jeudi 15 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205107 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 et 28 juillet 2022, M. G E et Mme F D épouse E, agissant tant en leur nom personnel qu'en qualité d'administrateurs légaux de leur fille mineure A E, représentés par Me Pichon, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de désigner un expert chargé de déterminer les conditions de la prise en charge de leur fille A E au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne à compter du 22 mars 2019, lequel expert devra communiquer un pré-rapport aux parties.
Ils soutiennent que :
- à la suite d'une arthrodèse C1/C3 réalisée le 25 février 2019 au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne, leur fille a été transférée à l'hôpital Bellevue ;
- le 22 mars 2019, elle a été victime d'une chute en arrière avec son halo au décours d'une séance de rééducation et alors qu'elle se trouvait sous la surveillance unique d'une stagiaire ;
- l'indication chirurgicale pour ablation du halo a été posée le jour même avec remplacement par un corset cervico-thoracique en plexi dur ;
- en raison d'irritations cutanées et de surinfections, le corset a été remplacé par la pose d'un collier cervical rigide ;
- l'évolution de son état de santé a toutefois été marquée par une pseudarthrose et, à l'occasion d'une consultation le 5 novembre 2019, il leur a été indiqué que le matériel d'ostéosynthèse aurait débricolé, nécessitant une reprise d'arthrodèse cervicale C1/C2 pratiquée le 4 décembre 2019 ;
- ils contestent les conclusions des deux expertises amiables diligentées par les assureurs, conclusions au demeurant divergentes, notamment s'agissant de l'imputabilité à la chute du débricolage du matériel et de la reprise chirurgicale.
Par un mémoire, enregistré le 12 juillet 2022, le centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne, représenté par Me Deygas, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la mesure d'instruction sollicitée est dépourvue d'utilité dès lors que deux rapports d'expertise ont déjà été établis.
La requête a été régulièrement communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme H, première vice-présidente, en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2. La prescription d'une mesure d'expertise en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative est subordonnée au caractère utile de cette mesure. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande d'expertise, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée.
3. Les époux E demandent que soit désigné un expert chargé de déterminer les conditions de la prise en charge de leur fille A au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne et d'évaluer les préjudices en résultant. Pour conclure au rejet de la requête, le centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne fait valoir que les époux E disposent déjà de deux rapports d'expertise permettant au juge du fond, éventuellement saisi, de statuer sur leurs conclusions.
4. Il résulte de l'instruction que deux expertises amiables portant sur les conditions de la prise en charge de l'enfant A E ont déjà été réalisées et que les experts ont tous deux conclu à une faute de l'établissement hospitalier caractérisée par un défaut de surveillance, ce qui n'est en l'espèce pas contesté par le centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne. Par suite, les conclusions des époux E tendant à déterminer les conditions de la prise en charge de leur fille A au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne ne présentent pas de caractère utile et doivent être rejetées.
5. En revanche, il ressort des deux rapports d'expertise que les conclusions des experts sont divergentes concernant l'imputabilité ou non de la pseudarthrose et de la reprise chirurgicale qui s'est ensuivie à la chute du 22 mars 2019. Dans les circonstances de l'espèce, l'existence de ces deux premiers rapports d'expertise ne prive pas d'utilité la demande d'expertise des requérants portant sur le lien de causalité entre le manquement constaté et la pseudarthrose ayant nécessité une reprise chirurgicale, d'une part, et sur l'évaluation des préjudices subis par leur fille, d'autre part. Par suite, Il y a lieu, dès lors, d'y faire droit dans les conditions précisées à l'article 1er de la présente ordonnance.
6. L'expert est tenu, entre autres, d'informer les parties de ses constatations, de recueillir leurs dires et d'en faire état dans son rapport. S'il lui est loisible de communiquer aux parties un pré-rapport aux fins de recueillir leurs observations, aucune disposition législative ou réglementaire applicable devant le juge administratif ne permet de lui imposer cette formalité. Il s'ensuit que les conclusions des requérants tendant à imposer cette formalité à l'expert ne peuvent qu'être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : Le docteur C B, domicilié au centre hospitalier de Roanne, 28 rue de Charlieu à Roanne (42328), est désigné comme expert avec pour mission de :
1°) prendre connaissance des précédents rapports d'expertise des 7 novembre 2019 et 3 février 2021 et de tous documents médicaux concernant l'enfant A E, détenus par ses parents et par les personnes et établissements l'ayant soignée ; convoquer et entendre les parties et tout sachant ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de l'enfant, ainsi qu'éventuellement à son examen clinique ;
2°) décrire l'état de santé de l'enfant A E, ainsi que les séquelles dont elle demeure atteinte depuis les précédentes expertises ;
3°) indiquer les soins, traitements et interventions dont la jeune A E a fait l'objet à compter du 22 mars 2019, ainsi que les soins, traitements et interventions éventuellement prévisibles ;
4°) indiquer dans quelle mesure le manquement constaté du centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne a concouru à la survenance de la pseudarthrose ou a fait perdre à l'enfant une chance d'éviter la survenue de la pseudarthrose et, dans l'affirmative, déterminer l'ampleur de la chance perdue ;
5°) déterminer la part du préjudice présentant un lien de causalité direct, certain et exclusif avec le manquement reproché au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne, en excluant la part des séquelles à mettre en relation avec la pathologie initiale, son évolution ou toute autre cause extérieure ;
6°) déterminer la date de consolidation de l'état physique d'Anna E, l'importance et la durée du déficit fonctionnel temporaire, des souffrances endurées, du préjudice esthétique temporaire, du déficit fonctionnel permanent, du préjudice esthétique permanent ou de tout autre préjudice extrapatrimonial dont ses parents feraient état ;
7°) dire si l'état de l'enfant est susceptible de modification en aggravation ou en amélioration ; dans l'affirmative fournir toutes précisions utiles sur cette évolution et, dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;
8°) préciser le montant des dépenses de santé et des frais divers supportés jusqu'à la date de consolidation et évaluer la nature et le montant des dépenses de santé futures, le cas échéant, indiquer quels seront les besoins d'adaptation du logement et du véhicule des parents d'Anna E, dire dans quelle mesure elle aura besoin de l'assistance d'une tierce personne ;
9°) préciser la nature et évaluer l'importance de tout autre préjudice patrimonial ou extrapatrimonial dont les requérants feraient état ; donner toute précision utile permettant au tribunal d'apprécier une éventuelle incidence scolaire du dommage et dire notamment si l'enfant A E est dans l'impossibilité de se livrer à des activités spécifiques de sports, loisirs ;
10°) pour chacun de ces préjudices, distinguer la part imputable au manquement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux antécédents médicaux de l'intéressée ;
11°) distinguer dans les soins supportés par la caisse primaire d'assurance maladie ceux qui auraient incombé en tout état de cause à celle-ci en raison de l'état antérieur d'Anna E ou à toute autre cause, de ceux imputables à la chute du 22 mars 2019 ;
12°) de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;
13°) tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence des époux E et de leur fille A, du centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne et de la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 7 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à M. G E et Mme F E, au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire et à l'expert.
Fait à Lyon, le 15 septembre 2022.
Le juge des référés,
C. H
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026