mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2208189 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP VEDESI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 novembre 2022, Mme B D, épouse C, représentée par la SCP Vedesi, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Lyon à lui verser la somme de 90 000 euros, avec intérêts moratoires et capitalisation des intérêts, en réparation du préjudice financier subi du fait de l'illégalité de l'arrêté d'opposition à déclaration préalable du 10 janvier 2017 pris par le maire pour un changement de menuiseries ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Lyon la somme de 2 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'opposition illégale à sa déclaration préalable a fait obstacle à ce qu'elle réitère l'acte de vente du bien objet des travaux signé le 11 octobre 2016, dont elle est propriétaire, l'acte contenant une condition suspensive permettant à son seul bénéficiaire de renoncer à la réitération qui a été actionnée par l'acheteur, entraînant la perte d'une plus-value de 90 000 euros ;
- son préjudice est actuel, direct et certain et est lié à la faute de la commune puisque cette dernière ne pouvait légalement s'opposer à sa déclaration préalable au regard des règles d'urbanisme applicables, comme l'a jugé le tribunal administratif par un jugement du 11 octobre 2018 qui a annulé l'arrêté d'opposition, jugement confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel du 29 septembre 2020 et par le rejet du pourvoi de la commune par le Conseil d'Etat.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 février 2024, la commune de Lyon conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- il n'y a pas de causalité entre le préjudice allégué et une faute de la commune ;
- le quantum du préjudice allégué n'est pas démontré, les prix moyens au mètre carré de l'immobilier en 2024 dans l'arrondissement où se situe le bien en cause permettant à la requérante d'espérer une plus-value de 25 000 euros, soit un potentiel manque à gagner de 6 000 euros par rapport au prix de vente figurant dans la promesse de vente du 11 octobre 2016.
Par ordonnance du 20 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 12 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chapard,
- les conclusions de Mme Flechet, rapporteure publique,
- et les observations de Mme A, pour la commune de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. Le 30 novembre 2016, Mme C a déposé en mairie de Lyon une déclaration préalable pour un changement de menuiseries dans un appartement situé dans le 6ème arrondissement. Par arrêté du 10 janvier 2017, le maire de Lyon s'est opposé à cette déclaration. Par un jugement n° 1705148 du 11 octobre 2018, le tribunal a annulé cet arrêté aux motifs que, d'une part, le motif d'opposition fondé sur l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme était sans lien avec l'objet de cette déclaration et que, d'autre part, le motif d'opposition fondé sur l'article R. 111-27 du même code procédait d'une appréciation erronée. La cour administrative d'appel de Lyon a confirmé l'illégalité de l'opposition à déclaration préalable du maire de Lyon au projet de Mme C par un arrêt n° 18LY04531 du 29 septembre 2020 et le Conseil d'Etat a refusé, par une décision n° 447025 du 28 avril 2021, d'admettre le pourvoi de la commune. Après avoir saisi le maire de Lyon, le 29 juillet 2022, d'une demande préalable indemnitaire en réparation du préjudice financier résultant de l'illégalité de l'arrêté du 10 janvier 2017, demande qui a été rejetée le 30 septembre 2022, Mme C demande au tribunal de condamner la commune de Lyon à lui verser la somme de 90 000 euros, avec intérêts moratoires et capitalisation des intérêts, en réparation de ce préjudice.
2. L'arrêté du 10 janvier 2017 par lequel le maire de Lyon s'est opposé à la déclaration préalable de Mme C était, ainsi que cela a été dit au point 1, illégal et a fait l'objet d'une annulation pour excès de pouvoir. En prenant cet arrêté, le maire de Lyon a ainsi commis une faute de nature à engager la responsabilité de la commune.
3. La perte de bénéfices ou le manque à gagner découlant de l'impossibilité de réaliser une opération immobilière en raison d'un refus illégal d'autorisation d'urbanisme revêt un caractère éventuel et ne peut, dès lors, en principe, ouvrir droit à réparation. Il en va toutefois autrement si le requérant justifie de circonstances particulières, telles que des engagements souscrits par de futurs acquéreurs ou l'état avancé des négociations commerciales avec ces derniers, permettant de faire regarder ce préjudice comme présentant, en l'espèce, un caractère direct et certain. Il est fondé, si tel est le cas, à obtenir réparation au titre du bénéfice qu'il pouvait raisonnablement attendre de cette opération.
4. Il résulte de l'instruction que Mme C a fait l'acquisition du bien en cause le 27 avril 2016 en vue de le réhabiliter puis de le revendre. Une promesse de vente a été signée le 11 octobre 2016 avec un acheteur. Cette promesse comportait une condition suspensive tenant à ce que " les renseignements d'urbanisme et les pièces produites par les services compétents ne révèlent aucun projet, travaux, vices ou servitudes de nature à déprécier de manière significative la valeur du bien ou nuire à l'affectation () à laquelle le bénéficiaire le destine ". La promesse a été consentie pour une durée expirant le 15 décembre 2016, prorogeable pour un maximum de 30 jours, jusqu'à que " les divers documents nécessaires à la régularisation de l'acte [soient] portés à la connaissance du notaire ". La requérante soutient que le bénéficiaire de la promesse a renoncé à son bénéfice en raison de l'illégalité fautive de l'opposition du maire de Lyon à sa déclaration préalable portant sur la modification des menuiseries du bien. Il résulte toutefois de l'instruction qu'elle a déposé cette demande en mairie le 30 novembre 2016, après avoir signé la promesse de vente et que le services hygiène et santé de la mairie ait relevé, à l'occasion d'une visite sur place du 25 octobre 2016, qu'elle avait réalisé ces travaux sans autorisation. L'arrêté d'opposition à sa déclaration, signé le 10 janvier 2017, est ainsi intervenu postérieurement au renoncement par l'acquéreur potentiel du bien au bénéfice de la promesse de vente et après que celle-ci soit devenue caduque. Le préjudice qu'elle soutient avoir subi ne peut être regardé comme découlant directement de l'illégalité fautive de l'arrêté du maire du 10 janvier 2017. Par suite, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la commune de Lyon doit être déclarée responsable de la perte du bénéfice qu'elle escomptait tirer de la vente de son bien.
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par Mme C au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Lyon qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, épouse C, et à la commune de Lyon.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Jean-Pascal Chenevey, président,
- Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère,
- Mme Marie Chapard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.
La rapporteure,
M. Chapard
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026