mardi 13 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205591 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET BERGER ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 21 et 28 juillet et 12 octobre 2022, M. B, représenté par Me Paturat demande, dans le dernier état de ses écritures, au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner le centre communal d'action sociale de Chaponost à lui payer une somme de 2 589,97 euros ;
2°) de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de Chaponost une somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été recruté dans l'emploi d'adjoint au responsable du pôle finances-ressources humaines à temps complet, à compter du 1er juin 2020 par le président du centre communal d'action sociale (CCAS) de Chaponost ;
- par un arrêté du 16 juillet 2020, le président du CCAS lui a donné une délégation de signature pour son emploi de responsable financier du CCAS et de l'EHPAD La Dimerie ;
- ses fiches de paye visent une activité à la Dimerie ;
- le tableau des effectifs de l'EPHAD de la Dimerie mentionne un attaché sur l'emploi de responsable administratif et financier ;
- il a donc un emploi pour le service ressources humaines et finances de l'EPHAD de la Dimerie depuis juin 2020 et peut, à ce titre, prétendre au complément de traitement indiciaire, conformément au décret n°2021-166 du 16 février 2021 qui prévoit cette possibilité pour l'ensemble des agents des EPHAD ;
- ce complément de traitement indiciaire lui a été refusé, par une personne qui n'avait pas compétence pour prendre cette décision ;
- sa créance se compose de 24 points d'incidence majoré, soit 90 euros nets mensuels, entre le 1er septembre 2020 et le 30 novembre 2020, soit 270 euros net pour cette période et de 49 points d'indice majorés, soit 183 euros nets mensuels, entre le 1er décembre 2020 et le 22 décembre 2021, soit un total de 2 589,97 euros net pour cette période ;
- sa créance n'est pas sérieusement contestable.
Par deux mémoires en défense, enregistré les 29 août et 20 octobre 2022, le président du centre communal d'action sociale de Chaponost conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- M. B n'exerçait pas ses fonctions au sein de l'EHPAD La Dimerie et ne pouvait, donc, prétendre au bénéfice du complément de traitement indiciaire ;
- subsidiairement, sa créance ne pourrait excéder 280 euros.
Par ordonnance du 17 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- la loi n°2020-1576 du 14 décembre 2020, notamment son article 48 ;
- le décret n°2020-1152 du 19 septembre 2020 ;
- le décret n°2021-166 du 16 février 2021 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 1er juin 2020, M. A B, attaché territorial, a été recruté par le président du centre communal d'action sociale de Chaponost, sur l'emploi d'adjoint au responsable " finances/ressources humaines ". Le 16 juillet 2020, le président du CCAS a donné délégation de signature à M. B, en sa qualité de responsable financier du CCAS et de l'EHPAD, pour signer des bons de commande d'un montant inférieur à 500 euros HT. M. B, estimant pouvoir prétendre, au titre de ces fonctions, au complément de traitement indiciaire prévu par le décret n°2020-1152 du 19 septembre 2020, demande au juge des référés de condamner le CCAS de Chaponost à lui verser une indemnité provisionnelle de 2 589,97 euros à ce titre.
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. () ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
3. En premier lieu, la circonstance que la lettre refusant de verser à M. B le complément de traitement indiciaire n'émane pas du président du CCAS de Chaponost, mais du maire de la commune, ne confère pas au requérant, en tout état de cause, un droit au bénéfice de ce complément.
4. En second lieu, d'une part, le décret n° 2020-1152 du 19 septembre 2020 a institué un complément de traitement indiciaire versés aux agents des établissements publics de santé, des groupements de coopération sanitaire et des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes de la fonction publique hospitalière. M. B n'étant pas agent de la fonction publique hospitalière ne pouvait prétendre, sur ce fondement, au bénéfice de ce complément de traitement. D'autre part, le décret n° 2021-166 du 16 février 2021, modifiant le décret du 19 septembre 2020, a instauré, rétroactivement à septembre 2020, un complément de traitement indiciaire au bénéfice des agents publics non médicaux titulaires et contractuels, ouvriers d'Etat, des fonctions publiques d'Etat, territoriale et hospitalière ainsi qu'aux militaires exerçant dans les établissements publics de santé, les groupements de coopération sanitaire, les hôpitaux des armées, l'Institution nationale des invalides et les établissements d'hébergement pour personnages âgées dépendantes créés ou gérés par des établissements publics de santé ou par des collectivités territoriales ou leurs groupements. L'article 3 de ce décret a pour objet de réserver ce complément de traitement indiciaire aux agents exerçant au sein des établissements publics de santé, des groupements de coopération sanitaire et des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes de la fonction publique hospitalière.
5. Il résulte de l'instruction, notamment de l'organigramme de la commune et du CCAS et de la fiche de poste de M. B, que ce dernier a en charge, sous l'autorité d'un autre cadre administratif, la gestion financière budgétaire et comptable du CCAS et de l'EHPAD. En l'absence du directeur de l'EHPAD, il assure la continuité de la direction. Il n'est pas sérieusement contesté que ces fonctions conduisaient M. B à se rendre une fois par semaine à l'EHPAD pour y travailler avec la directrice de l'établissement sur les questions administratives et financières. Si des raisons d'imputation budgétaire de la charge de travail du CCAS consacrée à l'EHPAD ont conduit, probablement, pour le calcul du tarif d'hébergement de l'EHPAD, à imputer le traitement d'un attaché territorial dans la masse de ses dépenses et dans le tableau de ses effectifs, M. B, dont la rémunération a été retenue à ce titre, ne peut néanmoins être regardé comme ayant exercé son emploi au sein de l'EHPAD la Dimerie.
6. Il résulte de ce qui précède que la créance que M. B estime détenir à l'encontre du CCAS au titre du complément de traitement indiciaire n'est pas non sérieusement contestable.
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du CCAS de Chaponost, qui n'est pas dans la présente instance, la partie perdante, à verser à M. B. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre une somme à la charge de M. B à verser sur ce même fondement au CCAS de Chaponost.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du contre communal d'action sociale de Chaponost fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au centre communal d'action sociale de Chaponost.
Fait à Lyon le 13 décembre 2022.
La juge des référés
A. Wolf
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026