parc Ainterexpo, des désordres d'étanchéité, d'infiltrations et d'efflorescence sont apparus ;
- par ordonnance du 22 février 2019, le juge des référés du tribunal administratif a ordonné une expertise portant sur ces désordres et désigné M. B en qualité d'expert, lequel a rendu son rapport le 31 mai 2021 ;
- malgré la réalisation des travaux préconisés par l'expert dans son rapport, il a été constaté la persistance de problèmes d'étanchéité au niveau des sheds et la réapparition de fuites dans le hall C ;
- en outre, de nouveaux désordres sont apparus, à savoir des désordres affectant les tôles de rive ainsi que des fuites au niveau des halls A et B et au sein du local TGBT ;
- l'expertise permettra notamment de déterminer si les désordres constatés résultent, pour partie ou en totalité, de vices inhérents à la conception de l'ouvrage ou de la réalisation défectueuse des travaux de reprise ;
- il est établi que la société Accord Alu est intervenue pour la réalisation des travaux visés par M. B dans son rapport d'expertise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juin 2022, la société Soho Atlas in fine, venant aux droits de la société Atlas Architectes, et les sociétés Mutuelle des architectes français, Bureau Alpes Contrôles et Euromaf, représentées par Me Barre, demandent au juge des référés de juger qu'elles formulent toute protestations et réserves d'usage sur la mesure d'instruction sollicitée, de dire que l'expert devra avoir pour mission de déterminer si les désordres qui persistent trouvent leur origine dans la réalisation des travaux préconisés dans le rapport d'expertise de M. B et de réserver les dépens.
Par un mémoire, enregistré le 8 juillet 2022, les sociétés SMABTP et Accord Alu, représentées par la SCP Reffay et Associés, demandent au juge des référés de constater qu'elles ne s'opposent pas à la demande d'expertise judiciaire sous les plus expresses réserves de garantie et de responsabilité et de compléter la mission de l'expert afin qu'il détermine pour chacun des désordres allégués s'ils sont en lien avec les travaux d'origine ou avec les travaux de reprise effectués dans le prolongement des opérations d'expertise de M. B.
Par un mémoire, enregistré le 12 juillet 2022, la société L'Auxiliaire, agissant en qualité d'assureur de la société Dargaud, représentée par la SELARL Piras et Associés, formule toutes protestations et réserves sur la mesure d'expertise sollicitée.
Par un mémoire, enregistré le 12 juillet 2022, la société Korell et la société L'Auxiliaire, agissant en qualité d'assureur de la société Korell, représentées par la SELARL Piras et Associés, formulent toutes protestations et réserves sur la mesure d'expertise sollicitée.
Par un mémoire et un mémoire rectificatif, enregistrés les 12 juillet et 3 août 2022, la société ICS et la société L'Auxiliaire, agissant en qualité d'assureur de la société ICS, représentées par la SELARL Piras et Associés, formulent toutes protestations et réserves sur la mesure d'expertise sollicitée.
Par un mémoire, enregistré le 12 juillet 2022, la société L'Auxiliaire, agissant en qualité d'assureur de la société Jales Etanchéité, représentée par la SELARL Piras et Associés, formule toutes protestations et réserves sur la mesure d'expertise sollicitée.
Par un mémoire, enregistré le 21 juillet 2022, les sociétés MMA Iard et MMA Iard Assurances Mutuelles, agissant en qualité d'assureurs de la société Girod Moretti, représentées par la SCP Reffay et Associés, demandent au juge des référés de déclarer recevable l'intervention volontaire de la société MMA Iard Assurances Mutuelles, de constater qu'elles ne s'opposent pas à la demande d'expertise sous les plus expresses réserves de garantie et de mettre les dépens à la charge de la communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse.
Elles soutiennent que la société Girod Moretti étant assurée tant par la société MMA Iard que par la société MMA Iard Assurances Mutuelles, cette dernière a un intérêt à participer à l'expertise judiciaire qui serait ordonnée.
Par un mémoire, enregistré le 16 août 2022, la société Axa France Iard, agissant en qualité d'assureur de la société ECB, représentée par Me Tetreau, demande au juge des référés de lui donner acte de ce qu'elle formule toutes protestations et réserves d'usage sur la nouvelle mesure d'expertise sollicitée, de dire qu'il appartiendra à l'expert de différencier les dommages trouvant leurs sources dans les travaux originels de ceux trouvant leur source dans les travaux de reprise réalisés à la suite du rapport d'expertise de M. B, de réserver les dépens et de rejeter toute demande contraire ou plus ample.
Par un courrier, enregistré le 26 septembre 2022, la société Girod Moretti, représentée par la SCP Reffay et Associés, s'en rapporte sur la demande d'expertise judiciaire formulée.
La requête a été régulièrement communiquée à Me Jean Blanchard en sa qualité de liquidateur judiciaire de la société ECB et aux sociétés SIE, Allianz Iard, Artelia Bâtiments et industries, AU79 et Partners, Garcon Etanchéité qui n'ont pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme D, première vice-présidente, en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2. La demande d'expertise présentée par la communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse, aux fins de déterminer les causes et les conséquences des désordres persistant et des nouveaux désordres affectant le parc Ainterexpo, présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.
