lundi 26 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2207005 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCP BALAS & METRAL AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
I.- Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 16 septembre 2022 et le 17 juillet 2023 sous le n° 2207005, Mme A D épouse B, représentée par la Selarl DNL Avocats, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Deux-Grosnes à lui verser la somme de 15 070,80 euros ou, à titre subsidiaire, la somme de 10 808 euros en réparation des préjudices d'ordre moral et financier que le comportement fautif de la commune lui a causés ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Deux-Grosnes la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité pour faute de la commune est engagée au titre de son recrutement tardif et de ses conditions d'emploi ;
- les préjudices qu'elle a subis peuvent être évalués à 15 070,80 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés les 2 juin, 31 octobre et 24 novembre 2023, la commune de Deux-Grosnes, représentée par la société d'avocats Balas, Metral et associés, conclut au rejet de la requête, subsidiairement à ce que les montants alloués soient ramenés à de plus justes proportions, et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la requête n'est pas fondée.
II.- Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 16 septembre 2022 et 28 février 2024 sous le n° 2207009, M. C B, représenté par la Selarl DNL Avocats, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Deux-Grosnes à lui verser la somme de 32 522,20 euros, ou subsidiairement la somme de 15 671 euros, en réparation des préjudices d'ordre moral et financier que le comportement fautif de la commune lui a causés ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Deux-Grosnes la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité pour faute de la commune est engagée au titre de ses conditions d'emploi ;
- les préjudices financier et moral subis peuvent être évalués à 32 522,20 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés les 2 juin, 31 octobre et 24 novembre 2023 ainsi que le 30 janvier 2014, la commune de Deux-Grosnes, représentée par la société d'avocats Balas, Metral et associés, conclut au rejet de la requête, subsidiairement à ce que les sommes allouées soient ramenées à de plus justes proportions, et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la requête n'est pas fondée.
Vu les pièces des dossiers ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n° 2000-815 du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'Etat et dans la magistrature ;
- le décret n° 2001-623 du 12 juillet 2001 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique territoriale, notamment son article 1er ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Feron,
- les conclusions de Mme de Mecquenem, rapporteure publique,
- et les observations de Me Schiltz pour les requérants, ainsi que celles de Me Michel pour la commune de Deux-Grosnes.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes visées ci-dessus sont relatives à la situation professionnelle des membres d'un même couple employés par la même collectivité et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'elles fassent l'objet d'un seul jugement.
2. Employés par la commune de Deux-Grosnes en qualité d'adjoints techniques stagiaires avant la prise d'effet de leur démission conjointe au mois d'avril 2022, M. et Mme B demandent la condamnation de la commune à leur verser les sommes qu'ils estiment leur être dues et à les indemniser des préjudices qu'ils estiment avoir respectivement subis du fait de leurs conditions d'emploi.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
3. Aux termes de l'article 2 du décret du 25 août 2000 visé ci-dessus, applicable aux agents des collectivités territoriales : " La durée du travail effectif s'entend comme le temps pendant lequel les agents sont à la disposition de leur employeur et doivent se conformer à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles ". Aux termes de l'article 3 du même décret : " I.- L'organisation du travail doit respecter les garanties minimales ci-après définies. / La durée hebdomadaire du travail effectif, heures supplémentaires comprises, ne peut excéder ni quarante-huit heures au cours d'une même semaine, ni quarante-quatre heures en moyenne sur une période quelconque de douze semaines consécutives et le repos hebdomadaire, comprenant en principe le dimanche, ne peut être inférieur à trente-cinq heures. / La durée quotidienne du travail ne peut excéder dix heures (). / L'amplitude maximale de la journée de travail est fixée à douze heures ". Aux termes de l'article 5 du même décret : " Une période d'astreinte s'entend comme une période pendant laquelle l'agent, sans être à la disposition permanente et immédiate de son employeur, a l'obligation de demeurer à son domicile ou à proximité afin d'être en mesure d'intervenir pour effectuer un travail au service de l'administration, la durée de cette intervention étant considérée comme un temps de travail effectif ".
4. Il résulte de l'instruction, en particulier de leur fiche de poste respective, que M. et Mme B avaient la possibilité d'organiser librement leur travail d'entretien et d'exploitation des gîtes communaux en fonction des nécessités de service et, en particulier, de la saison. Si leurs missions consistaient notamment à répondre aux demandes de réservation des gîtes faites par courrier électronique ou par téléphone entre 9 heures et 19 heures, la période concernée ne saurait de ce seul fait être regardée comme une période d'astreinte au sens de l'article 5 du décret du 25 août 2000 et il n'apparaît pas, en tout état de cause, que le volume des demandes reçues au cours de l'année aurait été tel que les requérants auraient de ce fait été amenés à dépasser le nombre d'heures de travail respectivement prévu par les arrêtés les nommant fonctionnaires-stagiaires. Par suite, M. et Mme B ne sont pas fondés à soutenir que la commune de Deux-Grosnes a méconnu les dispositions citées au point précédent relatives à l'encadrement du temps de travail ni à demander le paiement d'heures supplémentaires à ce titre.
5. Alors que, contrairement à ce qu'ils affirment, le lieu d'affectation professionnelle des requérants n'était pas situé à leur domicile personnel mais à Trades pour M. B et à Ouroux et Saint-Jacques-des-Arrêts pour Mme B, ceux-ci ne sont pas fondés à réclamer l'indemnisation des frais qu'ils disent avoir exposés pour effectuer les trajets de leur domicile à leur lieu de travail.
6. Si Mme B soutient que la commune a commis une faute en ne la nommant fonctionnaire-stagiaire qu'à compter du 1er juillet 2021 et l'a privée en conséquence de rémunération au mois de juin 2021, la seule production par la requérante d'un courrier électronique du 14 mai 2021 reprenant ses propres déclarations ne suffit pas pour considérer que la commune se serait engagée sur la date de sa nomination alors qu'il est constant que le contrat de travail au bénéfice duquel Mme B s'était vu confier l'entretien des écoles municipales d'Ouroux à compter du mois de janvier 2021 courait lui-même jusqu'au mois de juillet 2021. Par suite, les conclusions de la requérante fondées sur le retard fautif mis par la commune pour la nommer ne peuvent être accueillies.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'indemnisation présentées par M. et Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de la commune de Deux-Grosnes, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Deux-Grosnes sur le fondement de ces mêmes dispositions.
DECIDE :
Article 1er : La requête n° 2207005 de Mme B et les conclusions présentées par la commune de Deux-Grosnes dans cette instance sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 2 : La requête n° 2207009 de M. B et les conclusions présentées par la commune de Deux-Grosnes dans cette instance sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D épouse B, à M. C B et à la commune de Deux-Grosnes.
Délibéré après l'audience du 27 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Feron, première conseillère.
La rapporteure,
C. FeronLe président,
A. GilleRendu public par mise à disposition au greffe le 26 août 2024.
La greffière,
F. de Biasi
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Nos 2207005-2207009
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026