LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2207303

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2207303

vendredi 29 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2207303
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantERDOGAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 27 septembre 2022, enregistrée au greffe du tribunal le 28 septembre 2022, la présidente de la 3ème chambre du tribunal administratif de Grenoble a transmis au tribunal, en application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. A B.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Grenoble le 16 septembre 2022, et deux mémoires, enregistrés au greffe du tribunal les 16 et 24 octobre 2023, M. B, représenté par Me Erdogan, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner l'État à lui verser la somme totale de 25 000 euros, assortie des intérêts moratoires à compter du 2 juin 2022, en réparation de l'ensemble des préjudices qu'il estime avoir subis du fait :

- du refus des services du rectorat de l'académie de Grenoble " d'engager " une " procédure de licenciement " suite à " la déclaration de son inaptitude définitive " ;

- de la délivrance tardive d'une attestation employeur destinée à Pôle emploi ;

- du caractère erroné des mentions portées sur cette attestation ;

- et de l'absence d'information sur ses droits à la retraite ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable, dès lors qu'il justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour agir compte tenu de ce qu'il n'a pu obtenir la régularisation de sa situation en dépit de ses efforts et qu'il subit un préjudice financier ;

- les services du rectorat de l'académie de Grenoble ont commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'État en refusant d'engager à son encontre une procédure de licenciement pour inaptitude définitive ; en effet :

• suite à l'épuisement de ses droits à congés à compter du 23 mars 2020, il n'a pas été reclassé et n'a pas demandé à bénéficier d'un reclassement compte tenu de ce qu'il était inapte à toutes fonctions ;

• les services de l'académie de Grenoble n'ayant jamais répondu à sa mise en demeure tendant à l'engagement d'une procédure de licenciement pour inaptitude et sa procédure en référé liberté n'ayant pas abouti, il n'est ni licencié, ni rémunéré, ni même indemnisé par la prévoyance alors que son état de santé nécessite des frais importants ;

• de nombreux mois se sont écoulés depuis l'arrêté du 27 mai 2020 par lequel le recteur de l'académie de Grenoble a décidé que son contrat de travail à durée indéterminée cessait de produire ses effets à compter du 25 mars 2020 compte tenu de l'inaptitude à ses fonctions ainsi qu'à toutes fonctions ;

- cette faute lui a causé un préjudice moral et financier pouvant être estimé à la somme totale de 25 000 euros ;

- il n'a pas été mis en mesure de bénéficier de l'intégralité de ses droits suite à sa déclaration d'inaptitude définitive ; en effet :

• il n'a jamais été convoqué à un entretien préalable comme le prévoit l'article 17 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 et n'a pas été mis en mesure de consulter ses dossiers médical et individuel ;

• il n'a pas davantage été informé de son droit à la mise à la retraite anticipée pour inaptitude définitive alors qu'elle est possible pour les agents de la fonction publique de l'État, qu'elle aurait pu être demandée d'office par l'administration et qu'il bénéficiait de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ;

• l'attestation employeur destinée à Pôle emploi ne lui a été remise que le 19 octobre 2023, soit plus de trois années après la date correspondant à la prétendue rupture de son contrat de travail, et elle comporte un motif de rupture erroné qui affecte ses droits ;

• sans cette attestation, ni certificat de travail, il n'a pu bénéficier d'une allocation chômage ;

• les services de l'académie de Grenoble ne lui permettent pas davantage de bénéficier de ses droits à la retraite.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2023, la rectrice de l'académie de Grenoble conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que la requête de M. B est sans objet et par suite irrecevable.

Par un courrier du 26 septembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, d'une prévision d'enrôlement de l'affaire et d'une date prévisionnelle de clôture d'instruction à effet immédiat au plus tôt le 26 octobre 2023.

La clôture de l'instruction est intervenue le 15 janvier 2024.

