mardi 21 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2209207 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU 5ème chambre |
| Avocat requérant | MOUTOUSSAMY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 décembre 2022 et le 7 novembre 2023, Mme A B, représentée par Me Moutoussamy (DBKM avocats), demande au tribunal :
1°) d'annuler :
- la décision du 26 janvier 2022 de la caisse d'allocations familiales de l'Ain mettant à sa charge une somme de 1 571,17 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active constitué sur la période de juillet 2021 à décembre 2021 ;
- les retenues auxquelles la caisse d'allocations familiales de l'Ain a procédé sur ses prestations sociales ;
- l'arrêt du versement du revenu de solidarité active à compter du mois d'octobre 2021 ;
- l'absence de versement de la prime exceptionnelle de solidarité en novembre/ décembre 2021 ;
- l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 297 euros ;
- l'indu de revenu de solidarité active d'un montant de 310 euros constitué sur la période de décembre 2021 à février 2022 ;
- l'indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 299 euros ;
- la décision rejetant sa demande indemnitaire préalable d'un montant de 5 000 euros ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer lesdits indus ;
3°) d'enjoindre au département de l'Ain et à la caisse d'allocations familiales de l'Ain de lui restituer les montants recouvrés dans un délai de deux mois ;
4°) de mettre à la charge du département de l'Ain et de la caisse d'allocations familiales de l'Ain le versement, à son conseil, d'une somme de 1 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Mme B soutient que :
- la décision confirmant l'indu de revenu de solidarité active a été prise au terme d'une procédure irrégulière, à défaut de consultation de la commission de recours amiable et en l'absence d'information sur l'exercice du droit de communication ;
- le contrôle a été réalisé par un agent dont il n'est pas établi qu'il aurait été agréé et assermenté ;
- le bien-fondé de l'indu n'est pas établi, dès lors qu'elle a informé la caisse d'allocations familiales de ses changements de situation ;
- les retenues pratiquées l'ont été sans décision d'indu préexistante ;
- elles excèdent les plafonds des retenues prévues par l'article D. 553-1 du code de la sécurité sociale ;
- elle peut prétendre au versement du revenu de solidarité active à compter du mois de septembre 2021 et à la prime exceptionnelle de fin d'année 2021 ;
- compte tenu des illégalités commises dans la gestion de son dossier, elle subit un préjudice qui est évalué à 5 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 avril 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Ain conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 700 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions sont régulières en la forme ;
- les indus sont bien fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2023, le département de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la procédure d'établissement de l'indu a été régulière ;
- l'indu est bien fondé ;
- sa responsabilité ne peut pas être recherchée.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2021-1657 du 15 décembre 2021 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Soubié, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Soubié, présidente.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, allocataire du revenu de solidarité active, de l'aide au logement, de la prime exceptionnelle de fin d'année dans le département de l'Ain demande au tribunal d'annuler la décision d'indu de revenu de solidarité active du 26 janvier 2022, la décision ayant mis fin au versement à son profit du revenu de solidarité active à compter du mois d'octobre 2021, le refus de lui verser la prime exceptionnelle de fin d'année, l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 297 euros, l'indu de revenu de solidarité active d'un montant de 310 euros constitué sur la période de décembre 2021 à février 2022, l'indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 299 euros. Elle doit être regardée comme demandant également la condamnation du département de l'Ain et de la caisse d'allocations familiales de l'Ain à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation de son préjudice.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable se substitue nécessairement à la décision initiale et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge.
3. Le recours administratif préalable effectué le 13 avril 2022 par Mme B, conformément aux dispositions de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles précité, contre la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Ain du 26 janvier 2022 ayant un caractère obligatoire, la décision de rejet du 20 septembre 2022 s'est substituée à la décision initiale. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête de Mme B dirigées contre la décision du 26 janvier 2022 et de regarder les conclusions de la requête comme dirigées contre celle du 20 septembre 2022, en ce qu'elle confirme l'existence d'un indu de revenu de solidarité active.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge de l'obligation de payer :
En ce qui concerne l'indu de revenu de solidarité active :
4. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : "Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. Les modalités d'examen du recours sont définies par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article R. 262-89 du même code : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. Dans les cas prévus dans la convention mentionnée à l'article L. 262-25 dans lesquels la commission de recours amiable n'est pas saisie, le président du conseil départemental statue, dans un délai de deux mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Cette décision est motivée. ".
5. La consultation préalable de la commission de recours amiable en matière de contestations relatives au revenu de solidarité active est prescrite par les dispositions précitées de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles sauf lorsque la convention de gestion conclue entre la caisse d'allocations familiales et le département en dispose autrement, en application de l'article R. 262-89 précité du même code. Les dispositions susmentionnées de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles ne font pas obstacle à ce qu'une convention de gestion exclut la consultation de la commission de recours amiable. En l'espèce, en vertu de la convention de gestion du revenu de solidarité active conclue le 21 décembre 2021 entre le département de l'Ain et la caisse d'allocations familiales de l'Ain, les recours administratifs préalables relatifs au revenu de solidarité active sont dispensés d'un avis de la commission de recours amiable. Par suite Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure faute de saisine de la commission de recours amiable.
6. Les articles L. 114-19 et L. 114-20 du code de la sécurité sociale ont instauré, à des fins de contrôle, un droit de communication auprès de tiers limitativement énumérés au bénéfice des organismes de sécurité sociale. En vertu de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale, il incombe à l'organisme de sécurité sociale qui fait usage de ce droit de communication d'informer l'allocataire de l'origine et de la teneur des renseignements qu'il a effectivement utilisés pour décider de supprimer l'octroi du revenu de solidarité d'activité et de récupérer un indu de revenu de solidarité active. Cette obligation a pour objet de permettre à celui-ci, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la mise en recouvrement de l'indu qui en procède, afin qu'il puisse vérifier l'authenticité de ces documents et en discuter la teneur ou la portée. Ces dispositions instituent ainsi une garantie au profit de l'intéressé. Toutefois, la méconnaissance de ces dispositions par l'administration demeure sans conséquence sur le bien-fondé de l'indu s'il est établi qu'eu égard à la teneur du renseignement, nécessairement connu de l'allocataire, celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, de cette garantie.
7. Il résulte de l'instruction que les droits de l'intéressée au revenu de solidarité active ont été révisés sur la base d'une comparaison entre les éléments qu'elle a elle-même déclarés et ceux transmis par Pôle emploi en application de l'article L. 114-12 du code la sécurité sociale. Ainsi, la requérante ne saurait soutenir qu'elle n'a pas été en mesure de demander la communication d'une copie des pièces obtenues dans le cadre de la mise en œuvre par la caisse d'allocations familiales de son droit de communication. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale doit être écarté.
8. Aux termes de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale : " Les directeurs des organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale ou par arrêté du ministre chargé de l'agriculture confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés dans des conditions définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité sociale, le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations, le contrôle du respect des conditions de résidence et la tarification des accidents du travail et des maladies professionnelles. () Ces agents ont qualité pour dresser des procès-verbaux faisant foi jusqu'à preuve du contraire. () ".
9. Si Mme B conteste la régularité du contrôle, compte tenu des modalités de détermination de l'indu rappelées au point 7, l'exigence résultant de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale auquel renvoie l'article L. 262-40 du code de l'action sociale et des familles, selon laquelle les vérifications et enquêtes administratives diligentées pour les contrôles relatifs au revenu de solidarité active doivent être effectuées par des agents assermentés et agréés, ne peut être utilement invoquée. Par suite, le moyen doit être écarté.
10. Aux termes de l'article L. 262-10 du code de l'action sociale et des familles : " Le droit au revenu de solidarité active est subordonné à la condition que le foyer fasse valoir ses droits aux prestations sociales, législatives, réglementaires et conventionnelles, à l'exception des allocations mensuelles mentionnées à l'article L. 222-3 et, sauf pour les personnes reconnues inaptes au travail dont l'âge excède celui mentionné au premier alinéa de l'article L. 351-1 du code de la sécurité sociale, des pensions de vieillesse des régimes légalement obligatoires. " Aux termes de l'article R. 262-13 de ce code : " Il n'est tenu compte ni des ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou en tenant lieu mentionnées à l'article R. 262-12, ni des allocations aux travailleurs involontairement privés d'emploi mentionnées par les articles L. 5422-1, L. 5423-1 et L. 5423-8 du code du travail, lorsqu'il est justifié que la perception de ces revenus est interrompue de manière certaine et que l'intéressé ne peut prétendre à un revenu de substitution. () Sur décision individuelle du président du conseil départemental au vu de la situation exceptionnelle du demandeur au regard de son insertion sociale et professionnelle, il n'est pas fait application des dispositions du premier alinéa lorsque l'interruption de la perception de ressources résulte d'une démission. ".
11. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active trouve son origine dans la perception par Mme B de l'allocation de solidarité spécifique depuis le mois de juillet 2021. En raison de la nature de cette allocation, le département de l'Ain a estimé valablement que Mme B ne pouvait plus bénéficier de la neutralisation de ses ressources en qualité de demandeur d'emploi. Par suite, Mme B n'est pas fondée à contester le bien-fondé des indus de revenu de solidarité active.
En ce qui concerne l'indu de prime exceptionnelle fin d'année :
12. Aux termes de l'article 3 du décret du 15 décembre 2021 susvisé : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2021 ou, à défaut, du mois de décembre 2021, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul. / Une seule aide est due par foyer. "
13. Pour les motifs exposés au point 11, Mme B ne bénéficiait plus du revenu de solidarité active en novembre et décembre 2021, quand bien même elle l'aurait initialement perçu en décembre 2021 avant son retrait. Au vu de ce motif, la caisse d'allocations familiales de l'Ain a pu lui demander de restituer la prime exceptionnelle de fin d'année 2021 qui lui avait été versée. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne l'indu d'aide personnalisée au logement :
14. Aux termes de l'article R. 514-1 du code de la sécurité sociale : " Le service des prestations familiales incombe à la caisse d'allocations familiales du lieu de résidence habituel de la famille de l'allocataire, sous réserve des dérogations suivantes : 1°) en ce qui concerne les personnes soumises aux dispositions relatives aux professions agricoles, le service des prestations familiales incombe à la caisse de mutualité sociale agricole du lieu de résidence habituelle de la famille de l'allocataire. Il en va de même des conjoints ou concubins de ces personnes s'ils sont allocataires et n'exercent pas d'activité professionnelle (). "
15. Il résulte de l'instruction que l'époux de Mme B est salarié agricole depuis le 1er novembre 2021 et qu'ainsi, un seul organisme est compétent pour verser les prestations sociales du couple, en l'occurrence la mutualité sociale agricole. Dans ces conditions, à compter du transfert du dossier de la requérante à cet organisme en avril 2022, seul ce dernier pouvait lui verser l'aide au logement. Ainsi, la caisse d'allocations familiales a pu valablement demander à la requérante de lui rembourser une prestation dont elle n'était plus redevable et qui devait lui être versée par la Mutualité sociale agricole. Par suite, Mme B n'est pas fondée à contester le bien-fondé de l'indu.
En ce qui concerne les retenues :
16. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales peut, sous réserve que l'allocataire n'en conteste pas le caractère indu, être récupéré par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution (). "
17. Mme B fait état de retenues effectuées sur ses prestations depuis le mois de mars 2021, soit avant la notification des décisions d'indu en litige. Toutefois, il résulte de l'instruction que ces retenues sont sans lien avec les décisions d'indu contestées mais visent à récupérer des sommes indument versées à la requérante suite à son mariage en janvier 2021. Par suite, le moyen doit être écarté.
18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et de décharge de Mme B doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
19. Le présent jugement, qui rejette les conclusions dirigées contre les décisions d'indu, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
20. Pour les motifs exposés ci-dessus, Mme B n'est pas fondée à se prévaloir d'une faute commise par l'administration dans la gestion de sa situation. Par suite, les conclusions indemnitaires doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre du département de l'Ain et de la caisse d'allocations familiales de l'Ain, qui ne sont pas parties perdantes.
22. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales de l'Ain au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales de l'Ain au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C épouse B, au département de l'Ain et à la caisse d'allocations familiales de l'Ain.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2023.
La magistrate désignée,
A-S. Soubié
La greffière,
C. Touja
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la préfète de l'Ain, chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026