mardi 28 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2209490 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL YDES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés respectivement le 19 décembre 2022 et le 20 septembre 2023, la SA Alteca, représentée par Me Plottin, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le remboursement du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) au titre de l'année 2018 d'une somme globale de 301 876 euros.
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les reliquats des créances de crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi des années antérieures doivent être imputés en priorité sur l'impôt sur les sociétés de l'année N par rapport à la créance de crédit d'impôt constatée au titre de la même année ; cette imputation s'effectue effectivement du crédit d'impôt le plus ancien au crédit d'impôt le plus récent conformément au §40 du BOI-BIC-RICI-10-150-30-20 ;
- l'administration avait d'ailleurs entériné cet ordre d'imputation des créances dès lors que sa précédente demande de remboursement au titre du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi de l'année 2017 a finalement été acceptée par l'administration à la suite de sa réclamation du 15 juin 2022 ; ce remboursement intervenu le 4 août 2022 constitue une prise de position formelle de l'administration qui lui est opposable.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 juin 2023, le directeur régional des finances publiques d'Auvergne Rhône-Alpes et du département du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 22 septembre 2023 par ordonnance du 10 août 2023.
Par lettres des 19 avril 2024, 26 avril 2024 et 29 avril 2024 des pièces complémentaires ont été demandées pour compléter l'instruction, puis communiquées à la partie adverse, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delahaye, premier conseiller ;
- et les conclusions de Mme Collomb, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SA Alteca a déposé le 20 septembre 2022 une demande n°2573 de remboursement du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) au titre de l'année 2018 d'une somme globale de 301 876 euros, composée de la somme de 259 288 euros correspondant à son crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi en propre pour l'année 2018, et de la somme de 42 588 euros correspondant en sa qualité de tête de groupe fiscalement intégré, du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi de sa filiale, la société communication informatique systèmes (COMIS), pour l'année 2018. L'administration a rejeté ses demandes les 21 octobre 2022 et 7 décembre 2022 au motif que le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi constaté au titre de l'année 2018 avait déjà fait l'objet d'une computation intégrale sur l'impôt sur les sociétés dû au titre des exercices clos en 2018, 2020 et 2021 conformément aux dispositions de l'article 199 ter c du code général des impôts et qu'il ne subsistait dès lors aucune créance restituable. La SA Alteca demande au tribunal de lui accorder un remboursement de crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) au titre de l'année 2018 d'une somme globale de 301 876 euros.
Sur la demande de remboursement :
2. Aux termes de l'article 244 quater C du code général des impôts dans sa version applicable au litige : " I. - Les entreprises imposées d'après leur bénéfice réel ou exonérées en application des articles 44 sexies, 44 sexies A, 44 septies, 44 octies, 44 octies A et 44 duodecies à 44 sexdecies peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt ayant pour objet le financement de l'amélioration de leur compétitivité à travers notamment des efforts en matière d'investissement, de recherche, d'innovation, de formation, de recrutement, de prospection de nouveaux marchés, de transition écologique et énergétique et de reconstitution de leur fonds de roulement. ". Aux termes de l'article 220 C du même code: " Le crédit d'impôt défini à l'article 244 quater C est imputé sur l'impôt sur les sociétés dû par l'entreprise dans les conditions prévues à l'article 199 ter C. ". Aux termes de l'article 199 ter C du même code : " I.-Le crédit d'impôt défini à l'article 244 quater C est imputé sur l'impôt sur le revenu dû par le contribuable au titre de l'année au cours de laquelle les rémunérations prises en compte pour le calcul du crédit d'impôt ont été versées. L'excédent de crédit d'impôt constitue, au profit du contribuable, une créance sur l'Etat d'égal montant. Cette créance est utilisée pour le paiement de l'impôt sur le revenu dû au titre des trois années suivant celle au titre de laquelle elle est constatée, puis, s'il y a lieu, la fraction non utilisée est remboursée à l'expiration de cette période. ".
