LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2206354

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2206354

mardi 19 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2206354
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantMOUTOUSSAMY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 août 2022, 28 juin 2023, 4 juillet 2023, 6 octobre 2023 et 16 octobre 2023, M. A B, représenté par Me Moutoussamy, demande au tribunal :

1°) d'ordonner une médiation administrative ;

2°) d'ordonner avant-dire droit à la commune de Saint-Martin-en-Haut de produire le bon de commande et la facture relatifs à la prestation d'élagage de sa haie ;

3°) d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande d'indemnisation ;

4°) d'enjoindre à la commune de Saint-Martin-en-Haut de procéder à la remise en état de sa haie ;

5°) de condamner la commune de Saint-Martin-en-Haut à lui verser la somme totale de 18 500 euros en réparation des préjudices qu'il a subis du fait de l'élagage de sa haie de thuyas.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la responsabilité de la commune de Saint-Martin-en-Haut, qui a procédé à l'élagage de la haie de thuyas située sur sa propriété, est engagée ;

- la commune de Saint-Martin-en-Haut doit être condamnée à lui verser la somme de 500 euros au titre de son préjudice moral et la somme de 18 000 euros au titre de son préjudice financier ;

- il sera enjoint à la commune de Saint-Martin-en-Haut de remettre en état sa haie, en procédant à l'arrachage des arbres, à leur dessouchage et à la replantation de cyprès d'une hauteur comprise entre 1 mètre et 1 mètre 50, sous sa supervision.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 mars 2023, 20 juillet 2023, 13 octobre 2023 et 19 octobre 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la commune de Saint-Martin-en-Haut, représentée par la Selarl Legitima (Me Cossalter), conclut au rejet de la requête, à ce que M. B soit condamné à lui verser la somme de 360 euros, correspondant aux frais exposés pour l'élagage de sa haie, et à ce qu'une somme de 3 240 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, la requête de M. B est tardive ;

- les conclusions à fin d'annulation sont irrecevables, dès lors que la décision attaquée avait pour seul objet de lier le contentieux ;

- la demande de médiation est irrecevable, dès lors qu'elle ne peut être imposée à la commune ;

- la demande de production avant-dire droit de documents est irrecevable, dès lors qu'il appartient au requérant de saisir la commission d'accès aux documents administratifs ;

- les conclusions à fin d'injonction sont irrecevables ;

- elle n'a commis aucune faute en procédant à l'élagage de la haie du requérant, laquelle présentait une dangerosité pour la circulation sur la voie communale ;

- le requérant a commis une faute, du fait de l'implantation de sa haie à moins de deux mètres de la voie publique, et en ne procédant pas à son entretien ;

- il ne démontre pas que sa haie soit en état de dépérissement ;

- ses conclusions reconventionnelles sont recevables.

Par lettre du 13 octobre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions reconventionnelles présentées par la commune de Saint-Martin-en-Haut, dès lors qu'une personne publique n'est pas recevable à demander au juge administratif de prononcer une mesure qu'elle a elle-même le pouvoir de prendre.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code civil ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la voirie routière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boulay, première conseillère,

- et les conclusions de M. Habchi, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B est propriétaire d'une parcelle cadastrée AK116 sur le territoire de la commune de Saint-Martin-en-Haut, dans le département du Rhône. Sa propriété, qui comprend une maison avec jardin, est bordée par une haie de thuyas le long de la voie communale dite " Chavagneux ". A l'été 2021, la commune de Saint-Martin-en-Haut a procédé à l'élagage de cette haie depuis la voie communale. Par un courrier du 5 mars 2022, M. B a demandé à la commune la remise en état de sa haie et l'indemnisation de ses préjudices. M. B demande au tribunal d'ordonner avant-dire droit à la commune de Saint-Martin-en-Haut de produire le bon de commande et la facture relatifs à la prestation d'élagage de sa haie, d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande d'indemnisation, d'enjoindre à la commune de Saint-Martin-en-Haut de procéder à la remise en état de sa haie et de condamner la commune de Saint-Martin-en-Haut à lui verser la somme totale de 18 500 euros en réparation des préjudices qu'il a subis du fait de l'élagage de sa haie de thuyas.

Sur la demande de médiation :

2. Aux termes de l'article L. 213-1 du code de justice administrative : " La médiation régie par le présent chapitre s'entend de tout processus structuré, quelle qu'en soit la dénomination, par lequel deux ou plusieurs parties tentent de parvenir à un accord en vue de la résolution amiable de leurs différends, avec l'aide d'un tiers, le médiateur, choisi par elles ou désigné, avec leur accord, par la juridiction ". Aux termes de l'article L. 213-7 du même code : " Lorsqu'un tribunal administratif ou une cour administrative d'appel est saisi d'un litige, le président de la formation de jugement peut, après avoir obtenu l'accord des parties, ordonner une médiation pour tenter de parvenir à un accord entre celles-ci " et aux termes de l'article R. 213-5 du même code : " Lorsque le juge estime que le litige dont il est saisi est susceptible de trouver une issue amiable, il peut à tout moment proposer une médiation. Il fixe aux parties un délai pour répondre à cette proposition ".

