mardi 25 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2209425 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | GOMA MACKOUNDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 16 décembre 2022 et le 11 janvier 2025, Mme A B, représentée par Me Goma Mackoundi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, de condamner les Hospices civils de Lyon à lui verser une indemnité d'un montant total de 79 627,73 euros, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis des suites l'infection contractée lors de son accouchement par césarienne au sein de cet établissement le 8 mars 2019 ;
2°) à titre subsidiaire, avant dire droit :
- d'ordonner une expertise médicale destinée à déterminer et évaluer les préjudices qu'elle estime avoir subis lors de sa prise en charge médicale au sein des Hospices civils de Lyon ;
- de condamner les Hospices civils de Lyon à lui verser une somme de 8 000 euros à titre de provision à valoir sur les préjudices qu'elle estime avoir subis et de surseoir à statuer sur l'évaluation de ces indemnités, dont le montant sera chiffré après le dépôt du rapport d'expertise médicale ;
3°) en tout état de cause, de mettre à la charge des Hospices civils de Lyon la somme de 3 000 euros, à lui verser, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- dans le cadre de son accouchement par césarienne le 8 mars 2019, les Hospices civils de Lyon ont commis des fautes de nature à engager leur responsabilité, en ne prenant pas toutes les mesures pour lui permettre d'accoucher sans risque et en ne diagnostiquant pas immédiatement son endométrite ;
- elle a subi, du fait de ces fautes, plusieurs préjudices, dont elle demande la réparation suivante : un déficit fonctionnel temporaire total de treize jours : 1 500 euros ; des déficits fonctionnels temporaires partiels de 25 % puis de 10% : 713,70 euros ; des souffrances endurées évaluées à 3,5 sur 7 : 9 500 euros ; un préjudice esthétique temporaire évalué à 1 sur 7 : 2 000 euros ; une perte de gains professionnels passés : 21 371,51 euros ; des dépenses de santé passées : 20 806,52 euros ; un besoin d'assistance temporaire par une tierce personne : 23 736 euros ;
- à titre subsidiaire, une expertise avant dire droit est nécessaire afin de préciser les fautes commises par les Hospices civils de Lyon, ainsi que l'étendue des préjudices résultant de ces fautes ;
- une provision de 8 000 euros doit être mise à la charge des Hospices civils de Lyon.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 mai 2023 et le 23 janvier 2025, les Hospices civils de Lyon, représentés par la Selarl Carnot Avocats (Me Deygas), concluent, dans le dernier état de leurs écritures, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce que les indemnisations susceptibles d'être mises à leur charge soient ramenées à de plus justes proportions.
Ils font valoir, dans le dernier état de leurs écritures, que :
- aucune faute de nature à engager leur responsabilité ne peut leur être reprochée, comme cela ressort du rapport d'expertise ;
- ils s'en remettent à la sagesse du tribunal quant à l'appréciation d'une infection nosocomiale ;
- la réalisation d'une expertise judiciaire avant-dire-droit ne serait pas utile à la solution du litige, dès lors que l'expertise amiable règle l'ensemble des questions en litige ;
- les prétentions de la requérante concernant son déficit fonctionnel temporaire et les souffrances qu'elle a endurées sont excessives et doivent être minorées ;
- les prétentions de la requérante concernant son préjudice esthétique temporaire ne peuvent pas être accueillies, en l'absence de lien de causalité entre ce préjudice et l'infection dont elle se prévaut ;
- les frais de santé dont elle demande l'indemnisation peuvent être fixés à la somme de 18 417,25 euros ;
- il n'y a pas lieu de faire droit à sa demande d'indemnisation de son besoin d'assistance par une tierce personne, qui n'a pas été retenu par l'expert ;
- il n'y a pas lieu de faire droit à sa demande concernant ses pertes de gains professionnels actuels, en l'absence de justificatifs.
Par ordonnance du 13 janvier 2025, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 29 janvier 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Roux, conseillère ;
- les conclusions de M. Borges-Pinto, rapporteur public ;
- les observations de Me Goma-Mackoundi, représentant Mme B ;
- et les observations de Me Berset, substituant Me Deygas et représentant les Hospices civils de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. Le 8 mars 2019, Mme B, ressortissante gabonaise née le 6 septembre 1987, a accouché de son troisième enfant par césarienne programmée à l'hôpital Lyon Sud, dépendant des Hospices civils de Lyon, et elle est sortie de l'hôpital le 10 mars 2019. Le 13 mars 2019, elle a été admise aux urgences de l'hôpital Lyon Sud, en raison d'importantes douleurs pelviennes et d'une fièvre s'élevant à 38,5°C, et il lui a été diagnostiqué une septicémie sévère à staphylocoque aureus méticilline résistant avec une endométrite compliquée en thrombophlébite des veines tubo-ovariennes et des localisations pulmonaires. Une poly-antibiothérapie a alors été administrée à Mme B, et, le 17 mars 2019, une reprise chirurgicale a été réalisée afin de procéder à un lavage péritonéal et à l'évacuation de résidus intra-utérins. La patiente a ensuite été transférée au service de maladies infectieuses de l'hôpital de la Croix-Rousse, le 19 mars 2019, où elle a continué à recevoir un traitement antibiotique. Face à l'amélioration et à la stabilisation de son état de santé, la patiente est définitivement sortie de l'hôpital le 25 mars 2019, avec la prescription d'un traitement antibiotique en ambulatoire.
2. Le 30 avril 2022, Mme B a adressé une demande indemnitaire préalable auprès des Hospices civils de Lyon, après la réalisation d'une expertise amiable prescrite par l'assureur du centre hospitalier universitaire. Par un courrier du 20 juillet 2022, l'assureur de l'établissement public hospitalier a envoyé une contre-proposition à la requérante, en minorant le montant des indemnisations sollicitées. La patiente a adressé une seconde demande indemnitaire aux Hospices civils de Lyon et à leur assureur, le 7 décembre 2022, qui a été implicitement rejetée. En conséquence de ces décisions, Mme B, demande au tribunal, à titre principal, de condamner les Hospices civils de Lyon à lui verser une indemnité d'un montant total de 79 627,73 euros, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis des suites l'infection qu'elle soutient avoir contractée lors de son accouchement par césarienne au sein de cet établissement le 8 mars 2019. A titre subsidiaire, elle sollicite la réalisation d'une expertise médicale avant-dire droit, et le versement d'une somme de 8 000 euros à titre de provision.
Sur le principe de responsabilité :
En ce qui concerne les fautes commises par les Hospices civils de Lyon :
3. Aux termes des dispositions du I. de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. (). ".
4. En premier lieu, la requérante soutient que des fautes de négligences auraient été commises par les Hospices civils de Lyon, qui n'auraient pas pris toutes les mesures pour lui permettre d'accoucher sans risque et auraient notamment oublié de retirer des résidus de placenta et de sang qui n'auraient pas été expulsés naturellement de son utérus dans les suites de son accouchement. S'il résulte du compte-rendu de son hospitalisation à l'hôpital de la Croix-Rousse qu'un résidu intra-utérin a effectivement été mis en évidence à l'occasion d'une échographie sus-pubienne, réalisée le 16 mars 2019, et a été évacué lors de la reprise chirurgicale du 17 mars 2019, l'expert médical conclut toutefois qu'il n'y a pas eu de rétention placentaire ayant pu favoriser l'infection de son endomètre, dès lors que le compte-rendu opératoire fait état d'une délivrance complète du placenta et que seules quelques villosités placentaires fibreuses ont été retrouvées lors de l'examen anatomopathologique du produit de curetage prélevé lors de l'intervention du 17 mars 2019. Dans ces conditions, la seule circonstance que des résidus intra-utérins aient été retrouvés en faible quantité à l'occasion de la reprise opératoire du 17 mars 2019, ne saurait être considérée comme une suite anormale de son accouchement, révélant une faute de négligence de la part des Hospices civils de Lyon. En outre, la requérante n'expose pas quelles autres " mesures " spécifiques les médecins auraient dû mettre en place afin d'éviter les complications qu'elle a subies. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que les Hospices civils de Lyon auraient commis une faute de négligence de nature à engager leur responsabilité lors de son accouchement, le 8 mars 2019.
5. En second lieu, si la requérante soutient également que des fautes ont été commises par les Hospices civils de Lyon en raison du diagnostic tardif de la pathologie dont elle souffrait à compter de son hospitalisation le 13 mars 2019, ainsi que dans l'administration de l'antibiothérapie adéquate à son infection, elle n'apporte toutefois aucun élément au soutien de ses allégations. Il résulte, en outre, du rapport d'expertise médicale, que les endométrites ne représentent que 2 à 3% des infections post-partum et sont encore plus exceptionnelles en cas de césarienne programmée, et il résulte de l'instruction que le diagnostic d'endométrite a été porté immédiatement, avant d'être confirmé par les imageries et la biologie réalisées entre le 13 et le 17 mars 2019. La requérante ne soutient par ailleurs aucunement que ces examens n'étaient pas nécessaires au diagnostic de sa pathologie, ni qu'ils en auraient retardé le traitement, ce qui ne résulte en tout état de cause pas de l'instruction. D'autre part, la circonstance que plusieurs antibiothérapies différentes aient été administrées à Mme B entre le 13 et le 25 mars 2019, ne saurait, par elle-même, révéler une faute dans sa prise en charge thérapeutique, alors qu'il ne résulte pas de l'instruction, et qu'il n'est par ailleurs pas soutenu par la requérante, que des antibiotiques lui auraient été administrés par erreur et auraient contribué à retarder sa guérison ou à aggraver son état de santé. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que les Hospices civils de Lyon auraient commis une faute dans le diagnostic et le traitement de sa pathologie de nature à engager leur responsabilité.
En ce qui concerne l'infection nosocomiale :
6. D'une part, aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. -Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère (). ". Doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial au sens du 1° de l'article L. 1142-1-1 du code de la santé publique une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
7. D'autre part, aux termes de l'article L. 1142-1-1 du code de la santé publique : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales ; 2° Les dommages résultant de l'intervention, en cas de circonstances exceptionnelles, d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme en dehors du champ de son activité de prévention, de diagnostic ou de soins. ".
8. D'une part, il est constant que Mme B a commencé à présenter des symptômes d'infection à compter du 12 mars 2019, soit moins de cinq jours après son accouchement par césarienne au sein de l'hôpital Lyon Sud, et qu'une endométrite du post partum lui a été diagnostiquée lors de son admission à l'hôpital à compter du 13 mars 2019. L'expert médical précise que Mme B ne présentait aucun signe d'infection avant son admission à l'hôpital, le 8 mars 2019, et il n'établit pas que cette infection aurait une autre origine que sa prise en charge hospitalière, ce que ne contestent pas les Hospices Civils de Lyon en défense. Dans ces conditions, en l'absence d'une autre cause probable de cette infection, qui n'était ni présente ni en incubation avant la prise en charge hospitalière de Mme B, l'endométrite infectieuse qu'elle a développée doit être considérée comme présentant les caractéristiques d'une infection nosocomiale au sens du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique précité.
9. D'autre part, l'expert médical a estimé que Mme B ne souffrait d'aucun déficit fonctionnel permanent des suites de cette endométrite infectieuse, ce que ne conteste pas la requérante. Il s'ensuit que les dommages subis par la requérante du fait de son infection nosocomiale ne sont pas de nature à lui ouvrir le droit à une réparation au titre de la solidarité nationale, sur le fondement des dispositions de l'article L. 1142-1-1 du code de la santé publique, mais engagent la responsabilité des Hospices Civils de Lyon.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise médicale avant-dire-droit, les Hospices civils de Lyon doivent être reconnus responsables de l'entièreté des dommages subis par Mme B du fait de l'infection nosocomiale qu'elle a développée dans les suites de son accouchement par césarienne au sein de cet établissement.
Sur les préjudices :
11. En premier lieu, Mme B sollicite la somme de 20 806,52 euros au titre de ses dépenses de santé actuelles. Il est constant que la requérante, qui est une ressortissante gabonaise, ne bénéficie d'aucune prise en charge par l'Etat français, ni par l'Etat gabonais, de ses soins reçus en France. Il n'est également pas contesté qu'elle ne contribue à aucun organisme de complémentaire santé lui permettant de couvrir, au moins partiellement, de tels soins, et il résulte de l'instruction et des écritures des Hospices civils de Lyon en défense, qu'elle s'est acquittée de plusieurs factures pour des soins reçus en lien avec son infection nosocomiale, pour un montant total de 18 417,25 euros. Par suite, il y a lieu de mettre à la charge des Hospices civils de Lyon, la somme totale de 18 417,25 euros en remboursement des dépenses de santé actuelles de la requérante.
12. En deuxième lieu, si Mme B soutient qu'elle a dû bénéficier d'une assistance pour s'occuper de ses trois enfants lors de son hospitalisation du 13 au 25 mars 2019, un tel préjudice n'a pas vocation à être indemnisé au titre d'un besoin d'assistance par une tierce personne, dès lors que la patiente était prise en charge lors de cette hospitalisation. En tout état de cause, la requérante n'établit pas avoir engagé des frais afin de faire garder ses enfants sur cette période. Il résulte néanmoins de l'expertise amiable, que Mme B a dû bénéficier de l'assistance de sa mère et de sa sœur pour s'occuper de ses enfants dans les six semaines ayant suivies sa sortie de l'hôpital. La requérante évalue cette aide à quatre heures par jour, ayant un nouveau-né et deux enfants en bas âge, nés en 2011 et en 2015. Dans ces conditions, l'aide nécessaire étant une aide non spécialisée, il sera fait une exacte appréciation du préjudice subi, en l'indemnisant sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération, tenant compte des cotisations sociales dues par l'employeur, fixé à 14,04 euros en 2019, rapporté sur une année de 412 jours afin de tenir compte des congés payés, soit un total de 2 662,45 euros [4 x 42 x 14,04 x (412/365)]. Dans ces conditions, et alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que l'intéressée aurait perçu une aide finançant l'assistance par une tierce personne à domicile durant cette période, les Hospices civils de Lyon doivent être condamnés à verser à Mme B une somme de 2 662,45 euros au titre des frais d'assistance par une tierce personne à domicile.
13. En troisième lieu, d'une part, la requérante n'est pas fondée à solliciter l'indemnisation des pertes de salaires qu'elle soutient avoir subies entre le 13 mars 2019 et le 31 mai 2019, dès lors qu'il résulte des mentions apparaissant sur ses bulletins de paie, que ces pertes de salaires sont liées à son congé maternité et ne sont pas directement imputables à son endométrite. D'autre part, s'il résulte de l'instruction que Mme B a été placée en congé maladie en raison de son infection nosocomiale à compter du mois de juin 2019 jusqu'au 10 septembre 2019, il résulte cependant de ses fiches de paie des mois concernés qu'elle a reçu une indemnité de congés maladies, et elle n'établit pas que cette indemnité aurait été inférieure à son salaire de base, dont il résulte de ses bulletins de paie qu'il est variable et inférieur à cette indemnité. Dans ces conditions, la requérante, qui n'établit pas avoir subi une perte de gains professionnels actuels, n'est pas fondée à solliciter l'indemnisation de ce chef de préjudice.
14. En quatrième lieu, il résulte du rapport d'expertise amiable, éclairé par le dossier médical de Mme B, que, en raison de son endométrite, la requérante a supporté une période de déficit fonctionnel temporaire total durant treize jours lors de son hospitalisation du 13 au 25 mars 2019, puis un déficit fonctionnel partiel à hauteur de 25%, entre le 25 mars et le 10 juin 2019, et un déficit fonctionnel partiel de 10% jusqu'à la date de consolidation de son état de santé, fixée le 10 septembre 2019. Ces évaluations n'étant pas contestées en défense, il sera fait une exacte appréciation de ce préjudice, en retenant une valorisation du déficit fonctionnel temporaire total de l'ordre de 500 euros par mois, en l'évaluant sur la période concernée, à la somme globale de 663,20 euros. Par suite, les Hospices civils de Lyon sont condamnés à indemniser la somme de 663,20 euros à Mme B au titre de ses déficits fonctionnels temporaires.
15. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction que Mme B a enduré des souffrances du fait de son endométrite infectieuse et de la reprise opératoire qu'elle a entraînée, évaluées à juste titre par le rapport d'expertise amiable à 3,5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation des souffrances subies par la requérante en les évaluant, dans les circonstances de l'espèce, à la somme de 4 500 euros, qu'il y a lieu de mettre à la charge des Hospices civils de Lyon.
16. En dernier lieu, il résulte de l'instruction que Mme B a enduré un préjudice esthétique temporaire du fait de la présence d'un drain et de la pratique de sondage urinaire durant son hospitalisation en raison de son endométrite post partum, évalué à 1 sur une échelle de 7 par l'expert. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant, dans les circonstances de l'espèce, à la somme totale de 900 euros. Il y a lieu, par suite, de condamner les Hospices civils de Lyon à verser à Mme B une somme de 900 euros à ce titre.
17. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise médicale avant-dire-droit afin de déterminer et d'évaluer plus précisément les chefs de préjudices dont se prévaut la requérante, ni de statuer sur les conclusions à fin de provision de la requête, que les Hospices civils de Lyon doivent être condamnés à verser une somme totale de 27 142,90 euros à Mme B en réparation de ses préjudices.
Sur les frais d'instance :
18. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge des Hospices civils de Lyon la somme de 1 500 euros, à verser à Mme B au titre des frais d'instance
D E C I D E :
Article 1er : Les Hospices civils de Lyon sont condamnés à verser la somme totale de 27 142,90 euros (vingt-sept mille cent quarante-deux euros et quatre-vingt-dix centimes) à Mme B, en réparation de ses préjudices.
Article 2 : Les Hospices civils de Lyon verseront à Mme B une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et aux Hospices civils de Lyon.
Délibéré après l'audience du 11 février 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Bour, présidente ;
Mme Jorda, première conseillère ;
Mme Le Roux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 février 2025.
La rapporteure,
J. Le Roux
La présidente,
A-S. Bour
La greffière,
S. Rivoire
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026