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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2205842

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2205842

jeudi 18 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2205842
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantSCP LONQUEUE SAGALOVITSCH EGLIE-RICHTERS & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 juillet 2022, ensemble des mémoires complémentaires enregistrés les 12 août 2022 et 18 août 2022, la SCI DG immobile, représentée par la SELARL Asterio (Me Bracq), demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 4 juillet 2022 par laquelle la directrice générale de l'établissement public foncier de l'Ouest Rhône-Alpes (EPORA) a exercé le droit de préemption urbain à l'occasion de la déclaration d'intention d'aliéner les biens cadastrés section AR n° 17, 23 et 24, rue Jules Ferry et au lieu-dit " Le Pontet " sur le territoire de la commune de Saint-Symphorien d'Ozon (Rhône), jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) de mettre à la charge de l'EPORA une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société requérante soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :

- l'urgence doit être présumée, peu important qu'elle soit adjudicataire ; elle est en tout état de cause acquise compte tenu de l'importance de l'acquisition des parcelles en litige pour permettre à la société Eiffage de développer son activité et des conditions financières de l'opération ;

- la décision est entachée d'incompétence faute que soit établie la publicité régulière de l'arrêté du 10 mai 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-Symphorien d'Ozon a délégué le droit de préemption ; cet arrêté lui a pas davantage été notifié ; aucun projet au sens des articles L. 210-1 et L. 300-1 du code de l'urbanisme n'est établi ; en admettant l'existence d'un projet, il ne relève pas de la compétence de la commune ; le projet ne porte pas sur chacune des parcelles ; la décision est entachée d'erreur de fait dès lors qu'elle se fonde sur une pollution du site qui n'est pas établie ; la décision de préemption méconnait les articles 2 et 4 du décret 98-923 en l'absence de la convention prévue et notamment de stipulation sur le rachat des biens préemptés par l'établissement.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 août 2022, l'établissement public foncier de l'Ouest Rhône-Alpes (EPORA), représenté par la SCP Lonqueue - Sagalovitsch - Eglie-Richters et associés (Sensei avocats) (Me Azogui), conclut :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

L'EPORA soutient que :

- l'urgence n'est pas établie ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 29 juillet 2022 sous le numéro 2205843 par laquelle la société requérante demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme et notamment ses articles L. 321-1 et suivants et R. 321-1 et suivants ;

- le décret n°98-923 du 14 octobre 1998 portant création de l'Etablissement public foncier de l'Ouest Rhône-Alpes (EPORA) ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Stillmunkes, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Oudji, greffière d'audience, M. A a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Temps représentant la société DG Immobile ; il indique abandonner le premier moyen, tiré du défaut de publicité de l'arrêté de délégation ;

- les observations de Me Abadie représentant l'EPORA ;

- et les observations de Me Desseigne représentant la SCI JAM.

L'instruction a été close au terme de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

2. Par jugement du 12 novembre 2018 devenu définitif, le tribunal de grande instance de Lyon a décidé la licitation de plusieurs lots de parcelles, dont le lot constitué des parcelles cadastrées AR 17, AR 23 et AR 24, situées sur le territoire de la commune de Saint-Symphorien d'Ozon Par la décision contestée, l'établissement public foncier de l'Ouest Rhône-Alpes (EPORA), auquel la commune de Saint-Symphorien d'Ozon a délégué l'exercice du droit de préemption par arrêté du maire du 10 mai 2022, a exercé le droit de préemption sur la cession de cet ensemble de parcelles, à l'occasion de la déclaration d'intention d'aliéner émise dans le cadre de leur adjudication. Cette décision est intervenue dans le cadre défini par une convention conclue le 18 juillet 2018 avec cette commune et la communauté de communes des pays de l'Ozon. La décision de préemption expose que, dans le contexte d'un déficit foncier économique dans le secteur, l'ancien site industriel implanté sur ces parcelles devra être démoli et dépollué, en vue de sa requalification, et que sera alors recherché l'implantation d'activités d'artisanat et de petite industrie en tenant compte de la stratégie globale en matière de développement économique définie par la communauté de communes du Pays d'Ozon, ce site ayant été identifié dès 2017 comme stratégique. La société requérante, qui est adjudicataire et indique souhaiter acquérir les parcelles dans le cadre d'un projet de développement du groupe Eiffage, demande la suspension de cette décision de préemption.

3. En l'état de l'instruction et eu égard à l'office du juge des référés, aucun des moyens susvisés et que la société requérante a maintenus, n'apparait de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée. La requête en référé suspension doit en conséquence être rejetée, en toutes ses conclusions.

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par l'EPORA sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la SCI DG Immobile est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par l'établissement public foncier de l'Ouest Rhône-Alpes (EPORA) sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SCI DG immobile, à l'établissement public foncier de l'Ouest Rhône-Alpes (EPORA) et à la SCI JAM représentée par son liquidateur la SELARL AJ UP (Me Buisine).

Copie en sera adressée à la SELARL Asterio, à la SCP Lonqueue - Sagalovitsch - Eglie-Richters et associés (Sensei avocats) et à la SCP Desseigne et Zotta.

Fait à Lyon, le 18 août 2022.

Le juge des référés,

H. A

La greffière,

N. Oudji

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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