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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2206932

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2206932

mardi 17 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2206932
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJU 5ème chambre
Avocat requérantCHARTIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 septembre 2022 et 27 septembre 2023, Mme A B, représentée par Me Chartier, demande au tribunal :

1°) de condamner la caisse d'allocations familiales du Rhône à lui verser la somme de 1 500 euros en réparation du préjudice moral qu'elle a subi du fait de la faute de gestion commise par la caisse d'allocations familiales du Rhône ;

2°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Rhône le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la caisse d'allocations familiales du Rhône a commis une faute de gestion en ne tenant pas compte du changement de situation qu'elle avait signalé ;

- la responsabilité de la caisse d'allocations familiales du Rhône est engagée du fait de cette faute de gestion ;

- son préjudice moral doit être évalué à la somme de 1 500 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- si elle a commis une erreur de traitement le 17 septembre 2021, aucune faute de gestion dans le dossier de l'allocataire ne lui est imputable ;

- le lien de causalité entre les fautes alléguées et le préjudice ainsi que la réalité du préjudice moral ne sont pas établis.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Boulay, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Boulay, présidente.

Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, née le 28 juin 1977, a transmis au mois de juin 2021 une déclaration de grossesse à la caisse d'allocations familiales du Rhône. La caisse d'allocations familiales du Rhône a demandé à la requérante, par un courrier du 24 février 2022, de procéder à la déclaration de la naissance de l'enfant. Par un courrier du 9 mars 2022, Mme B a adressé une demande préalable d'indemnisation à la caisse d'allocations familiales du Rhône, qui a été rejetée le 7 juillet 2022 par le médiateur de la caisse d'allocations familiales. Mme B demande au tribunal la condamnation de la caisse d'allocations familiales du Rhône à lui verser la somme de 1 500 euros en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi.

Sur la responsabilité :

2. Il résulte de l'instruction que Mme B, après avoir transmis une déclaration de grossesse à la caisse d'allocations familiales du Rhône au mois de juin 2021, a été contrainte de subir une interruption médicale de grossesse le 5 août 2021. Il n'est pas contesté que Mme B en a informé la caisse dès le mois d'août 2021, en transmettant un certificat médical d'interruption médicale de grossesse, puis par un courriel du 16 décembre 2021. La caisse d'allocations familiales du Rhône, bien qu'ayant traité cette information le 17 septembre 2021, n'a pas procédé à l'actualisation de la situation de l'assurée et lui a adressé plusieurs courriers automatisés, datés des 28 septembre 2021, 15 décembre 2021 et 24 février 2022, respectivement pour l'informer qu'elle n'avait pas droit à la prime de naissance, des prestations auxquelles elle aura droit à la naissance, puis pour lui demander de procéder à la déclaration de la naissance, avant que sa situation ne soit finalement régularisée à compter du 24 février 2022. En ne tenant pas compte du changement de situation régulièrement déclaré par la requérante, alors qu'il lui incombait de procéder à l'actualisation de sa situation dans un délai raisonnable, la caisse d'allocations familiales du Rhône a commis une faute de nature à entraîner sa responsabilité.

3. Il résulte de l'instruction que Mme B a été psychologiquement affectée par l'interruption médicale de sa grossesse, intervenue alors qu'elle était enceinte de cinq mois environ. Les trois courriers que lui a adressé la caisse d'allocations familiales du Rhône respectivement deux, cinq et sept mois après avoir été informée par la requérante, ont été de nature, eu égard aux termes employés, à aggraver le trouble psychologique subi du fait de cette interruption de grossesse, en lui rappelant l'évènement difficile qu'elle avait subi. Dans ces conditions, Mme B est fondée à solliciter une indemnisation de ce préjudice moral, dont il sera fait une juste appréciation en le fixant à la somme de 300 euros.

4. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander la condamnation de la caisse d'allocations familiales du Rhône à lui verser la somme de 300 euros.

Sur les frais liés au litige :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Rhône une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La caisse d'allocations familiales du Rhône est condamnée à verser à Mme B la somme de 300 (trois cents) euros.

Article 2 : La caisse d'allocations familiales du Rhône versera à Mme B une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.

La magistrate désignée,

P. BoulayLa greffière,

S. Rivoire

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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