mardi 21 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2209089 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU 5ème chambre |
| Avocat requérant | FERNANDES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Fernandes, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 mai 2019 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Loire a mis à sa charge une somme de 14 234,73 euros, correspondant à un indu de revenu de solidarité active constitué sur la période du 1er avril 2016 au 31 décembre 2018 et une somme de 896 euros correspondant à un indu d'allocation de logement sociale ;
2°) de le rétablir rétroactivement dans ses droits au revenu de solidarité active à compter du 1er janvier 2019 et de condamner la caisse d'allocations familiales de la Loire à lui verser la somme de 6 787,48 euros correspondant au revenu de solidarité active qu'il aurait dû percevoir jusqu'au 1er février 2020 et la somme de 152,45 euros correspondant à la prime exceptionnelle de fin d'année 2019 ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Loire le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que c'est à tort que la caisse d'allocations familiales de la Loire a considéré qu'il était dans une relation de concubinage avec Mme C depuis le 1er mars 2016.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 avril 2023, le président du conseil départemental de la Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation d'un indu de revenu de solidarité active sont irrecevables, en l'absence de recours administratif préalable obligatoire ;
- la requête est tardive, dès lors qu'elle a été enregistrée au-delà du délai raisonnable d'un an après la notification de l'indu ;
- la réalité de la situation de concubinage entre M. B et Mme C est établie.
La requête a été communiquée à la caisse d'allocations familiales de la Loire, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Boulay, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Boulay.
Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été bénéficiaire du revenu de solidarité active dans le département de la Loire en qualité de personne isolée. Par une décision du 6 mai 2019 dont il demande l'annulation, le directeur par intérim de la caisse d'allocations familiales de la Loire lui a demandé le reversement d'une somme de 14 234,73 euros, correspondant à un indu de revenu de solidarité active constitué sur la période du 1er avril 2016 au 31 décembre 2018, et d'une somme de 896,00 euros correspondant à un indu d'allocation de logement sociale. Le requérant a contesté cette décision par un courrier adressé à la caisse d'allocations familiales de la Loire le 6 septembre 2019. Son recours a été rejeté par la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Loire le 23 juillet 2019, décision contre laquelle M. B a formé un recours auprès de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de la Loire, qui l'a implicitement rejeté. Enfin, par un jugement du 21 novembre 2022, le tribunal judiciaire de Saint-Etienne s'est déclaré incompétent pour connaitre de la requête de M. B, enregistré auprès de cette juridiction le 18 février 2020. M. B demande l'annulation de la décision du directeur de la caisse d'allocations familiales de la Loire du 6 mai 2019.
2. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". L'article L. 262-3 du code précité dispose que : " La fraction des revenus professionnels des membres du foyer et le montant forfaitaire mentionné au 2°de l'article L. 262-2 sont fixés par décret. (). L'ensemble des ressources du foyer () est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. () ". Enfin, aux termes de l'article 515-8 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple. ".
3. Il résulte de ces dispositions que, pour le bénéfice du revenu de solidarité active, le foyer s'entend du demandeur, ainsi que, le cas échéant, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin et des enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge qui remplissent les conditions précisées par l'article R. 262-3 du code de l'action sociale et des familles. Pour l'application de ces dispositions, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue.
4. Il résulte de l'instruction M. B a été attributaire du revenu de solidarité active en qualité de personne isolée sur la base de ses déclarations. L'indu de revenu de solidarité contesté a pour origine la révision des droits de M. B à la suite de la modification des ressources de son foyer à compter du mois de mars 2016, la caisse d'allocations familiales ayant estimé qu'il était en concubinage avec Mme C depuis cette date. Pour remettre en cause la qualité de personne isolée de M. B et mettre à sa charge un indu de revenu de solidarité active, la caisse d'allocations familiales de la Loire s'est fondée sur les propres déclarations de M. B, qui a effectué le 1er novembre 2018 une demande de prestations familiales conjointement avec Mme C, dans laquelle il a indiqué mener une vie commune avec l'intéressée depuis le 25 mars 2016, et a transmis à la caisse d'allocations familiales des déclarations rectificatives de ses ressources depuis l'année 2015, pour y mentionner les ressources de Mme C. Il résulte, en outre, de l'instruction que M. B a résidé au domicile de Mme C à compter du mois de mars 2016, puisque celle-ci a vécu au domicile du requérant à compter du mois de février 2017, aux termes notamment des documents médicaux versés au dossier et de l'attestation du père de M. B, propriétaire du logement, qui désigne par ailleurs Mme C comme la compagne de son fils. Si le requérant allègue qu'il n'entretient pas de liens affectifs avec Mme C, laquelle l'aurait seulement hébergée à titre gratuit le temps de sa convalescence, avant qu'il ne l'héberge en retour à compter de février 2017, il ne l'établit pas par les seules pièces médicales versées au dossier, d'après lesquelles le domicile de Mme C était plus adapté à son état de santé que le sien, alors qu'il a déclaré lui-même l'existence d'une situation de vie commune auprès de l'administration à plusieurs reprises, bien qu'il ait varié quant à la date de début de cette relation. Ainsi, les éléments exposés par M. B ne suffisent pas à remettre en cause le faisceau d'indices concordants évoqué par la caisse d'allocations familiales de la Loire quant à l'existence d'une vie de couple avec Mme C depuis le mois de mars 2016.
5. Dans ces conditions, c'est à bon droit que la caisse d'allocations familiales de la Loire a considéré que les intéressés constituaient un foyer au sens des dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles et elle était ainsi fondée à intégrer les ressources de Mme C pour déterminer les droits au revenu de solidarité active du requérant sur la période considérée et, en conséquence, à mettre à sa charge l'indu contesté.
6. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, y compris celles relatives à l'indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 896 euros, qui ne sont assorties d'aucun moyen. En conséquence, les conclusions tendant à rétablir rétroactivement M. B dans ses droits au revenu de solidarité active et aux fins de condamnation doivent également être rejetées, de même que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au département de la Loire et à la caisse d'allocations familiales de la Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2023.
La magistrate désignée,
P. BoulayLa greffière,
C. Touja
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026