lundi 16 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2204769 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL MORELL ALART & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire complémentaire et un mémoire récapitulatif enregistrés le 23 juin 2022 et les 17 mai et 11 juin 2024, M. A B C, représenté par la société d'avocats Morell Alart et Associés, demande au tribunal :
1°) à défaut d'ordonner avant dire droit une expertise médicale, de condamner la Métropole de Lyon à lui verser une indemnité de 118 625 euros en réparation des préjudices résultant de la pathologie imputable au service dont il souffre ;
2°) d'enjoindre à la Métropole de Lyon de réévaluer son taux d'incapacité permanente ;
3°) de mettre à la charge de la Métropole de Lyon la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Il soutient que :
- la responsabilité pour faute de la Métropole de Lyon est engagée pour n'avoir pas reconnu l'imputabilité au service de son étant anxieux généralisé, pour n'avoir pris aucune mesure de nature à préserver son état de santé et sa sécurité et pour ne lui avoir proposé aucune mesure d'accompagnement professionnel ;
- son préjudice professionnel peut être évalué à la somme de 30 000 euros ;
- le préjudice lié au déficit fonctionnel temporaire subi pour la période du 5 juin 2014 au 23 septembre 2020 peut être évalué à 28 250 euros ;
- le préjudice lié aux souffrance endurées et aux troubles dans ses conditions d'existence peut être évalué à 30 000 euros ;
- le préjudice lié à son déficit fonctionnel permanent peut être évalué à 30 375 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 juin 2024, la Métropole de Lyon, représentée par la Selarl Carnot Avocats, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le comportement fautif qui lui est imputé n'est pas constitué, que le lien de causalité entre les préjudices allégués et l'action de la Métropole de Lyon n'est pas établi et que le montant réclamé au titre du préjudice moral est excessif.
La clôture de l'instruction a été fixée au 27 juin 2024 par une ordonnance du 12 juin précédent.
Vu les pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard-Rendolet,
- les conclusions de Mme de Mecquenem, rapporteure publique,
- et les observations de Me Gayet pour M. B C, ainsi que celles de Me Rey pour la Métropole de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. Adjoint administratif principal employé par la Métropole de Lyon, M. B C demande la condamnation de celle-ci à l'indemniser des préjudices résultant de la pathologie dont il souffre et dont l'imputabilité au service a été reconnue ainsi que du comportement fautif qu'il prête à son employeur dans la gestion de sa situation.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. Les collectivités publiques ont l'obligation de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Même en l'absence de faute de la collectivité, le fonctionnaire victime d'un accident de service peut obtenir de la collectivité qui l'emploie une indemnité réparant les préjudices extra-patrimoniaux résultant de l'atteinte qu'il a subie dans son intégrité physique, des souffrances physiques ou morales et des préjudices esthétiques ou d'agrément subis. Le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature que ceux réparés par l'allocation temporaire d'invalidité ou la rente viagère, ou des préjudices personnels, peut également obtenir de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice. Enfin, le fonctionnaire peut engager une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage par la collectivité, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette collectivité.
3. Par un arrêté du 22 décembre 2020 faisant suite à l'annulation contentieuse, par un jugement du 16 juillet 2020, d'une précédente décision de refus du 3 janvier 2019 et à l'injonction alors prononcée par le tribunal, le président de la Métropole de Lyon a reconnu l'imputabilité au service de l'état anxieux dont a souffert M. B C à la suite de la communication, le 28 mai 2014, d'un courrier du 25 mai précédent évoquant sa personne en termes racistes et rédigé par certains adhérents de l'association au sein de laquelle il exerçait ses fonctions au bénéfice d'une mise à disposition décidée dans le cadre d'un reclassement.
En ce qui concerne les conclusions fondées sur la faute :
4. Au soutien de ses conclusions présentées au titre du préjudice moral et du préjudice patrimonial liés à un retard de carrière et à des perte de salaires, M. B C expose, en se prévalant du jugement du 16 juillet 2020 mentionné ci-dessus, que la Métropole de Lyon a commis une faute en ne reconnaissant pas l'imputabilité au service de son état de santé, en ne prenant pas les mesures de nature à préserver son état de santé et sa sécurité alors même qu'elle avait été informée des difficultés rencontrées à la suite de la réception du courrier du mois de mai 2014 et en ne lui proposant aucune mesure d'accompagnement professionnel. Toutefois, M. B ne fait état d'aucun préjudice spécifique résultant du refus initial de la métropole de reconnaître l'imputabilité au service de son état de santé et il résulte de l'instruction qu'à la suite de la communication du courrier à teneur raciste du 25 mai 2014, le supérieur hiérarchique de M. B C et la direction des ressources humaines de la Métropole de Lyon ont reçu celui-ci le 2 juin 2014, avant qu'il ne soit placé en congé de maladie, pour l'assurer de leur solidarité et lui proposer un accompagnement par la psychologue du travail. Alors que le requérant, si ce n'est en se prévalant de la chronologie des faits et en indiquant qu'un refus a été opposé à sa demande d'affectation sur un poste de gestionnaire d'un parc de véhicules légers, n'assortit pas des précisions suffisantes son allégation selon laquelle la métropole ne l'a pas accompagné en vue de la reprise d'un emploi adapté à son état de santé, les fautes et préjudices allégués ne sauraient être regardés comme établis.