3. Dans les circonstances de l'espèce, alors notamment que la commune de Saint-Martin-en-Haut est opposée à une telle mesure, il n'y a pas lieu d'ordonner une médiation. Les conclusions présentées en ce sens par M. B doivent donc être rejetées.

Sur la responsabilité de la commune :

4. Aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs. ". Aux termes de l'article L. 2212-2 du même code : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues () et voies publiques () ". Aux termes de l'article L. 2212-4 du même code : " En cas de danger grave ou imminent, tel que les accidents naturels prévus au 5° de l'article L. 2212-2, le maire prescrit l'exécution des mesures de sûreté exigées par les circonstances. () ". Aux termes de l'article L. 2212-2-2 de ce code : " Dans l'hypothèse où, après mise en demeure sans résultat, le maire procéderait à l'exécution forcée des travaux d'élagage destinés à mettre fin à l'avance des plantations privées sur l'emprise des voies communales afin de garantir la sûreté et la commodité du passage, les frais afférents aux opérations sont mis à la charge des propriétaires négligents. ".

5. Il résulte de l'instruction que la haie de thuyas bordant la propriété de M. B le long de la voie communale dite " Chavagneux ", située à l'intérieur de sa parcelle, a été arasée jusqu'à mi-hauteur dans le cadre des travaux d'élagage de cette haie, menés par la commune de Saint-Martin-en-Haut durant l'été 2021. Cette intervention de la commune était justifiée par l'absence d'entretien de la haie par le requérant et par le fait qu'elle était située à moins de deux mètres de la voirie routière.

6. Contrairement à ce que fait valoir la commune, ni l'attestation du maire, ni les photographies produites ne permettent de caractériser un danger grave ou imminent au sens des dispositions précitées du code général des collectivités territoriales ou que la commune aurait fait précéder ces travaux d'une mise en demeure restée infructueuse, de nature à justifier leur réalisation, alors même qu'il résulte des photographies produites qu'elle était implantée à moins de deux mètres de la voirie routière, ce qui constitue au demeurant un motif de contravention en application des dispositions de l'article R.116-2, 5° du code de la voirie routière. Toutefois, contrairement à ce qu'allègue M. B, qui demande la replantation de cette haie, il ne résulte pas de l'instruction, notamment des différentes photographies produites par les parties, qui attestent que les arbres continuent de croître en leur sommet, que cette haie de thuyas serait dans un état de dépérissement définitif, plus de deux ans après la réalisation en litige. Dans ces conditions, il n'est pas justifié de l'existence d'un dommage dont le requérant pourrait demander la réparation. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées par la commune, les conclusions indemnitaires de M. B ne peuvent qu'être rejetées, sans qu'il soit besoin d'ordonner avant-dire droit la production du bon de commande et de la facture relatifs à l'élagage réalisé par la commune.

Sur la demande d'injonction :

7. La personne qui subit un préjudice direct et certain du fait du comportement fautif d'une personne publique peut former devant le juge administratif une action en responsabilité tendant à ce que cette personne publique soit condamnée à l'indemniser des conséquences dommageables de ce comportement. Elle peut également, lorsqu'elle établit la persistance du comportement fautif de la personne publique responsable et du préjudice qu'elle lui cause, assortir ses conclusions indemnitaires de conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la personne publique en cause de mettre fin à ce comportement ou d'en pallier les effets.

8. Il résulte de ce qui a été énoncé précédemment qu'il n'est pas établi à la date du présent jugement, au vu notamment des seules photographies versées au dossier et datant de plus de deux ans après l'élagage en litige, que l'état de la haie de thuyas justifierait qu'il soit enjoint à la commune de Saint-Martin-en-Haut de la remettre en état. Par suite, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'indemnisation et d'injonction présentées par M. B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'annulation de la décision implicite par laquelle sa demande préalable d'indemnisation a été rejetée doivent également être rejetées.

Sur les conclusions reconventionnelles :

10. Une personne publique n'étant pas recevable à demander au juge administratif de prononcer une mesure qu'elle a elle-même le pouvoir de prendre, les conclusions de la commune de Saint-Martin-en-Haut tendant à ce que M. B soit condamné à lui verser la somme de 360 euros correspondant aux frais exposés lors de l'élagage de sa haie sont irrecevables et doivent être rejetées comme telles.

Sur les frais liés au litige :

11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Saint-Martin-en-Haut présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions reconventionnelles ainsi que les conclusions sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative présentées par la commune de Saint-Martin-en-Haut sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Saint-Martin-en-Haut.

Délibéré après l'audience du 5 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Vaccaro-Planchet, présidente,

Mme Soubié, première conseillère,

Mme Boulay, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.

La rapporteure,

P. Boulay

La présidente,

V. Vaccaro-Planchet La greffière,

S. Rivoire

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions