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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2208103

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2208103

jeudi 27 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2208103
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation5ème chambre
Avocat requérantLEBEAUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 1er novembre 2022, 21 septembre 2023 et 24 novembre 2023, M. D A et Mme C B, représentés par Me Lebeaux, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'enjoindre à la commune de Saint-Georges-de-Reneins, à titre principal, de déplacer hors de leur propriété la canalisation qui y est irrégulièrement implantée, dans un délai de six mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de cent euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de déconnecter la canalisation d'évacuation des eaux pluviales à partir du regard situé sur le chemin des Vignerons, ou d'ordonner avant-dire-droit une expertise ayant pour objet de " dire comment remédier aux désordres " ;

2°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commune a refusé de déconnecter la canalisation du réseau et la décision implicite de rejet de leur demande indemnitaire ;

3°) de condamner la commune de Saint-Georges-de-Reneins à leur verser la somme totale de 24 856 euros en réparation des préjudices subis du fait des remontées d'eau de la canalisation dans leur propriété ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Georges-de-Reneins le versement d'une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la canalisation de récupération des eaux pluviales est constitutive d'une emprise irrégulière ;

- dès lors qu'il n'est pas possible de régulariser cette emprise irrégulière, la canalisation doit être démolie ou, à tout le moins, déconnectée du réseau public d'évacuation des eaux pluviales ;

- la commune de Saint-Georges-de-Reneins doit être condamnée à leur verser la somme de 14 856 au titre des travaux de réparation de la dalle en béton de leur salle de jeux et des travaux à effectuer sur la canalisation, ainsi que la somme de 10 000 euros au titre du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence qu'ils subissent.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2023, la commune de Saint-Georges-de-Reneins, représentée par la Selas Legal Performances (Me Antoine), conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise solidairement à la charge de M. D A et de Mme D B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable, faute d'être dirigée contre une décision ;

- il existe une servitude couvrant la canalisation en litige, dont l'existence est en outre connue ;

- M. A et Mme B ont commis une faute, en acceptant le raccordement d'une canalisation d'évacuation des eaux usées à la canalisation de récupération des eaux pluviales ;

- la réalité des dommages invoqués par les requérants n'est pas établie ;

- le dévoiement de la canalisation emporte des conséquences disproportionnées pour l'intérêt général par rapport aux désagréments qu'elle cause ;

- les préjudices dont la réparation est demandée sont dépourvus de caractère certain.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boulay, première conseillère,

- les conclusions de M. Habchi, rapporteur public,

- et les observations de Me Lebeaux, représentant M. A, et de Me Houssel, substituant Me Antoine, représentant la commune de Saint-Georges-de-Reneins.

Considérant ce qui suit :

1. M. A et sa compagne, Mme B, sont propriétaires depuis 2014 d'une maison d'habitation avec jardin située sur les parcelles cadastrées 852, 853 et 863 route du Bois à Saint-Georges-de-Reneins (Rhône). Ils demandent qu'il soit enjoint à la commune de déplacer hors de leur propriété une canalisation irrégulièrement implantée sur leur parcelle ou à titre subsidiaire, sa déconnexion du réseau d'évacuation des eaux pluviales, ainsi que la réparation des dommages liés à l'existence et au fonctionnement de la canalisation souterraine de récupération des eaux pluviales passant sous leur propriété.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. (). ". Lorsqu'un requérant a introduit devant le juge administratif un contentieux indemnitaire à une date où il n'avait présenté aucune demande en ce sens devant l'administration et qu'il forme, postérieurement à l'introduction de son recours juridictionnel, une demande auprès de l'administration sur laquelle le silence gardé par celle-ci fait naître une décision implicite de rejet avant que le juge de première instance ne statue, cette décision lie le contentieux. La demande indemnitaire est recevable, que le requérant ait ou non présenté des conclusions additionnelles explicites contre cette décision, et alors même que le mémoire en défense de l'administration aurait opposé à titre principal l'irrecevabilité faute de décision préalable, cette dernière circonstance faisant seulement obstacle à ce que la décision liant le contentieux naisse de ce mémoire lui-même.

3. Il résulte de l'instruction que les requérants ont, par un courrier du 6 juillet 2022, demandé à la commune de Saint-Georges-de-Reneins le déplacement de la canalisation en litige, puis lui ont, postérieurement à l'introduction de la requête, adressé une demande indemnitaire le 18 septembre 2023, qui a été implicitement rejetée par la commune. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'injonction et les conclusions indemnitaires présentées par M. A et Mme B sont recevables et la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.

