mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2206101 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CHANON LELEU ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 9 août 2022 et 4 septembre 2023, la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon, représentée par Me Chanon, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 7 mars 2022 du recteur de l'académie de Lyon refusant de lui verser l'accompagnement financier mis en place par la loi n°2019-791 du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance ensemble la décision du 20 juillet 2022 rejetant son recours gracieux contre ce refus ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 216 723 euros en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité de ces décisions ou à titre subsidiaire la somme de 94 377,54 euros ;
3°) de mettre la somme de 4 000 euros à la charge de l'Etat sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Sainte-Foy-lès-Lyon soutient que :
- la requête est recevable, le contentieux indemnitaire ayant été lié par une réclamation du 9 août 2022 reçue par les services de l'Etat le 16 août 2022 ;
- les conclusions indemnitaires sont connexes aux conclusions à fin d'annulation ;
- les décisions en litige méconnaissent les dispositions de l'article 17 de la loi n°2019-791 du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance ;
- le surcoût de sa participation pour les écoles privées sous contrat a augmenté de 72 241 euros entre les années scolaires 2018-2019 et 2019-2020 ;
- elle a subi un préjudice financier correspondant à trois années de compensation, soit 216 723 euros ;
- à titre subsidiaire, les coûts supplémentaires supportés par la commune du fait de l'édiction de la loi n°2019-791 du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance s'élèvent à 31 459,58 euros par an. Elle peut donc prétendre au versement de la somme de 94 377,54 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 juin et 26 septembre 2023, le recteur de l'académie de Lyon, recteur de la région académique Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions à fin d'indemnisation sont irrecevables en l'absence de réclamation indemnitaire préalable ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'éducation ;
- la loi n°2019-791 du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rizzato, première conseillère,
- les conclusions de Mme Tocut, rapporteure publique,
- et les observations de Me Luzineau pour la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon ;
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Sainte-Foy-lès-Lyon a par courrier électronique du 30 septembre 2020, demandé l'attribution des ressources prévues par l'article 17 de la loi du 26 juillet 2019 susvisée. Elle demande, dans le dernier état de ses écritures, l'annulation de la décision du 7 mars 2022 du recteur de l'académie de Lyon refusant de faire droit à sa demande et la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 216 723 euros en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité de ce refus ou subsidiairement la somme de 94 377,54 euros.
2. Aux termes des dispositions de l'article 11 de la loi du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance : " Le premier alinéa de l'article L. 131-1 du code de l'éducation est ainsi rédigé : " L'instruction est obligatoire pour chaque enfant dès l'âge de trois ans et jusqu'à l'âge de seize ans. " ". Aux termes de l'article 17 de la même loi : " L'Etat attribue de manière pérenne à chaque commune les ressources correspondant à l'augmentation des dépenses obligatoires qu'elle a prises en charge en application des articles L. 212-4, L. 212-5 et L. 442-5 du code de l'éducation au titre de l'année scolaire 2019-2020 par rapport à l'année scolaire 2018-2019 dans la limite de la part d'augmentation résultant directement de l'abaissement à trois ans de l'âge de l'instruction obligatoire. La réévaluation de ces ressources peut être demandée par une commune au titre des années scolaires 2020-2021 et 2021-2022. / Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités d'application du présent article. ". Aux termes de l'article R. 442-44 du code de l'éducation, dans sa version applicable avant l'entrée en vigueur de cette loi : " () En ce qui concerne les classes maternelles ou enfantines, la commune siège de l'établissement, si elle a donné son accord à la conclusion du contrat, est tenue d'assumer, pour les élèves domiciliés dans la commune et dans les mêmes conditions que pour les classes maternelles ou enfantines publiques, les dépenses de fonctionnement (matériel) des classes sous contrat, sous réserve des charges afférentes aux personnels enseignants rémunérés directement par l'Etat. Pour les élèves non domiciliés dans la commune siège de l'établissement, leurs communes de résidence peuvent également participer, par convention, aux dépenses de fonctionnement de ces classes, sous réserve des dispositions de l'article R. 442-47. ".
3. Les dispositions de la loi du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance instaurent une différence de traitement entre les communes, selon qu'elles finançaient ou non des classes maternelles avant l'abaissement à trois ans de l'âge de l'instruction obligatoire. Les communes qui n'en finançaient aucune bénéficient, en application des dispositions de l'article 17 de cette loi, d'une compensation financière de l'État correspondant à la totalité des charges résultant de cet abaissement. Il en va différemment des communes qui avaient financé de telles classes, soit au sein d'une école élémentaire publique, soit en créant une école maternelle publique, soit en donnant leur accord à la conclusion du contrat liant une école maternelle privée et l'État. Ces dernières communes ne bénéficient d'une compensation qu'à hauteur des charges résultant de l'augmentation du nombre d'élèves scolarisés ou de l'obligation de financer les écoles privées dont le contrat d'association n'avait pas été approuvé par la commune.
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon avait, préalablement à l'intervention de la loi du 26 juillet 2019, approuvé les contrats d'association de deux écoles maternelles privées se situant sur son territoire. Elle devait donc, en application des dispositions précitées de l'article R. 442-44 du code de l'éducation alors en vigueur, financer les dépenses de fonctionnement des classes dans les mêmes conditions que pour les classes publiques. D'autre part, le nombre total d'élèves scolarisés dans des classes préélémentaires a diminué à la rentrée 2019 dans la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon. L'augmentation des charges dont la commune se prévaut ne résulte donc ni de l'augmentation du nombre d'élèves scolarisés, ni de l'obligation pour elle de financer des écoles dont elle n'avait pas approuvé le contrat auparavant. Ainsi elle ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de la compensation financière prévue à l'article 17 de la loi du 26 juillet 2019.
5. Il résulte de ce qui précède que la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 7 mars 2022 du recteur de l'académie de Lyon refusant de faire droit à sa demande de versement. Ses conclusions à fin d'annulation et de condamnation de la commune à lui verser une somme au titre de l'article 17 doivent dès lors, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, être rejetées ainsi que ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon et au recteur de l'académie de Lyon.
Délibéré après l'audience du 19 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Rizzato, première conseillère,
Mme Gros, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
La rapporteure,
C. Rizzato
Le président,
M. ClémentLa greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026