3. La société MMA Iard Assurances Mutuelles fait valoir qu'elle est assureur de la société Girod Moretti au même titre que la société MMA Iard seule visée par la requête. Dans ces circonstances, il y a lieu d'admettre son intervention volontaire afin qu'elle participe aux opérations d'expertise.
4. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de déclarations, de réserves ou d'intentions. Par suite, les conclusions des parties tendant à ce qu'il leur soit donné acte de leurs protestations et réserves sont rejetées.
5. En application des dispositions de l'article R. 621-2 du code de justice administrative, il appartiendra à l'expert désigné, s'il le juge utile, de demander au président du tribunal l'autorisation de s'adjoindre un sapiteur.
6. En application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l'expertise seront liquidés et taxés par ordonnance laquelle désignera la partie qui les supportera. Par suite, les conclusions des parties relatives aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.
ORDONNE
Article 1er : M. A C, demeurant 84 route de Champ Chabert, n° 4 Les Roches, 38500 La Buisse, est désigné comme expert avec pour mission de :
1°- se rendre sur les lieux, entendre les parties, prendre connaissance de tous documents utiles, notamment le précédent rapport d'expertise de M. B en date du 31 mai 2021 ; donner tous éléments et établir tous plans, croquis ou schémas, produire des photos, utiles à la compréhension des faits de la cause ;
2°- rechercher et préciser les liens contractuels unissant les parties, décrire les missions confiées à chacune des parties à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services et tous autres documents utiles ; informer les parties qu'il est de leur intérêt d'appeler immédiatement telles entreprises dont la responsabilité serait mise en évidence au cours des premières opérations d'expertise ;
3°- préciser la chronologie des opérations de construction, ainsi que celles des opérations de réception, la nature des réserves dont cette réception aurait été assortie et les suites données à celles-ci ;
4°- décrire les désordres affectant l'ouvrage, en lien avec ceux indiqués ci-dessus, et en indiquer la nature et l'étendue ; pour chacun d'eux, déterminer la date de la première apparition, et préciser, si, à la date de la réception, il était apparent, ou tout au moins prévisible, en tout cas dans toutes ses conséquences ;
5°- fournir tous éléments permettant d'apprécier si chacun de ces désordres met l'ouvrage en péril ou le rendent impropre à sa destination, et donner son avis sur ce point ;
6°- en cas d'urgence constatée et de réel danger, dire s'il convient de procéder à la réalisation et à la mise en place de mesures conservatoires ou de travaux particuliers de nature à prévenir ceux-ci ;
7°- donner son avis sur la ou les causes de chaque désordre (vice de conception, défaut de surveillance, faute d'exécution, manquement aux règles de l'art, qualité des matériaux utilisés, insuffisance d'entretien, ou tout autre cause) ; si les dommages sont dus à plusieurs causes, fournir tous éléments permettant d'apprécier dans quelle proportion ils sont imputables à chacune d'elles et donner son avis sur ce point ; préciser si les désordres constatés sont en lien avec les travaux d'origine ou avec les travaux de reprise effectués dans le prolongement des opérations d'expertise de M. B ;
8°- décrire les travaux de nature à faire cesser les désordres et à remettre l'ouvrage en l'état prévu par le marché ; en évaluer le coût et en fixer la durée compte tenu des nécessités de leur conception, de la passation des marchés, et de l'exécution des travaux ;
9°- donner son avis sur l'existence d'améliorations et/ou de plus-values apportées à l'ouvrage par les préconisations des éventuelles solutions techniques ;
10°- donner son avis sur les préjudices de toute nature subis du fait desdits désordres et en évaluer le montant ;
11°- de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;
12°- établir une synthèse non technique des réponses aux questions posées, et, s'il y a lieu, proposer une répartition motivée des responsabilités en pourcentage ;
13° - tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de la communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse et des sociétés L'Auxiliaire, ECB représentée par son liquidateur judiciaire Me Jean Blanchard, Axa France Iard, SIE, Allianz Iard, Girod Moretti, MMA Iard, Atlas Soho in fine venant aux droits de la société Atlas Architectes, Mutuelle des architectes français, Korell, Artelia Bâtiments et industries, ICS, Bureau Alpes Contrôles, Euromaf, AU79 et Partners, Jales Etanchéité, Garcon Etanchéité, Accord Alu, SMABTP et MMA Iard Assurances Mutuelles.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse, à Me Jean Blanchard, aux sociétés L'Auxiliaire, Axa France Iard, SIE, Allianz Iard, Girod Moretti, MMA Iard, Atlas Soho in fine, Mutuelle des architectes français, Korell, Artelia Bâtiments et industries, ICS, Bureau Alpes Contrôles, Euromaf, AU79 et Partners, Jales Etanchéité, Garcon Etanchéité, Accord Alu, SMABTP et MMA Iard Assurances Mutuelles, et à l'expert.
Fait à Lyon, le 29 septembre 2022.
Le juge des référés,
C. D
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026