Par un courrier du 7 mars 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires tendant à la réparation des préjudices subis par M. B du fait d'une part, de la délivrance tardive d'une attestation employeur destinée à Pôle emploi, d'autre part, du caractère erroné des mentions portées sur cette attestation et, enfin, de l'absence d'information sur ses droits à la retraite, dès lors que la demande indemnitaire préalable de l'intéressé se fondant exclusivement sur le " préjudice moral et financier " qu'il estimait avoir subi " du fait " du " refus " des services du rectorat de l'académie de Grenoble " d'engager la procédure de licenciement prévue par le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ", de telles conclusions reposent sur des faits générateurs distincts et constituent des demandes nouvelles, irrecevables à défaut de liaison du contentieux.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code général de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes, ni représentées.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gueguen ;

- et les conclusions de M. Pineau, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. B a été recruté par le lycée professionnel privé Saint-André de Le Teil, établissement privé sous contrat d'association avec l'État, en qualité de maître délégué de l'enseignement privé dans la discipline " Biotechnologies Santé-Environnement ", dans le cadre d'un contrat à durée déterminée (CDD) conclu pour la période allant du 1er septembre 2008 au 31 août 2009, qui sera successivement renouvelé jusqu'au 31 août 2014. Par un contrat à durée indéterminée (CDI) conclu le 2 septembre 2014, l'intéressé a été engagé par le même établissement et en la même qualité à compter du 1er septembre 2014, avant d'être nommé dans ledit établissement dans la discipline " Prévention et sécurité " du 1er septembre 2017 au 31 août 2018 par un arrêté du recteur de l'académie de Grenoble du 10 juillet 2017. Toutefois, M. B ayant été placé puis maintenu en congé de grave maladie du 5 janvier 2015 au 4 janvier 2018 inclus, le comité médical départemental de l'Ardèche a émis, le 28 février 2018, un avis défavorable au renouvellement de ce congé à compter du 5 janvier 2018. Suite à un avis défavorable à son aptitude aux fonctions de maître délégué de l'enseignement privé émis le 25 mars 2020 par le même comité médical, par un arrêté du 27 mai suivant, la rectrice de l'académie de Grenoble a décidé que le CDI de l'intéressé " cesse(rait) de produire : effet à compter du (25 mars 2020) ". Enfin, en dépit de trois mises en demeure restées sans suite, adressées le 13 décembre 2021, les 19 février et 30 mars 2022, à la direction de l'enseignement privé du rectorat de l'académie de Grenoble, par un courrier du 28 mai suivant, dont l'administration a accusé réception le 2 juin 2022, M. B a formé une demande indemnitaire préalable d'un montant de 15 000 euros qui sera implicitement rejetée. Le requérant demande au tribunal de condamner l'État à lui verser la somme totale de 25 000 euros, assortie des intérêts moratoires à compter du 2 juin 2022, en réparation de l'ensemble des préjudices qu'il estime avoir subis du fait, d'une part, du refus des services du rectorat de l'académie de Grenoble " d'engager " une " procédure de licenciement " suite à " la déclaration de son inaptitude définitive " d'autre part, de la délivrance tardive d'une attestation employeur destinée à Pôle emploi, en outre, du caractère erroné des mentions portées sur cette attestation, et, enfin, de l'absence d'information sur ses droits à la retraite.

En ce qui concerne la recevabilité des conclusions indemnitaires tendant à la réparation des préjudices subis par M. B du fait de la délivrance tardive d'une attestation employeur destinée à Pôle emploi, du caractère erroné des mentions portées sur cette attestation et de l'absence d'information de l'intéressé sur ses droits à la retraite :

2. Selon les termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable et peut être rejetée pour ce motif même si, dans son mémoire en défense, l'administration n'a pas soutenu que cette requête était irrecevable, mais seulement que les conclusions du requérant n'étaient pas fondées. En revanche, les termes du deuxième alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative n'impliquent pas que la condition de recevabilité de la requête tenant à l'existence d'une décision de l'administration s'apprécie à la date de son introduction. Cette condition doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle, que cette demande ait été présentée antérieurement ou postérieurement à l'introduction du recours juridictionnel. Par suite, l'intervention d'une telle décision en cours d'instance régularise la requête, sans qu'il soit nécessaire que le requérant confirme ses conclusions et alors même que l'administration aurait auparavant opposé une fin de non-recevoir fondée sur l'absence de décision.