Sur les conclusions aux fins de déplacement de la canalisation :

4. Lorsqu'il est saisi d'une demande tendant à ce que soit ordonnée la démolition d'un ouvrage public dont il est allégué qu'il est irrégulièrement implanté par un requérant qui estime subir un préjudice du fait de l'implantation de cet ouvrage et qui en a demandé sans succès la démolition à l'administration, il appartient au juge administratif, juge de plein contentieux, de déterminer, en fonction de la situation de droit et de fait existant à la date à laquelle il statue, si l'ouvrage est irrégulièrement implanté, puis, si tel est le cas, de rechercher, d'abord, si eu égard notamment à la nature de l'irrégularité, une régularisation appropriée est possible, puis, dans la négative, de prendre en considération, d'une part les inconvénients que la présence de l'ouvrage entraîne pour les divers intérêts publics ou privés en présence, notamment, le cas échéant, pour le propriétaire du terrain d'assiette de l'ouvrage, d'autre part, les conséquences de la démolition pour l'intérêt général, et d'apprécier, en rapprochant ces éléments, si la démolition n'entraîne pas une atteinte excessive à l'intérêt général.

5. Il résulte de l'instruction qu'une canalisation de récupération des eaux pluviales en provenance du chemin des Vignerons traverse la parcelle cadastrée 0853 de la propriété de M. A et Mme B et passe sous le bâtiment d'habitation puis le jardin, où elle rejoint une canalisation d'évacuation des eaux usées provenant de la parcelle voisine cadastrée 0850 et n'appartenant pas aux requérants. La canalisation en litige présente le caractère d'une canalisation publique dont la gestion incombe à la commune de Saint-Georges-de-Reneins. Il résulte en outre de l'instruction que les requérants ne sont pas usagers de cette canalisation et ont donc la qualité de tiers par rapport à cet ouvrage.

6. Il ne résulte pas de l'instruction qu'une servitude, légale ou conventionnelle, aurait été instituée par la commune de Saint-Georges-de-Reneins pour le passage sur la propriété de M. A et Mme B de la canalisation d'évacuation des eaux pluviales en litige, dès lors notamment que la servitude mentionnée dans l'acte de vente de la propriété du 31 mars 2014 concerne la seule canalisation d'évacuation des eaux usées, qui, si elle rejoint la canalisation d'évacuation des eaux pluviales, en est néanmoins distincte sur la majorité de son tracé, notamment sous le bâtiment d'habitation des requérants. Enfin, contrairement à ce que fait valoir la commune la circonstance que cette canalisation existait antérieurement à la construction du bâtiment d'habitation, qui était auparavant une laiterie, et le fait que les requérants devaient avoir connaissance de son existence, ne permettent pas de considérer qu'une servitude aurait été régulièrement instituée. Par suite, M. A et Mme B sont fondés à soutenir que la canalisation de récupération des eaux pluviales traversant leur propriété est irrégulièrement implantée.

7. Toutefois, pour considérer que l'ouvrage public irrégulièrement implanté sur une propriété privée peut faire l'objet d'une régularisation appropriée conformément aux indications énoncées au point 4, il revient au juge de rechercher si une procédure d'expropriation pour cause d'utilité publique, ou à tout le moins, une procédure d'établissement d'une servitude d'utilité publique, est envisagée par le propriétaire de l'ouvrage, et si cette procédure est susceptible d'aboutir.

8. Aux termes de l'article L. 152-1 du code rural et de la pêche maritime : " Il est institué au profit des collectivités publiques, des établissements publics ou des concessionnaires de services publics qui entreprennent des travaux d'établissement de canalisations d'eau potable ou d'évacuation d'eaux usées ou pluviales une servitude leur conférant le droit d'établir à demeure des canalisations souterraines dans les terrains privés non bâtis, excepté les cours et jardins attenant aux habitations. (). ".

9. D'une part, il ne résulte pas de l'instruction et n'est pas allégué que la commune de Saint-Georges-de-Reneins aurait effectivement envisagé, à la date du présent jugement, de recourir à une procédure d'établissement de servitudes après déclaration d'utilité publique ou de conclure une convention en vue d'établir une servitude de nature à régulariser l'emprise en litige, ni que celle-ci serait susceptible de répondre aux conditions prévues par les dispositions précitées. En outre, M. A a rejeté une proposition de la commune tendant à la création d'une nouvelle canalisation sur son terrain, en dehors de l'emprise de sa maison. Par suite, il ne résulte pas de l'instruction qu'une régularisation appropriée de l'implantation de la canalisation serait possible.

10. D'autre part, il résulte de l'instruction que le dévoiement de la canalisation en dehors de la propriété des requérants, est techniquement difficile à réaliser en raison du faible degré de pente de ce secteur, eu égard aux impératifs liés à l'écoulement gravitaire, et engendrerait des coûts importants pour la collectivité alors que les inconvénients tenant aux remontées d'eau et liés à la présence de cette canalisation se limitent à des traces d'humidité peu étendues et ponctuelles sur une dalle en béton située en sous-sol, dont le caractère nauséabond ne résulte pas de l'instruction, eu égard tant aux deux photographies non datées versées au dossier qu'aux conclusions du rapport d'expertise du 9 mai 2022 établi à la demande des requérants. Enfin, ce même rapport d'expertise indique que le raccordement de réseaux d'évacuation des eaux usées sur cette canalisation peut entraîner une mise en charge de celle-ci lors d'épisodes pluvieux et préconise une réduction des rapports en eau. Dans ces conditions, les inconvénients occasionnés par cet ouvrage public n'apparaissent pas excessifs eu égard à l'intérêt général qui s'attache à son maintien. Toutefois, la suppression des arrivées d'eaux usées issues de la canalisation d'évacuation des eaux usées mentionnée dans l'acte de vente du 31 mars 2014 dans la canalisation de récupération des eaux pluviales, apparaît de nature à résoudre les inconvénients supportés par les requérants. Compte tenu de ces éléments, il y a lieu d'enjoindre à la commune de Saint-Georges-de-Reneins, de condamner, dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement, l'arrivée d'eaux usées dans la canalisation de récupération des eaux pluviales située sur la propriété de M. A et Mme B, par la déconnexion des réseaux d'évacuation des eaux usées se déversant irrégulièrement dans cette canalisation. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité du fait du fonctionnement de la canalisation :

11. Le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel.

12. Si la canalisation de récupération des eaux pluviales en litige est à l'origine de remontées d'eaux dans le sous-sol de la propriété des requérants, qui l'utilisent comme salle de jeu, il ne résulte pas de l'instruction que les préjudices en résultant présentent un caractère de gravité suffisant pour rechercher la responsabilité de la commune de Saint-Georges-de-Reneins du fait de son fonctionnement, faute notamment de toute justification quant à leur récurrence, leur ampleur ou leur caractère nauséabond.

En ce qui concerne la responsabilité du fait de l'emprise irrégulière :

13. L'implantation de la canalisation en litige sur la propriété des requérants présente, ainsi qu'il a été dit, le caractère d'une emprise irrégulière. Dès lors, M. A et Mme B sont fondés à solliciter la réparation des préjudices causés par la présence de cet ouvrage.

14. En premier lieu, si M. A et Mme B soutiennent que la présence de la canalisation souterraine communale sous leur habitation est à l'origine de remontées d'eau nauséabondes, dans une pièce située en sous-sol, lors d'épisodes pluvieux importants, le rapport d'expertise fait uniquement état de remontées d'humidité et les requérants se bornent à produire deux photos non datées montrant des traces d'humidité d'origine indéterminée sur un sol en béton. Dès lors, ni la fréquence, ni le caractère nauséabond de ces remontées ne résulte de l'instruction. En outre, la nécessité de réaliser des travaux ne résulte pas plus de l'instruction, en l'absence notamment de tout élément sur l'état antérieur de la dalle béton. Au surplus, les préjudices matériels invoqués par M. A et Mme B ne sont qu'éventuels, dès lors qu'ils n'ont pas engagé de travaux de rénovation de la dalle en béton du sous-sol, ni de curage de la canalisation qu'ils invoquent et qui font seulement l'objet de devis. Dans ces conditions, ils ne peuvent obtenir réparation de préjudices purement éventuels à la date du présent jugement. Par suite, M. A et Mme B ne sont pas fondés à demander la réparation des préjudices matériels qu'ils invoquent.

15. En deuxième lieu, eu égard aux inconvénients limités liés au passage de la canalisation sous la dalle en béton du sous-sol, en raison du risque de remontées ponctuelles d'humidité, il y a lieu d'accorder à M. A et Mme B une indemnité d'un montant de 1 500 euros en réparation des troubles subis dans leurs conditions d'existence. Les requérants n'apportent aucun élément tendant à établir la réalité du préjudice moral distinct des troubles dans les conditions d'existence susmentionnés.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. A et Mme B sont seulement fondés à demander à la commune de Saint-Georges-de-Reneins de leur verser une indemnité d'un montant total de 1 500 euros.

Sur la demande tendant à ce que soit ordonnée une expertise :

17. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. ".

18. La prescription d'une mesure d'expertise est subordonnée au caractère utile de cette mesure. Il résulte de ce qui a été exposé aux points qui précèdent qu'il incombe seulement à la commune de déconnecter les réseaux d'eaux usées se déversant dans la canalisation de récupération des eaux pluviales en litige. Dès lors, la mesure d'instruction sollicitée ne présente pas de caractère utile. Il n'y a ainsi pas lieu d'ordonner une expertise avant-dire-droit en application de l'article R. 621-1 du code de justice administrative aux fins de déterminer les mesures susceptibles de remédier aux désordres.

Sur les frais liés au litige :

19. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-Georges-de-Reneins la somme que M. A et Mme B demandent au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que les sommes demandées à ce titre par la commune de Saint-Georges-de-Reneins soient mises à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : Il est enjoint à la commune de Saint-Georges-de-Reneins, de supprimer les arrivées d'eaux usées en provenance de la canalisation d'évacuation des eaux usées se déversant dans la canalisation de récupération des eaux pluviales, dans les conditions précisées au point 10, dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 2 : La commune de Saint-Georges-de-Reneins est condamnée à verser la somme de 1 500 euros à M. A et Mme B.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les conclusions de la commune de Saint-Georges-de-Reneins présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D A à Mme C B et à la commune de Saint-Georges-de-Reneins.

Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Vaccaro-Planchet, présidente,

Mme Soubié, première conseillère,

Mme Boulay, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.

La rapporteure,

P. Boulay

La présidente,

V. Vaccaro-Planchet La greffière,

C. Delmas

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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