LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2208261

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2208261

jeudi 8 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2208261
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantBECHAUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 novembre 2022, M. A B, représenté par Me Bechaux, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la préfète de la Loire a implicitement refusé de faire droit à sa demande du 15 juillet 2022 tendant à l'indemnisation des préjudices subis du fait des décisions de refus d'autorisation de travail, de refus de séjour et d'obligation de quitter le territoire français dont il a illégalement fait l'objet ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 26 669 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts à compter du 18 juillet 2022, date de réception de sa demande préalable, et capitalisation de ces intérêts ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'illégalité des décisions par lesquelles le préfet de région a refusé de délivrer une autorisation de travail à la société ITGA à son bénéfice et le préfet de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire a été constatée par le tribunal administratif, qui en a prononcé l'annulation par un jugement devenu définitif ; cette illégalité est fautive ;

- la faute commise a engendré des préjudices directs et certains, à savoir une perte de rémunération de 12 300 euros, une perte de cotisations à l'assurance vieillesse de 10 869 euros, une perte de chance de percevoir des majorations salariales pour une somme de 1 500 euros ainsi qu'un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence pour 2 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 octobre 2023, la préfète de la Loire conclut à ce que ne soit pris en compte au titre des sommes dues en réparation du préjudice du requérant qu'un montant de 11 234 euros au titre de ses pertes salariales.

Elle soutient que les autres moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 3 octobre 2023, le préfet du Puy-de-Dôme a présenté des observations.

Par ordonnance du 13 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 30 octobre 2023

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience et n'étaient ni présentes ni représentées.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Chapard,

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant congolais né le 10 novembre 1986, est entré en France le 2 octobre 2012, muni d'un visa de long séjour, pour y suivre des études supérieures. Il a déposé en préfecture de la Loire le 27 novembre 2019 une demande tendant au renouvellement de son titre de séjour et au changement de son statut d'étudiant à salarié, demande qui a donné lieu à un refus assorti d'une décision portant obligation de quitter le territoire français le 9 mars 2020. La société ITGA, qui l'a recruté le 29 juillet 2019, a parallèlement formulé une demande d'autorisation de travail pour le compte de M. B, laquelle a été refusée par le préfet de région le 18 février 2020. L'intéressé a saisi le tribunal de recours dirigés contre ces décisions des 18 février et 9 mars 2020, qui ont été annulées par un jugement n° 2002815-2004114 du 1er décembre 2020. Le 15 juillet 2022, M. B a formé une demande d'indemnisation des préjudices subis à la préfète de la Loire du fait de ces deux décisions. Il demande l'annulation de la décision de refus née du silence gardé par la préfète sur sa demande ainsi que le versement d'une indemnisation de 26 669 euros en réparation de ses préjudices, outre intérêts et capitalisation des intérêts.

2. Par le jugement précité du 1er décembre 2020, devenu définitif, le tribunal a annulé, en raison de leur illégalité, la décision du 18 février 2020 par laquelle le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes a refusé de délivrer à M. B une autorisation de travail ainsi que les décisions du 9 mars 2020 par lesquelles le préfet de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Le tribunal a également enjoint au préfet de la Loire de délivrer à M. B un titre de séjour l'autorisant à travailler. De telles illégalités, fautives, sont susceptibles d'engager la responsabilité de l'Etat à raison des préjudices qu'elles ont causés de manière directe et certaine à l'intéressé.

3. Il résulte de l'instruction que M. B, qui a conclu un contrat de travail à durée indéterminée avec la société ITGA le 29 juillet 2019, a vu ce contrat rompu par son employeur le 21 février 2020 suite au refus du préfet de région de lui délivrer une autorisation de travail. Il fait valoir qu'aucune contrepartie financière ne lui a été versée à l'occasion de cette rupture et qu'il a pu, après le jugement du tribunal du 1er décembre 2020, signer un nouveau contrat de travail, avec le même employeur, le 21 décembre 2020. Il a ainsi, du fait de cette décision, été privé, de manière suffisamment certaine, de rémunération pendant une période d'un peu moins de 10 mois. Dès lors, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice subi par le requérant en l'indemnisant, sur la base de son salaire net mensuel de 1 230 euros, de la somme totale de 11 726 euros, pour la période courant du 21 février 2020 au 16 décembre 2020, date du récépissé délivré par la préfecture l'autorisant à travailler.

4. Le requérant ne peut en revanche pas prétendre à une indemnisation au titre d'une perte de chance de percevoir, sur cette période, des majorations salariales, ces majorations revêtant un caractère éventuel et non certain.

5. M. B ne peut pas davantage prétendre à une indemnisation en raison de la perte des cotisations dues au titre de l'assurance vieillesse, le préjudice allégué résultant d'une moins-value future sur sa pension de retraite n'étant pas établi.

6. Enfin, M. B soutient que les décisions illégales dont il a fait l'objet l'ont conduit, après avoir obtenu un master en France et y avoir trouvé un emploi, à perdre cet emploi, à se trouver en situation irrégulière sur le territoire et à vivre sous la menace d'un éloignement vers son pays d'origine. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence dont il fait ainsi état en lui allouant, au titre de la période d'environ 10 mois en cause, une indemnité de 700 euros.

7. Il résulte de tout ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à M. B la somme totale de 12 426 euros en réparation des préjudices subis, assortie des intérêts au taux légal à compter du 18 juillet 2022, date de réception par l'administration de sa demande indemnitaire préalable. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 8 novembre 2022. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 18 juillet 2023, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. B la somme de 12 426 euros en réparation des préjudices subis, assortie des intérêts au taux légal à compter du 18 juillet 2022. Les intérêts échus à la date du 18 juillet 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B, au préfet de la Loire et au préfet du Puy-de-Dôme.

Délibéré après l'audience du 25 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Jean-Pascal Chenevey, président,

- Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère,

- Mme Marie Chapard, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.

La rapporteure,

M. Chapard

Le président,

J.-P. Chenevey

La greffière,

A. Baviera

La République mande et ordonne aux préfets de la Loire et de Puy-de-Dôme en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions