mardi 11 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205499 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP DUCROT ASSOCIES - DPA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 juillet et 1er septembre 2022, le Syndicat intercommunal à vocation unique du Pôle festif du Fay (SIVU du Pôle festif du Fay), représenté par Me Salen, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative :
1°) de désigner un expert chargé de se prononcer sur les causes et les conséquences des désordres qui affectent le complexe festif situé au lieu-dit le Fay à Saint-Jean Bonnefonds, lequel expert pourra, en cas d'urgence, autoriser la requérante à faire exécuter les travaux estimés indispensables ;
2°) de mettre les frais d'expertise à la charge de la ou des parties auxquelles les désordres seront déclarés imputables ;
3°) de dire que les opérations d'expertise se feront au contradictoire de la société A et de sons assureur la société Allianz.
Il soutient que :
- les travaux afférents aux différents lots de construction d'un complexe festif au lieu-dit le Fay à Saint-Jean Bonnefonds ont été réceptionnés en 2015 ;
- à compter de l'année 2019, des infiltrations d'eau ont été constatées à l'aplomb des menuiseries donnant sur la double hauteur du hall d'entrée ;
- malgré la réalisation de travaux de reprise, les désordres se sont étendus sur un périmètre plus large, avec notamment la constatation d'affaissements de la toiture et le pourrissement de plusieurs caissons en bois, empêchant l'utilisation de l'ouvrage conformément à sa destination ;
- il y a lieu de mettre en cause la société A, titulaire du lot 4, et son assureur dès lors qu'il existe une probabilité sérieuse que tout ou partie des désordres proviennent des verrières des toitures.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2022, la société K, représentée par Me Berger, demande au juge des référés, à titre principal, de la mettre hors de cause et de mettre à la charge du SIVU du Pôle festif du Fay la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, à titre subsidiaire, de lui donner acte de ce qu'elle formule les plus expresses protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise sollicitée, de préciser la mission de l'expert selon les termes de son mémoire et de rejeter la demande du requérant tendant à voir les frais d'expertise mis à la charge des défendeurs.
Elle soutient être étrangère aux désordres invoqués dès lors qu'elle n'était titulaire d'aucun lot mais a accepté d'intervenir afin de remédier à certains désordres, que le prétendu affaissement de la toiture est sans lien avec les travaux qu'elle a effectués et que le syndicat ne produit aucun élément de nature à remettre en cause les travaux qu'elle a réalisés.
Par deux mémoires, enregistrés les 3 et 24 août 2022, les sociétés Etablissements Bernard et Fils et N, représentées par Me Verilhac, ne s'opposent pas à l'expertise sollicitée et demandent au juge des référés de les recevoir en leurs protestations et réserves d'usage et de responsabilité et de rejeter la demande de mise hors de cause de la société K.
Elles soutiennent qu'il est indispensable que la société K participe à l'expertise sollicitée dès lors que celle-ci est intervenue sur l'ouvrage et l'a modifié, même en dehors du cadre du marché initial.
Par un courrier, enregistré le 4 août 2022, la société L s'étonne de sa mise en cause s'agissant d'un problème d'étanchéité et précise avoir réalisé la menuiserie bois intérieure sur le chantier.
Par un courrier, enregistré le 9 août 2022, la société Giraudier Bois J déclare être intervenue " uniquement sur les parois verticales en périphérie de bâtiment pour la pose des châssis extérieurs " et rejette toute responsabilité quant aux désordres d'infiltrations d'eau en toiture.
Par un mémoire, enregistré le 22 août 2022, la société C Assurances, agissant en qualité d'assureur de la société Giraudier Bois J, représentée par Me Descout, demande au juge des référés de juger qu'elle formule toutes protestations et réserves d'usage sur la mesure d'instruction sollicitée et de se prononcer ce que de droit sur les dépens.
Par un mémoire, enregistré le 23 août 2022, les sociétés QBE Insurance et P et M. I M, représentés par Me Ducrot, demandent au juge des référés de de leur donner acte de l'intervention de la société P venant aux droits de la société QBE Insurance et de constater que la société P, prise en qualité d'assureur de M. M, et M. M ne s'opposent pas à la mesure d'instruction sollicitée sous les plus expresses réserves de garanties et de responsabilités.
Ils soutiennent qu'à la suite d'un transfert de portefeuille intervenu le 1er janvier 2019, la société P vient désormais aux droits de la société QBE Insurance Europe Limited et il y a donc lieu de mettre hors de cause la société QBE Insurance et d'admettre l'intervention volontaire de la société P.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 août 2022, la société Milk By Futur A, représentée par Me Barre, formule toutes protestations et réserves d'usage utiles sur la mesure d'instruction sollicitée et demande au juge des référés de rejeter la demande de mise hors de cause de la société K.
