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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2208841

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2208841

mardi 21 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2208841
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJU 5ème chambre
Avocat requérantCHAVASSIEUX

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I- Par une requête n° 2208841, enregistrée le 28 novembre 2022, M. B C et Mme A D, représentés par Me Chavassieux, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite rejetant leur recours contre une décision d'indu mettant à la charge de M. C une somme de 7 728,81 euros correspondant à un indu de prime d'activité constitué sur la période de février 2019 à novembre 2020 et la décision de la commission de recours amiable du 28 septembre 2022 confirmant l'indu ;

2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Loire de réexaminer leurs droits à compter du 1er février 2019 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à leur conseil, d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Ils soutiennent que :

- la décision implicite est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est dépourvue de toute signature en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la matérialité de l'indu n'est pas établie ;

- M. C n'a pas reçu de pension alimentaire de la part de ses parents ;

- les sommes versées par ses parents constituent des avances et leur ont été restituées ;

- les autres sommes sont des cadeaux de la part des membres de sa famille ;

- les sommes perçues à l'occasion de la vente de son véhicule ne sont pas des revenus ;

- Mme D est étudiante et ses revenus ne peuvent être pris en compte pour le calcul du droit à la prime d'activité ;

- elle n'a perçu que des pensions alimentaires.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mars 2023, la caisse d'allocations familiales de la Loire conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la décision du 28 septembre 2022 est régulière en la forme ;

- toutes les sommes comptabilisées à l'issue du contrôle pouvaient être valablement prises en compte pour la détermination du droit à la prime d'activité.

Par un courrier du 6 novembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'absence de toute décision implicite de rejet du recours préalable obligatoire de M. C, dès lors que le recours préalable obligatoire a été rejeté par une décision du 28 septembre 2022.

II- Par une requête n° 2302771, enregistrée le 5 avril 2023, M. B C et Mme A D, représentés par Me Chavassieux, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la contrainte émise le 9 mars 2023 pour le recouvrement d'une dette de prime d'activité d'un montant de 6 741,58 euros ;

2°) d'annuler la mise en demeure de payer du 30 décembre 2022 ;

3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Loire de restituer la somme de 985,23 euros indument retenue sur leurs prestations ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à leur conseil, d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Ils soutiennent que :

- la contrainte a été émise par une autorité incompétente ;

- elle est dépourvue des mentions imposées par les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la contrainte a été émise en dépit du caractère suspensif du recours ;

- la créance de la caisse d'allocations familiales n'est pas établie, notamment parce que la décision confirmant l'indu est irrégulière en la forme, les sommes prises en compte ne pouvaient pas l'être pour le calcul des droits à la prime d'activité.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 mai et 28 septembre 2023 et des pièces, enregistrées les 28 septembre et 5 octobre 2023, la caisse d'allocations familiales de la Loire conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Par un courrier du 6 novembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur :

- un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la mise en demeure de payer, dès lors que cette mise en demeure constitue un acte préparatoire à l'émission d'une contrainte ;

- un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'injonction de restituer les sommes retenues sur les prestations qui constituent des conclusions à titre principal car ne présentant pas de lien avec l'opposition à contrainte.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Soubié, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Soubié, première conseillère,

- et les observations de Me Galifi, substituant Me Chavassieux, représentant les requérants.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n°s 2208841 et 2302771 sont relatives à la situation d'un même allocataire de la prime d'activité. Elles ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

2. M. C a été bénéficiaire de la prime d'activité dans le département de la Loire. Suite à un contrôle de sa situation, la caisse d'allocations familiales de la Loire lui a, par un courrier du 21 décembre 2020, notifié un indu de prime d'activité d'un montant de 7 728,81 euros au titre de la période de février 2019 à novembre 2020. Après annulation par le tribunal d'une précédente décision prise sur recours administratif préalable obligatoire formé par M. C, par une décision du 28 septembre 2022, la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Loire a rejeté ce recours. M. C et Mme D demandent l'annulation de cette décision, de la décision implicite ayant rejeté leur recours administratif préalable obligatoire et de la mise en demeure de payer l'indu. Ils forment également opposition à la contrainte émise le 9 mars 2023 pour le recouvrement de la dette de prime d'activité.