En ce qui concerne la responsabilité sans faute :
5. Si M. B C fait état des troubles rhumatologiques dont il est atteint, il résulte de l'instruction que cette affection ancienne n'a pas été reconnue comme étant en tout ou partie imputable au service et le requérant n'est fondé à demander réparation que des préjudices liés à la dégradation de son état de santé en lien avec la communication du courrier à teneur raciste du 25 mai 2014 qui a justifié la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie.
S'agissant des préjudices temporaires :
6. Au soutien de ses prétentions concernant le préjudice temporaire et les souffrances qu'il a endurées, M. B C fait valoir sans autres précisions son placement en arrêt de travail pour cause de maladie à compter du 5 juin 2014, son hospitalisation pour paralysie faciale du 27 au 29 juillet 2017, son hospitalisation du 24 au 28 août 2018, une altération de son humeur en raison de sa situation et relève que les préjudices temporaires allégués ont pris fin au 23 septembre 2020, date retenue pour sa consolidation par une expertise du Dr. Kolle. Alors que l'événement du 28 mai 2014 dont il est fait état présentait, comme l'a d'ailleurs relevé le tribunal dans son jugement du 16 juillet 2020, un caractère isolé et que les troubles qui en ont résulté ne sauraient être regardés comme s'étant prolongés en l'espèce au-delà d'une durée de trois mois, il sera fait une juste appréciation des troubles de toute nature liés à sa pathologie imputable au service en allouant à ce titre à M. B C la somme de 1 000 euros.
S'agissant des préjudices permanents :
7. Au soutien de sa demande au titre du déficit fonctionnel permanent qui l'affecte, M. B C fait valoir le taux d'invalidité permanente partielle (IPP) de 15 % qui a été retenu pour sa pathologie d'ordre psychiatrique par le Dr. Kolle le 23 septembre 2020 et le taux d'IPP de 15 % qui a été retenu en 2023 par le Dr. Seve pour les lombosciatalgies dont il souffre. Toutefois et alors que, comme il a été dit précédemment et dans la mesure indiquée au point 6, seuls les troubles anxieux du requérant ont été reconnus comme étant imputables au service et qu'il résulte de l'instruction, comme l'avait d'ailleurs relevé le tribunal dans son jugement du 16 juillet 2020, que, s'agissant des troubles d'ordre psychiatrique qui l'affectent, M. B C présentait un état antérieur, les conclusions de M. B C présentées au titre de ses préjudices permanents doivent être rejetées.
S'agissant du préjudice professionnel :
8. Eu égard aux développements qui précèdent relatifs à la nature, aux causes et à la durée limitée de la pathologie anxieuse du requérant dont l'imputabilité au service est reconnue, les conclusions présentées par M. B C tendant à la réparation de l'incidence professionnelle de son état de santé et des pertes de revenus liées à celui-ci ne peuvent, en tout état de cause, qu'être rejetées.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner la mesure d'expertise demandée, que la Métropole de Lyon doit être condamnée à verser à M. B C la somme de 1 000 euros en réparation des préjudices résultant de sa pathologie d'origine professionnelle constatée le 3 juin 2014.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Eu égard à la nature de la demande principale présentée par le requérant, l'exécution du présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
11. Dans les circonstances de l'espèce et alors que M. B C n'apporte pour le surplus aucune précision quant à la nature des autres frais qu'il y aurait lieu de mettre selon lui à la charge de la Métropole de Lyon, il y a lieu de mettre à la charge de celle-ci le versement au requérant de la somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La Métropole de Lyon est condamnée à verser à M. B C une indemnité de 1 000 euros en réparation des préjudices qu'il a subis.
Article 2 : La Métropole de Lyon versera à M. B C la somme de 1 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B C et à la Métropole de Lyon.
Délibéré après l'audience du 8 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Feron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2024.
Le rapporteur,
F-X. Richard-RendoletLe président,
A. Gille
La greffière,
L. Khaled
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026