4. La décision par laquelle l'administration rejette une réclamation tendant à la réparation des conséquences dommageables d'un fait qui lui est imputé lie le contentieux indemnitaire à l'égard du demandeur pour l'ensemble des dommages causés par ce fait générateur, quels que soient les chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages invoqués par la victime et que sa réclamation ait ou non spécifié les chefs de préjudice en question. Par suite, la victime est recevable à demander au juge administratif, dans les deux mois suivant la notification de la décision ayant rejeté sa réclamation, la condamnation de l'administration à l'indemniser de tout dommage ayant résulté de ce fait générateur, y compris en invoquant des chefs de préjudice qui n'étaient pas mentionnés dans sa réclamation. En revanche, si une fois expiré ce délai de deux mois, la victime saisit le juge d'une demande indemnitaire portant sur la réparation de dommages causés par le même fait générateur, cette demande est tardive et, par suite, irrecevable. Il en va ainsi alors même que ce recours indemnitaire indiquerait pour la première fois les chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages, ou invoquerait d'autres chefs de préjudice, ou aurait été précédé d'une nouvelle décision administrative de rejet à la suite d'une nouvelle réclamation portant sur les conséquences de ce même fait générateur.

5. Il n'est fait exception à ce qui est dit au point précédent que dans le cas où la victime demande réparation de dommages qui, tout en étant causés par le même fait générateur, sont nés, ou se sont aggravés, ou ont été révélés dans toute leur ampleur postérieurement à la décision administrative ayant rejeté sa réclamation. Dans ce cas, qu'il s'agisse de dommages relevant de chefs de préjudice figurant déjà dans cette réclamation ou de dommages relevant de chefs de préjudice nouveaux, la victime peut saisir l'administration d'une nouvelle réclamation portant sur ces nouveaux éléments et, en cas de refus, introduire un recours indemnitaire dans les deux mois suivant la notification de ce refus. Dans ce même cas, la victime peut également, si le juge administratif est déjà saisi par elle du litige indemnitaire né du refus opposé à sa réclamation, ne pas saisir l'administration d'une nouvelle réclamation et invoquer directement l'existence de ces dommages devant le juge administratif saisi du litige en premier ressort afin que, sous réserve le cas échéant des règles qui gouvernent la recevabilité des demandes fondées sur une cause juridique nouvelle, il y statue par la même décision.

6. En l'espèce, si M. B fait état de ce que les services du rectorat de l'académie de Grenoble ne l'auraient pas " mis en mesure de bénéficier de l'intégralité de ses droits suite à sa déclaration d'inaptitude définitive ", il résulte de l'instruction que la demande indemnitaire préalable adressée par l'intéressé à la direction de l'enseignement privé du rectorat de l'académie de Grenoble, le 2 juin 2022, se fondait exclusivement sur le " préjudice moral et financier " qu'il estimait avoir subi " du fait " du " refus " de ces services " d'engager la procédure de licenciement prévue par le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ". Par suite, ainsi qu'en ont été informées les parties en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, et dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que le requérant aurait effectivement adressé à l'administration, antérieurement ou postérieurement à l'introduction de sa requête, une autre demande indemnitaire relative aux préjudices qu'il estime avoir subis du fait de la délivrance tardive d'une attestation employeur destinée à Pôle emploi, du caractère erroné des mentions portées sur cette attestation et de l'absence d'information sur ses droits à la retraite, ces conclusions indemnitaires, qui reposent sur des faits générateurs distincts, constituent des demandes nouvelles irrecevables à défaut de toute liaison du contentieux et ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne les autres conclusions de la requête :

