vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2207343 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | NAILI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 29 septembre 2022, 3 mai 2023 et le 22 janvier 2024, Mme C A, représentée par Me Naili demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier (CH) de Saint-Cyr au Mont d'Or à lui verser une somme totale de 23 400 euros en réparation de ses préjudices, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date d'enregistrement de sa requête avec capitalisation ;
2°) de mettre à la charge du CH de Saint-Cyr au Mont d'Or une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce au bénéfice de la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- sa requête n'est pas tardive et elle a lié le contentieux ;
- le CH de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or a commis une illégalité fautive en omettant de l'informer du non renouvellement de son contrat à durée déterminée avec deux mois de préavis, en méconnaissance de l'article 41 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière ;
- le non-renouvellement de son contrat à durée déterminée par le CH de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or procède d'une discrimination eu égard à son état de grossesse alors que des postes étaient vacants au standard, y compris en contrat à durée indéterminée ;
- le CH employeur a également commis un manquement fautif du fait du retard dans le versement des indemnités journalières durant son arrêt maladie ;
- l'établissement n'a enfin pas mis en œuvre les aménagements de poste préconisés par la médecine de prévention et auxquels elle avait droit ;
- l'ensemble des manquements sont constitutifs de fautes de nature à engager la responsabilité du CH de Saint-Cyr-au-Mont-D'or ;
- elle a ainsi droit à l'indemnisation des troubles dans les conditions d'existence qu'elle a subis à hauteur de 3 400 euros et de son préjudice moral à hauteur de 20 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 octobre 2023 et 14 mars 2024, le centre hospitalier de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, représenté par Me Calvet-Baridon, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est doublement irrecevable en ce qu'elle est tardive et en l'absence de liaison du contentieux par une demande préalable indemnitaire ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 10 février 2023 Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n°91-155 du 6 février 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme B, magistrate rapporteure,
-les conclusions de Mme Fullana Thevenet, rapporteure publique,
- les observations de Me Naili pour Mme A et celles de Me Tetu pour le CH de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or.
Une note en délibéré, enregistrée le 14 septembre 2024 pour Mme A, n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée en tant que standardiste contractuelle au CH de St Cyr-au-Mont-d'Or à compter du 28 septembre 2019. Son contrat à durée déterminée (CDD), initialement signé pour une courte durée, a été prolongée par avenants successifs jusqu'au 30 juin 2020. Un second contrat de travail à durée déterminée a été signé entre le CH et la requérante à compter du 1er juillet 2020 pour une période de 6 mois. Puis, un avenant a prolongé ses fonctions du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2021, sans renouvellement. Par un courrier reçu le 30 septembre 2021, Mme A a annoncé sa grossesse à son employeur et a été placée en arrêt maladie pour la période du 14 octobre au 22 novembre 2021, prolongé à plusieurs reprises jusqu'au 21 janvier 2022. La requérante cherche à engager la responsabilité pour faute du CH de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or et sollicite l'indemnisation des préjudices qu'elle a subis dans le cadre de sa fin de contrat avec son employeur.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense relative à la tardiveté de la requête :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".
3. En vertu de l'article R. 421-2 du code de justice administrative, sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Par dérogation à cette règle, l'article R. 421-3 du même code, dans sa rédaction applicable antérieurement à l'entrée en vigueur du décret du 2 novembre 2016 portant modification du code de justice administrative, disposait que " l'intéressé n'est forclos qu'après un délai de deux mois à compter du jour de la notification d'une décision expresse de rejet : / 1° En matière de plein contentieux () ". Il en résultait que lorsqu'une personne s'était vue tacitement opposer un refus susceptible d'être contesté dans le cadre d'un recours de plein contentieux, ce recours n'était enfermé, en l'état des textes alors en vigueur, dans aucun délai, sauf à ce que cette décision de refus soit, sous forme expresse, régulièrement notifiée à cette personne, un délai de recours de deux mois courant alors à compter de la date de cette notification.
4. Le décret du 2 novembre 2016 a supprimé le 1° de l'article R. 421-3 du code de justice administrative à compter du 1er janvier 2017 et a prévu que les nouvelles dispositions de cet article s'appliqueraient aux requêtes enregistrées à partir de cette date. Il en résulte que, s'agissant des décisions implicites relevant du plein contentieux, la nouvelle règle selon laquelle, sauf dispositions législatives ou réglementaires qui leur seraient propres, le délai de recours de deux mois court à compter de la date à laquelle elles sont nées, est applicable aux décisions nées à compter du 1er janvier 2017.
5. D'autre part, en vertu de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration, ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les dispositions de l'article L. 112-3 de ce code aux termes desquelles " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception ", ni celles de son article L. 112-6 qui dispose que " les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis. () ".
6. Il résulte de l'instruction que Mme A a présenté une première demande indemnitaire auprès du CH de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or qui l'a réceptionnée le 14 mars 2022, , et qui tendait à la réparation des préjudices subis suite au non-renouvellement de son contrat de travail à durée déterminée. Le silence gardé par le CH de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or sur sa demande a fait naître le 14 mai 2022 une décision implicite de rejet, soit postérieurement au 1er janvier 2017. Il résulte des dispositions citées aux points 2 et 5, que le délai de recours contre cette décision expirait le 15 juillet 2022, le délai de recours contentieux de deux mois contre la décision implicite rejetant son recours préalable indemnitaire, ayant commencé à courir dès le 15 mai 2022 et lui étant opposable alors même que l'administration n'a pas accusé réception de sa demande. Si Mme A soutient qu'elle n'aurait pas eu connaissance de la date de réception de sa première demande indemnitaire préalable du 8 mars 2022, elle ne produit toutefois aucune pièce datée permettant d'établir avec certitude qu'à la date du second envoi de sa demande indemnitaire au 19 mai suivant, elle disposait d'informations erronées de la part des services postaux. Par suite, son recours indemnitaire enregistré au greffe du tribunal administratif le 29 septembre 2022 a été présenté après l'expiration du délai de recours, qui expirait le 15 juillet 2022. Enfin, sa seconde demande indemnitaire réceptionnée par le CH de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or le 30 mai 2022 ayant le même objet et ayant trait au même fait générateur de responsabilité que sa précédente demande, la décision la rejetant présente, de ce fait, le caractère d'une décision confirmative non susceptible de rouvrir le délai de recours contentieux. Il suit de là que la requête de Mme A est tardive et doit être rejetée comme étant irrecevable.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du centre hospitalier de de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentée par le CH de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au centre hospitalier de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or.
Copie en sera adressée à Me Naili.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Pascale Dèche, présidente,
Mme Ludivine Journoud, conseillère,
Mme Charlotte Pouyet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
La rapporteure,
L. B
La présidente,
P. Dèche
La greffière,
S. Hosni
La République mande et ordonne au directeur général de l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026