lundi 25 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2205620 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL BAUDELET & PINET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juillet 2022, M. A B et la commune de La Voulte sur Rhône, représentés par Me Anne-Valérie Pinet, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution
- de l'arrêté du 23 juin 2022 par lequel le président de la communauté d'agglomération Privas Centre Ardèche a retiré les délégations de fonctions consenties à M. B, 3e vice-président, à compter du 1er juillet,
- de la délibération du 6 juillet 2022 par laquelle le conseil communautaire a décidé de ne pas maintenir M. B dans ses fonctions de 3e vice-président,
jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, à la communauté d'agglomération Privas Centre Ardèche, de rétablir M. B dans ses fonctions de 3e vice-président ;
3°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Privas Centre Ardèche une somme de 2 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par les requérants, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
3. Au soutien de leur demande de suspension de l'exécution des décisions litigieuses, les requérants se bornent à faire valoir que la vice-présidence dont M. B est privé depuis le 1er juillet est actuellement vacante, que la désignation d'un autre élu à sa vice-présidence ne pourra être soumise au vote du conseil communautaire que lors de la prochaine réunion qui se tiendra le 4 septembre 2022 et que si un nouvel élu est nommé à sa vice-présidence il sera très difficile de lui retirer sa délégation et de réunir un conseil communautaire pour statuer, et enfin que M. B est privé de son indemnité de vice-président de 840 euros. Ce faisant, les requérants n'apportent pas de justifications suffisantes de nature à établir l'existence d'une situation d'urgence, qui ne résulte pas davantage de la nature et de la portée des décisions litigieuses.
4. Il suit de là, sans qu'il soit besoin d'examiner si l'un des moyens invoqués est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions contestées, qu'il y a lieu de rejeter la requête, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du même code.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. A B et la commune de La Voulte sur Rhône est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à la commune de La Voulte sur Rhône et à la communauté d'agglomération Privas Centre Ardèche.
Fait à Lyon, le 25 juillet 2022.
La présidente du tribunal, juge des référés,
G. Verley-Cheynel
La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
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