mardi 17 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2204689 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 15 juin 2022, 12 juillet 2022 et 29 septembre 2023, Mme B A, représentée par la Selarl DBKM avocats (Me Bapceres), demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 mai 2022 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône a refusé de réévaluer le montant de son aide personnelle au logement à compter du mois d'août 2021 ;
2°) d'annuler la décision implicite du 8 avril 2022 du président de la métropole de Lyon refusant de lui accorder le bénéfice à titre rétroactif du revenu de solidarité active.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable, dès lors qu'elle n'avait pas connaissance des voies et délais de recours et qu'elle a lié le contentieux ;
- le montant des ressources de son couple justifie que le montant de son aide personnelle au logement soit réévalué ;
- elle avait droit au revenu de solidarité active " à taux plein " de 2018 au mois d'août 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 février 2023, le président de la métropole de Lyon, représenté par la SCP Carnot avocats (Me Prouvez), conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête de Mme A est tardive ;
- la requête est irrecevable, faute pour Mme A d'avoir formé un recours administratif préalable obligatoire contre la décision implicite de rejet de sa demande du 8 avril 2022 ;
- la demande de versement du revenu de solidarité active est prescrite ;
- la requérante ne remplissait pas les conditions de ressources lui permettant de prétendre au bénéfice du revenu de solidarité active de 2018 à août 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2023, la caisse d'allocations familiales du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le droit à l'aide personnelle au logement de Mme A à compter du mois de juillet 2021 a été régulièrement calculé, en tenant compte du montant de ses ressources issues de la pension et des salaires perçus par son époux.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Boulay, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boulay, présidente,
- et les observations de Me Rey, représentant la métropole de Lyon.
Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a, par un courrier du 7 février 2022, sollicité le bénéfice à titre rétroactif du revenu de solidarité active sur la période de 2018 à août 2020, demande qui a été implicitement rejetée par la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône le 8 avril 2022. Par ailleurs, par une décision du 5 mai 2022, la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Rhône a refusé de réévaluer le montant de son aide personnelle au logement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de la caisse d'allocations familiales du Rhône relative au droit au revenu de solidarité active :
2. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. Les modalités d'examen du recours sont définies par décret en Conseil d'Etat () ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable se substitue nécessairement à la décision initiale et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge.
3. L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue nécessairement à la décision initiale et est seule susceptible d'être déférée au juge de la légalité. Toutefois, lorsqu'il est saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision qui ne peut donner lieu à un recours devant lui qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable et si le requérant justifie avoir exercé ce recours, le juge administratif doit regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours, qui s'y est substituée.
4. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 8 avril 2022, par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône a refusé d'accorder le bénéfice du revenu de solidarité active à Mme A, doivent être regardées comme dirigées contre la décision implicite de rejet née du silence gardé par le président de la métropole de Lyon sur le recours administratif préalable obligatoire formé par l'intéressée le 15 juin 2022.
Sur le droit au revenu de solidarité active :
5. Aux termes de l'article L. 262-18 du code de l'action sociale et des familles : " Sous réserve du respect des conditions fixées à la présente section, le revenu de solidarité active est ouvert à compter de la date de dépôt de la demande ". Et aux termes de l'article R. 262-33 du même code : " Sans préjudice des dispositions particulières prévues aux articles L. 262-37 et L. 262-38, l'allocation est due à compter du premier jour du mois civil au cours duquel la demande a été déposée auprès d'un des organismes mentionnés à l'article D. 262-26 ".
6. Il résulte de l'instruction que, par la décision attaquée, le président de la métropole de Lyon a rejeté le recours préalable obligatoire formé le 15 juin 2022 par Mme A contre la décision du 8 avril 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Rhône a implicitement refusé de faire droit à la demande du 7 février 2022 tendant à bénéficier du revenu de solidarité active à titre rétroactif, pour une période courant de 2018 à août 2020. Or en application des dispositions précitées des articles L. 262-18 et R. 262-33 du code de l'action sociale et des familles, le président de la métropole de Lyon était tenu de rejeter la demande de Mme A tendant à ce que le bénéfice du revenu de solidarité active lui soit versé, à titre rétroactif, à compter d'une date antérieure au 7 février 2022.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle le président de la métropole de Lyon a refusé de lui attribuer le revenu de solidarité active à titre rétroactif.
Sur les droits à l'aide personnelle au logement :
8. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
9. Selon l'article L. 822-5 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ne sont dues qu'aux personnes payant un minimum de loyer, compte tenu de leurs ressources et de la valeur en capital de leur patrimoine, lorsque cette valeur est supérieure à un montant fixé par voie réglementaire. ". Et l'article R. 822-4 de ce code précise : " I. - Les ressources prises en compte s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu, des revenus taxés à un taux proportionnel ou soumis à un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu ainsi que des revenus perçus hors de France ou versés par une organisation internationale. Sont également pris en compte : / 1° Suivant les règles applicables en matière d'imposition aux traitements et salaires prévues au deuxième alinéa du 3° de l'article 83 et au 5 (a) de l'article 158 du code général des impôts, les indemnités journalières mentionnées au 2° de l'article L. 431-1 du code de la sécurité sociale ; () ". Enfin, aux termes de l'article L. 431-1 du code de la sécurité sociale : " Les prestations accordées aux bénéficiaires du présent livre comprennent : () / 2°) l'indemnité journalière due à la victime pendant la période d'incapacité temporaire qui l'oblige à interrompre son travail ; lorsque la victime est pupille de l'éducation surveillée, l'indemnité journalière n'est pas due aussi longtemps que la victime le demeure sous réserve de dispositions fixées par décret en Conseil d'Etat ; () ".
10. Mme A soutient qu'elle a droit à un montant d'aide personnelle au logement supérieur à celui fixé par la caisse d'allocations familiales du Rhône à hauteur de 113,70 euros. Toutefois, il résulte de l'instruction que la caisse a procédé au calcul de cette aide sur la base de ressources annuelles de la requérante et de son époux, respectivement de 10 610,83 euros de salaires et de 12 262,85 euros de rentes. Contrairement à ce que soutient Mme A, c'est à bon droit que la caisse d'allocations familiales du Rhône a tenu compte des revenus issus de la rente d'invalidité versée à son époux pour calculer le montant de son droit à l'aide personnelle au logement.
11. En outre, et sans remettre en cause les difficultés dont la requérante fait état, ces éléments sont sans incidence sur le calcul de ses droits en matière d'aide au logement qui résultent d'un barème préétabli.
12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de ces conclusions, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision refusant de réévaluer ses droits en matière d'aide personnelle au logement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la caisse d'allocations familiales du Rhône et à la métropole de Lyon.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.
La magistrate désignée,
P. BoulayLa greffière,
S. Rivoire
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026