7. Il résulte du principe général du droit, applicable en particulier aux agents contractuels de droit public, dont s'inspirent tant les dispositions du code du travail relatives à la situation des salariés qui, pour des raisons médicales, ne peuvent plus occuper leur emploi que les règles statutaires applicables dans ce cas aux fonctionnaires, que, lorsqu'il a été médicalement constaté qu'un salarié se trouve de manière définitive atteint d'une inaptitude physique à occuper son emploi, il appartient à l'employeur de le reclasser dans un autre emploi et, en cas d'impossibilité, de prononcer, dans les conditions prévues pour l'intéressé, son licenciement. À cet égard, l'article 17 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'État pris pour l'application des articles 7 et 7 bis de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'État, dans sa rédaction applicable au litige, prévoit que : " () 3° A l'issue d'un congé () de grave maladie, () lorsqu'il a été médicalement constaté par le médecin agréé qu'un agent se trouve, de manière définitive, atteint d'une inaptitude physique à occuper son emploi, le licenciement ne peut être prononcé que lorsque le reclassement de l'agent dans un emploi que la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 autorise à pourvoir par un agent contractuel et dans le respect des dispositions légales régissant le recrutement de ces agents, n'est pas possible. / () b) Lorsque l'administration envisage de licencier un agent pour inaptitude physique définitive, elle convoque l'intéressé à un entretien préalable selon les modalités définies à l'article 47. A l'issue de la consultation de la commission consultative paritaire prévue à l'article 1er-2, elle lui notifie sa décision par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par lettre remise en main propre contre décharge. / Cette lettre précise le motif du licenciement et la date à laquelle celui-ci doit intervenir, compte tenu des droits à congés annuels restant à courir et de la durée du préavis prévu à l'article 46. / Cette lettre invite également l'intéressé à présenter une demande écrite de reclassement, dans un délai correspondant à la moitié de la durée du préavis prévu à l'article 46 et indique les conditions dans lesquelles les offres de reclassement sont susceptibles de lui être adressées. / () 5° Le licenciement ne peut intervenir sans que l'intéressé ait été mis à même de demander la communication de son dossier médical et de son dossier individuel. ".

8. Il résulte de l'instruction que suite à un avis du comité médical départemental de l'Ardèche du 28 février 2018, défavorable au renouvellement du congé de grave maladie de M. B du fait de l'épuisement de ses droits, ce même comité médical, réuni le 25 mars 2020, a émis un avis défavorable à l'aptitude de l'intéressé à ses fonctions au motif que sa pathologie le " rend(ait) inapte à ses fonctions ainsi qu'à toutes fonctions avec un taux d'invalidité de 30 % ". En suivant, par un arrêté du 27 mai 2020, transmis par une lettre du 17 juin suivant adressée par voie recommandée et dont il résulte de l'instruction que M. B a accusé réception au plus tard le 6 juillet 2020, la rectrice de l'académie de Grenoble a mis fin au contrat à durée indéterminée de l'intéressé à compter du 25 mars 2020 en se fondant sur " l'inaptitude à ses fonctions ainsi qu'à toutes fonctions ", le requérant précisant d'ailleurs dans ses écritures ne pas avoir " demandé à bénéficier d'un reclassement " puisqu'il était " inapte à toutes fonctions ". En dépit des mentions maladroites de l'arrêté en litige et dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction, contrairement à ce que soutient le requérant, qu'il aurait " été placé en congé sans rémunération depuis le 23 mars 2020 ", ledit arrêté porte effectivement licenciement pour inaptitude physique définitive et l'autorité rectorale n'était dès lors pas tenue d'engager une nouvelle procédure de licenciement pour inaptitude physique définitive postérieurement à son édiction. Par suite, et alors qu'il ne se prévaut expressément, ni de l'illégalité fautive de cet arrêté du 27 mai 2020, ni de l'irrégularité de la procédure suivie préalablement à cette édiction, ni même de l'illégalité fautive des décisions implicites de rejet de ses trois mises en demeure restées sans suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les services du rectorat de l'académie auraient commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'État en " refusant d'engager " une " procédure de licenciement pour inaptitude définitive " à la suite de la " déclaration de son inaptitude définitive ".

9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Copie en sera adressée, pour information, à la rectrice de l'académie de Grenoble.

Délibéré après l'audience du 15 mars 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,

M. Bertolo, premier conseiller,

M. Gueguen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2024.

Le rapporteur,

C. Gueguen

La présidente,

A. Baux

Le greffier,

J-P. Duret

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions