vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205037 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires en réplique enregistrés le 4 juillet 2022 et les 1er mars et 21 septembre 2023, Mme A B, représentée par Me Jounier, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Divonne-les-Bains à lui verser la somme de 20 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 10 mars 2022 et de leur capitalisation, en réparation des préjudices résultant du harcèlement moral qu'elle a subi ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Divonne-les-Bains la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les faits de harcèlement moral dont elle a fait l'objet sont de nature à engager la responsabilité sans faute comme pour faute de son employeur ;
- le préjudice de carrière, le préjudice moral et les troubles dans les conditions d'existence qu'elle a subis peuvent être évalués à 20 000 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés le 21 décembre 2022 ainsi que les 14 juillet et 29 septembre 2023, la commune de Divonne-les-Bains, représentée par la Selarl Philippe Petit et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le harcèlement invoqué n'est pas constitué et que les préjudices allégués ne sont pas établis.
La clôture de l'instruction a été fixée au 30 septembre 2023 par une ordonnance du 19 juillet précédent.
Vu les pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard-Rendolet,
- les conclusions de Mme de Mecquenem, rapporteure publique,
- les observations de Me Jounier pour Mme B, ainsi que celles de Me Garaudet pour la commune de Divonne-les-Bains.
Considérant ce qui suit :
1. Agent contractuel employée par la commune de Divonne-les-Bains en qualité de responsable du service scolaire, enfance et jeunesse jusqu'à la rupture conventionnelle de son engagement le 31 décembre 2021, Mme B demande au tribunal de condamner la commune à l'indemniser à hauteur de 20 000 euros du préjudice résultant du harcèlement moral qu'elle dit avoir subi dans l'exercice de ses fonctions.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, il y a lieu de tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral.
3. Pour soutenir qu'elle a été victime de harcèlement moral et que tant la responsabilité sans faute que la responsabilité pour faute de son employeur sont engagées à ce titre, Mme B fait valoir la dégradation de ses conditions de travail et de son état de santé qu'elle impute à la commune et plus particulièrement à l'attitude de la nouvelle adjointe au maire chargée des services scolaires et solidarités à compter du mois de mars 2020, qui se serait manifestée jusqu'au mois de novembre 2020 et son placement en arrêt de maladie par l'exercice d'une pression psychologique et par un comportement vexatoire. Il résulte toutefois de l'instruction que Mme B, dont la personnalité et les difficultés relationnelles rencontrées avec certains élus ont été attestées lors de l'enquête administrative menée par la commune, a elle-même exprimé ses doutes sur la capacité de la nouvelle adjointe au maire concernée et a manifesté à diverses reprises sa réticence à collaborer avec cette élue. Alors que les propos agressifs et dénigrants prêtés par la requérante à l'adjointe au maire les 15 mars, 31 août, 12 octobre et 26 octobre 2020 à l'occasion de déplacements ou de réunions publiques ne sont pas attestés par des participants à ces événements, que la mise à l'écart alléguée par la requérante lors de la commission scolaire du 31 août 2020 peut trouver son explication dans les conditions matérielles d'organisation de celle-ci et l'arrivée tardive de Mme B, que le manque d'empathie dont aurait témoigné cette adjointe lors de l'accident bénin dont a été victime la requérante le 29 mai 2020 ne saurait caractériser un harcèlement moral, il ne résulte pas de l'instruction que la sollicitation de la requérante par cette élue les 30 octobre et 1er novembre 2020 ait eu un autre objet que l'intérêt du service compte tenu de l'urgence de la situation. S'il est établi qu'au cours d'un long entretien téléphonique du 6 novembre 2020, l'adjointe au maire a exprimé en termes vifs son mécontentement à l'égard de la requérante en lui reprochant de ne pas l'informer de certains dossiers, ce qui la plaçait en situation délicate vis-à-vis des interlocuteurs de la municipalité, il ne résulte pas de l'instruction que les reproches alors exprimés étaient sans fondement ni que, compte tenu de la personnalité et des fonctions de Mme B ainsi que du contexte de tension existant entre les intéressées, ils ont excédé le cadre de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. En outre, si la requérante soutient qu'elle a été tenue à l'écart des conseils d'école auxquelles elle aurait souhaité participer, les missions qui lui étaient confiées de gestion et de suivi des conseils d'écoles ainsi que d'information des élus représentant le maire dans les écoles n'impliquaient pas une telle participation et l'adjointe au maire concernée a pu décider de s'y rendre sans la requérante sans excéder les limites du pouvoir hiérarchique. Si la requérante fait également état de l'agacement que l'élue concernée aurait manifesté à son égard et de la multiplicité des sollicitations qui lui étaient adressées, il est constant qu'après que Mme B les eut informés de ses difficultés à travailler avec cette élue, ses supérieurs hiérarchiques ont diligenté une enquête administrative afin d'éclaircir la situation, ont reçu l'intéressée à deux reprises et lui ont proposé de mettre en place des aménagements de son poste afin de limiter ses contacts avec l'adjointe concernée, cette proposition ayant été refusée par la requérante qui a présenté une demande de rupture conventionnelle de son engagement. Dans ces conditions, il ne saurait être fait grief à la commune de Divonne-les-Bains d'avoir laissé des agissements constitutifs de harcèlement moral se perpétrer et Mme B n'est pas fondée à demander l'indemnisation du préjudice qu'elle estime avoir subi du fait du harcèlement moral dont elle allègue avoir fait l'objet.
Sur les frais liés au litige :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la requérante présentées sur leur fondement et dirigées contre la commune de Divonne-les-Bains, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il y a en revanche lieu de faire application de ces mêmes dispositions et de mettre à la charge de Mme B le versement à la commune de Divonne-les-Bains de la somme de 500 euros au titre des frais d'instance.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera à la commune de Divonne-les-Bains la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Divonne-les-Bains.
Délibéré après l'audience du 12 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Feron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
Le rapporteur,
F-X. Richard-RendoletLe président,
A. Gille
Le greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne au préfet de l'Ain en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026