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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2205465

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2205465

vendredi 7 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2205465
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantSTAHL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 juillet 2022 et un mémoire enregistré le 27 mars 2023, la Fédération de l'Ardèche pour la pêche et la protection du milieu aquatique, représentée par Me Stahl, demande au tribunal :

1°) d'annuler le récépissé de dépôt de dossier de déclaration au titre de la loi sur l'eau, ainsi que la décision de non-opposition du préfet de l'Ardèche du 16 mai 2022 relative à l'aménagement temporaire du site de baignade de la Théoule sur le territoire de la commune des Ollières-sur-Eyrieux ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La Fédération de l'Ardèche pour la pêche et la protection du milieu aquatique soutient que :

- les travaux en cause auraient dû faire l'objet d'une autorisation au titre de la loi sur l'eau, en application des articles L. 214-1 à L. 214-3 du code de l'environnement et conformément à la nomenclature annexée à l'article R. 214-1 du même code ; en effet, l'ouvrage objet de la déclaration constitue un obstacle tant à l'écoulement des crues qu'à la continuité écologique du cours d'eau de l'Eyrieux, et le projet prévoit par ailleurs la destruction de plus de 200 m² de frayères ;

- ainsi, le projet aurait donc également dû donner lieu à une étude d'incidences environnementales, et à l'obtention d'une dérogation au titre des espèces protégées ;

- à tout le moins, le projet, inclus dans le périmètre d'une zone Natura 2000, aurait dû faire l'objet d'une autorisation au titre des articles L. 414-4 et R. 414-27 du code de l'environnement ;

- subsidiairement, le préfet devait s'opposer à l'opération : d'une part, le projet porte atteinte à la continuité écologique du cours d'eau de l'Eyrieux, et à la faune piscicole protégée, de sorte que la décision de non-opposition méconnaît l'article L. 211-1 du code de l'environnement ; d'autre part, la décision méconnaît l'article L. 214-17 du même code en méconnaissant les obligations découlant du classement du cours d'eau dans les listes définies aux 1° et 2° de cet article ; à ce titre, le préfet ne pouvait valablement considérer que l'ouvrage était existant et n'entrait pas dans les prévisions de ces dispositions ;

- la décision est incompatible avec le SDAGE ;

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle a été prise sur la base d'un dossier incomplet, en l'absence de toute étude d'incidences sur le site Natura 2000.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 janvier 2023, le préfet de l'Ardèche conclut au rejet de la requête au motif que les moyens ne sont pas fondés.

L'intégralité de la procédure a été transmise à la commune des Ollières-sur-Eyrieux, qui n'a pas produit d'observations.

Par ordonnance du 22 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 avril 2024.

En application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées, par courrier du 7 mai 2024, de ce que le tribunal est susceptible de juger qu'il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la requête, l'acte attaqué étant une décision à caractère temporaire dont les effets ont totalement cessé.

Des observations en réponse au moyen susceptible d'être relevé d'office ont été enregistrées pour le compte de la Fédération requérante, le 16 mai 2024, et ont été communiquées aux parties.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme de Lacoste Lareymondie,

- les conclusions de Mme Fullana Thevenet,

- et les observations de Me Stahl représentant la Fédération requérante.

Considérant ce qui suit :

1. Depuis 2015, la commune des Ollières-sur-Eyrieux aménage au lieu-dit La Théoule, un site de baignade par l'aménagement d'une digue fusible temporaire en travers de la rivière de l'Eyrieux. A ce titre, elle a déposé le 13 avril 2022 une déclaration au titre de la loi sur l'eau, pour laquelle le préfet de l'Ardèche a délivré un récépissé. Par décision du 16 mai 2022, le préfet de l'Ardèche a indiqué ne pas faire opposition à la déclaration de la commune des Ollières-sur-Eyrieux. Par la présente requête, la fédération de l'Ardèche pour la pêche, association agréée pour la défense de l'environnement, demande au tribunal d'annuler cette décision.

2. Il appartient au juge de plein contentieux de l'environnement de se prononcer sur la légalité d'une autorisation délivrée au titre de la loi sur l'eau au regard des circonstances de fait et de droit existant à la date à laquelle il statue. En l'espèce, l'acte attaqué, pris pour l'application des articles L. 214-1 et suivants du code de l'environnement, autorisait la commune des Ollières-sur-Eyrieux à installer temporairement une digue fusible au lieu-dit de la Théoule pour aménager un plan de baignade sur les seuls mois de l'été 2022. Selon la décision de non-opposition à la déclaration déposée par la commune, la digue ne pouvait être maintenue que jusqu'au 30 septembre 2022, date au-delà de laquelle la commune devait ouvrir une brèche dans l'hypothèse où la digue n'aurait pas été déjà emportée par une crue. Dès lors, à la date du présent jugement, et sans qu'ait d'incidence la circonstance que la digue n'aurait pas totalement disparu, après la fin de validité de cette autorisation, l'acte en litige a épuisé tous ses effets, de sorte qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à son annulation.

3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que demande la Fédération de l'Ardèche pour la pêche et la protection des milieux aquatiques au titre des frais exposés et non compris dans les dépens

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la requête de la Fédération de l'Ardèche pour la pêche et la protection des milieux aquatiques.

Article 2 : Les conclusions de la Fédération requérante présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la Fédération de l'Ardèche pour la pêche et la protection du milieu aquatique, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, et à la commune des Ollières-sur-Eyrieux.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Ardèche.

Délibéré après l'audience du 17 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Besse, président,

Mme Allais, première conseillère,

Mme de Lacoste Lareymondie, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2024.

La rapporteure,

E.de Lacoste Lareymondie

Le président,

T. Besse

La greffière

S. Lecas

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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