Elle soutient que :
- la société K est intervenue afin de procéder à la réparation de certains désordres objet de la mesure d'instruction sollicitée, désordres qui précisément perdurent ;
- l'expert devra déterminer si les désordres allégués trouvent leur origine dans les travaux de construction initiaux ou dans les travaux de réparation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2022, la société D et la société E prise en qualité d'assureur de la société D, représentées par Me Astor, demandent au juge des référés de leur donner acte de leurs plus expresses protestations et réserves d'usage et de réserver les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2022, la société Allianz B, représentée par a SCP Reffay et Associés, demande au juge des référés de dire et juger qu'elle formule protestations et réserves d'usage quant à la demande d'expertise dirigée à son encontre et de statuer ce que de droit sur les dépens de l'instance.
La requête a été régulièrement communiquée à la société A qui n'a pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2. La demande d'expertise présentée par le SIVU du Pôle festif du Fay, aux fins de déterminer les causes et les conséquences des désordres d'infiltrations d'eau et d'affaissement de la toiture affectant le complexe festif situé au lieu-dit le Fay à Saint-Jean Bonnefonds, présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.
3. La société K demande à être mise hors de cause au motif qu'elle n'était titulaire d'aucun lot dans la cadre du marché. Cependant, il résulte de l'instruction que la société K est intervenue afin de remédier à certains désordres, lesquels persistent à ce jour. Aussi, sa participation aux opérations d'expertise apparaît utile dès lors qu'elle ne peut être considérée comme manifestement étrangère au litige et que sa présence est de nature à éclairer l'expert dans la bonne exécution de sa mission.
4. Les sociétés QBE Insurance et P et M. I M font valoir qu'à la suite d'un transfert de portefeuille la société P vient désormais aux droits de la société QBE Insurance. Dans ces conditions, il y a lieu de mettre la société QBE Insurance hors de cause et d'admettre l'intervention volontaire de la société P.
5. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de déclarations, de réserves ou d'intentions. Par suite, les conclusions des parties tendant à ce qu'il leur soit donné acte de leurs protestations et réserves sont rejetées.
6. En application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l'expertise seront liquidés et taxés par ordonnance laquelle désignera la partie qui les supportera. Par suite, les conclusions des parties relatives aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la société K présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE
Article 1er : M. H G, domicilié chez Multiburo, immeuble le Forum, 27 rue Maurice Flandrin, 69428 Lyon cedex 03, est désigné comme expert avec pour mission de :
1°- se rendre sur les lieux, entendre les parties, prendre connaissance de tous documents utiles ; donner tous éléments et établir tous plans, croquis ou schémas, produire des photos, utiles à la compréhension des faits de la cause ;
2°- rechercher et préciser les liens contractuels unissant les parties, décrire les missions confiées à chacune des parties à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services et tous autres documents utiles ; informer les parties qu'il est de leur intérêt d'appeler immédiatement telles entreprises dont la responsabilité serait mise en évidence au cours des premières opérations d'expertise ;
3°- préciser la chronologie des opérations de construction, ainsi que celles des opérations de réception, la nature des réserves dont cette réception aurait été assortie et les suites données à celles-ci ;
4°- décrire les désordres affectant l'ouvrage, en lien avec ceux indiqués ci-dessus, et en indiquer la nature et l'étendue ; pour chacun d'eux, déterminer la date de la première apparition, et préciser, si, à la date de la réception, il était apparent, ou tout au moins prévisible, en tout cas dans toutes ses conséquences ;
5°- fournir tous éléments permettant d'apprécier si chacun de ces désordres met l'ouvrage en péril ou le rendent impropre à sa destination, et donner son avis sur ce point ;
6°- donner son avis sur la ou les causes de chaque désordre (vice de conception, défaut de surveillance, faute d'exécution, manquement aux règles de l'art, qualité des matériaux utilisés, insuffisance d'entretien, ou tout autre cause) ; si les dommages sont dus à plusieurs causes, fournir tous éléments permettant d'apprécier dans quelle proportion ils sont imputables à chacune d'elles et donner son avis sur ce point ;
7°- décrire les travaux de nature à faire cesser les désordres et à remettre l'ouvrage en l'état prévu par le marché ; en évaluer le coût et en fixer la durée compte tenu des nécessités de leur conception, de la passation des marchés, et de l'exécution des travaux ;
8°- donner son avis sur l'existence d'améliorations et/ou de plus-values apportées à l'ouvrage par les préconisations des éventuelles solutions techniques ;
9°- donner son avis sur les préjudices de toute nature subis du fait desdits désordres et en évaluer le montant ;
10°- de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;
11°- établir une synthèse non technique des réponses aux questions posées, et, s'il y a lieu, proposer une répartition motivée des responsabilités en pourcentage ;
12° - tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence du SIVU du Pôle festif du Fay, de M. I M et des sociétés Futur A, Bernard et Fils, N, D, E, O J, C, L, K, P, A et F B.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée au SIVU du Pôle festif du Fay, à M. I M et aux sociétés Futur A, QBE Insurance, Bernard et Fils, N, D, E, O J, C, L, K, P, A et F B, et à l'expert.
Fait à Lyon, le 11 octobre 2022.
La présidente du tribunal,
Juge des référés,
G. VERLEY-CHEYNEL
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026