Sur l'étendue du litige :

2. Aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. ".

3. Il résulte de l'instruction qu'après annulation par le tribunal par un jugement du 12 avril 2022 de la décision du 11 mai 2021 confirmant l'indu mis à la charge de M. C, la caisse d'allocations familiales de la Loire a procédé à une nouvelle instruction ainsi qu'elle en a informé le requérant par un courrier du 7 septembre 2022. Par une décision du 28 septembre 2022, la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Loire a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé par M. C. Cette décision faisait obstacle à la naissance d'une décision implicite de rejet du recours préalable après le 7 novembre 2022. Par suite, les conclusions dirigées contre une décision implicite de rejet sont dépourvues d'objet et ainsi irrecevables.

4. La mise en demeure prévue par l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale constitue un simple acte préparatoire qui n'est pas susceptible de recours. Dès lors, les conclusions du recours pour excès de pouvoir de M. C dirigées contre la mise en demeure qui lui aurait été adressée par la caisse d'allocations familiales de la Loire sont irrecevables.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

5. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre. ". Aux termes de l'article L. 842-3 du même code : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer () ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° (). ". Aux termes de l'article L. 842-4 du même code : " Les ressources () prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels ; 3° L'avantage en nature que constitue la disposition d'un logement à titre gratuit, déterminé de manière forfaitaire ; 4° Les prestations et les aides sociales, à l'exception de certaines d'entre elles en raison de leur finalité sociale particulière ; 5° Les autres revenus soumis à l'impôt sur le revenu. ". Aux termes de l'article R. 842-3 du même code : " Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé : 1° Du bénéficiaire ; 2° De son conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité (). "

6. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de prime d'activité ou d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

7. Si M. C fait valoir qu'il n'a pas eu connaissance des sommes retenues par l'agent de la caisse d'allocations familiales, ni de leur ventilation par catégorie de ressources, il résulte du compte-rendu du contrôle sur place que l'agent de la caisse d'allocations familiales a procédé à cette répartition et que M. C en a eu connaissance dans le cadre de la procédure contradictoire. Par suite, le moyen doit être écarté.

8. M. C fait valoir qu'il n'a pas perçu de pension alimentaire de ses parents mais qu'il s'agit de prêts ou d'avances pour le fonctionnement d'une association qu'il s'est engagé à rembourser. Toutefois, si M. C produit une reconnaissance de dette pour un prêt sans intérêt d'un montant de 5 775 euros à rembourser au plus tard le 31 décembre 2028, d'une part, cette reconnaissance de dette ne porte pas sur l'intégralité des sommes présentées comme des avances consenties par ses parents s'élevant presque à 20 000 euros et, d'autre part, la reconnaissance de dette a été établie après le contrôle et la notification de la décision d'indu. En tout état de cause, le requérant n'apporte aucun document probant quant aux remboursements avancés, lesquels ne peuvent résulter de dépenses réglées pour certains membres de sa famille dont la réalité n'est au demeurant pas établie. Par suite, la caisse d'allocations familiales était fondée à prendre en compte les sommes litigieuses pour la détermination du droit à la prime d'activité.

9. Aux termes de l'article R. 844-5 du code de la sécurité sociale : " Sont exclues des ressources prises en compte pour le calcul de la prime d'activité les prestations et aides sociales suivantes : () 14° Les aides et secours financiers dont le montant ou la périodicité n'ont pas de caractère régulier ainsi que des aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille, notamment dans les domaines du logement, des transports, de l'éducation et de la formation () ".

10. M. C fait valoir que les sommes reçues en cadeau pour son anniversaire et à d'autres occasions ne devaient pas être prises en compte comme des revenus pour le calcul de la prime d'activité. Toutefois, il ne résulte pas du rapport de contrôle de la situation du requérant que le contrôleur aurait retenu ces sommes pour les réintégrer dans le calcul de la prime. Par suite, le moyen doit être écarté.

11. Si M. C soutient que les sommes perçues à l'occasion de la vente de son véhicule ne constituent pas des revenus, il n'assortit pas son moyen de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen doit être écarté.

12. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 842-3 du même code : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer () ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° () ". Aux termes de l'article L. 842-4 du même code : " Les ressources () prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels ; 3° L'avantage en nature que constitue la disposition d'un logement à titre gratuit, déterminé de manière forfaitaire ; 4° Les prestations et les aides sociales, à l'exception de certaines d'entre elles en raison de leur finalité sociale particulière ; 5° Les autres revenus soumis à l'impôt sur le revenu ". Aux termes de l'article R. 844-1 du même code : " Ont le caractère de revenus professionnels ou en tiennent lieu en application du 1° de l'article L. 842-4 : / 1° L'ensemble des revenus tirés d'une activité salariée ou non salariée () "

13. M. C soutient que les éventuels revenus de sa compagne ne pouvaient pas être pris en compte, celle-ci étant étudiante. Toutefois, si la circonstance que Mme D ait été étudiante devait être prise en compte pour la détermination des droits de M. C à la prime d'activité, cette même circonstance ne constitue pas une dérogation à l'obligation pour le bénéficiaire de déclarer l'ensemble des ressources de son foyer. Dans ces conditions, M. C était tenu de déclarer les revenus même modestes perçus par Mme D, dont il n'est pas contesté qu'elle appartenait au foyer. Par suite, le moyen doit être écarté.

14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision confirmant l'indu de prime d'activité doivent être rejetées.

Sur l'opposition à contrainte :

15. Aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée et sans préjudice des articles L. 133-4 du présent code et L. 725-3-1 du code rural et de la pêche maritime, le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire. ". Aux termes de l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, le directeur mentionné à l'article L. 161-1-5. La contrainte est signifiée au débiteur de l'organisme créancier peut décerner la contrainte mentionnée à l'article L. 244-9 ou celle par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la lettre recommandée mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. () ".

16. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. / Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et ces demandes ont un caractère suspensif () ". Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu que l'effet suspensif des recours dirigés contre une décision de récupération de l'indu de prime d'activité et de revenu de solidarité active s'attache à l'exigibilité de la créance, il en résulte que l'exercice d'un tel recours, de même d'ailleurs qu'une demande de remise gracieuse, fait par lui-même obstacle, aussi longtemps que ce recours est pendant devant l'administration ou devant les juges du fond, à la possibilité pour l'organisme chargé de la prime d'activité de recouvrer les sommes dues par l'allocataire.

17. Il résulte de l'instruction que M. C a contesté l'indu de prime d'activité par un recours contentieux enregistré le 28 novembre 2022. Ce recours suspensif faisait obstacle au recouvrement, par voie de contrainte, des sommes indûment perçues. Ainsi, à la date du 9 mars 2023 et alors que le recours n° 2208841 était encore pendant devant le tribunal et que la caisse d'allocations familiales de la Loire était informée de ce recours contentieux depuis le 11 janvier 2023, la directrice de la caisse d'allocations familiales ne pouvait, sans méconnaître les dispositions précitées au point 16, délivrer une contrainte. Par suite, les requérants sont fondés à former opposition à la contrainte.

18. Il résulte de ce qui précède que la contrainte émise le 9 mars 2023 doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

19. Le présent jugement, qui rejette les conclusions dirigées contre la décision confirmant l'indu de prime d'activité, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction de la requête doivent être rejetées.

20. Si M. C demande qu'il soit enjoint à la caisse d'allocations familiales de lui restituer les sommes retenues sur ses prestations pour le remboursement de sa dette de prime d'activité, ces conclusions sont sans lien avec son opposition à contrainte et constituent ainsi des conclusions à fin d'injonction présentées à titre principal qui sont pour ce motif irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

21. Dans l'instance n° 2208841, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de l'Etat, qui n'est pas partie perdante.

22. Dans l'instance n° 2302771, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que M. C et Mme D présentent au titre des frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête n° 2208841 est rejetée.

Article 2 : La contrainte émise le 9 mars 2023 par la caisse d'allocations familiales de la Loire pour le recouvrement d'une dette de prime d'activité mise à la charge de M. C est annulée.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2302771 est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Mme A D et à la caisse d'allocations familiales de la Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2023.

La magistrate désignée,

A-S. Soubié

La greffière,

C. Touja

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

N°s 2208841 - 2302771

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