3. Il résulte de l'instruction que le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) assis sur les rémunérations versées en 2018 par le groupe formé par les sociétés Alteca et Comis s'élevait à la somme globale de 995 594 euros, correspondant à un crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi d'une somme de 952 005 euros pour la société Alteca et d'une somme de 42 589 euros pour la société Comis. Il résulte de l'instruction que le montant de ce crédit d'impôt d'un montant total de 994 594 euros, qui s'est avéré en l'espèce supérieur au montant de l'impôt à payer au titre de l'exercice clos en 2018, a été imputé en priorité par le service sur l'impôt dû par le groupe Alteca au titre de l'année 2018 à hauteur de la somme de 552 554 euros, le solde de la créance de crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi au titre de l'année 2018 s'élevant à la somme de 442 070 euros (994 594 euros - 552 524 euros). Il résulte en outre de l'instruction que, pour la liquidation du solde de l'impôt dû au titre de l'exercice clos en 2019 qui s'élevait à la somme de 706 933 euros après imputation du crédit d'impôt mécénat, le service a imputé la totalité du solde de la créance de crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi constatée au titre des rémunérations de l'année 2016 pour un montant de 452 298 euros, ainsi que la créance constatée de crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi au titre des rémunérations de l'année 2017 à hauteur de la somme de 254 635 euros. Pour la liquidation du solde de l'impôt dû au titre de l'exercice clos en 2020, qui s'élevait à la somme de 548 338 euros après imputation du crédit d'impôt mécénat, le service a imputé la totalité du solde de la créance de crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi constatée au titre des rémunérations de l'année 2017 pour un montant de 460 194 euros, ainsi que la créance constatée au titre des rémunérations de l'année 2018 à hauteur de la somme de 88 144 euros. Enfin, au titre la liquidation du solde de l'impôt dû au titre de l'exercice clos en 2021, qui s'élevait à la somme de 692 718 euros après imputation du crédit d'impôt mécénat, le service a imputé la totalité du solde antérieur des créances antérieures de crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi qui n'était alors plus constitué que du solde de créance de l'année 2018 non encore imputée à ce stade qui s'élevait à la somme de 353 926 euros. Par suite, à la date de liquidation définitive de l'impôt sur les sociétés dû par le groupe au titre de l'exercice clos en 2021, l'intégralité de la créance de CICE de l'année 2018 avait été imputée par le service.
4. En premier lieu, il résulte des dispositions précitées de l'article 199 ter C du code général des impôts que le crédit d'impôt constaté au titre d'une année est imputé en priorité sur l'impôt sur les sociétés de la même année. L'excédent de crédit d'impôt constitue ensuite une créance utilisée pour le paiement de l'impôt dû au titre des trois années ultérieures puis, s'il y a lieu, la fraction non utilisée est remboursée à l'expiration de cette période. La société requérante n'est dès lors pas fondée à contester les modalités d'imputation de ses créances de crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi retenues par le service, exposées au point précédent et qui ressortent des états de liquidation définitifs au titre des exercices concernés, en soutenant que les reliquats de ses créances de crédit d'impôt des années antérieures devaient être imputés sur son impôt sur les sociétés de l'année 2018 en priorité par rapport à sa créance de crédit d'impôt constatée au titre de la même année. Par suite, dès lors que sa créance de crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi au titre de l'année 2018 avait été intégralement imputée à la date de sa réclamation formulée le 20 septembre 2022, c'est à bon droit que l'administration a rejeté sa demande pour ce motif.
5. En deuxième lieu, la société requérante n'est pas fondée à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations du BOI-BIC-RICI-10-150-30-20 qui ne donnent pas de la loi fiscale une interprétation différente de celle énoncée au point précédent.
6. En dernier lieu, si la SA Alteca fait valoir que l'administration a entériné l'ordre d'imputation des créances dont elle se prévaut au regard du remboursement au titre du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi de l'année 2017 intervenu le 4 août 2022 à hauteur de la somme de 98 386 euros, elle ne produit aucune pièce à l'appui de ses allégations alors, en tout état de cause, que ce seul remboursement ne constitue pas une prise de position formelle opposable par la société requérante au service sur le fondement des dispositions précitées des article L. 80 A et 80 B du livre des procédures fiscales.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la SA Alteca tendant au remboursement d'un crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) au titre de l'année 2018 doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SA Alteca est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SA Alteca et au directeur régional des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône.
Délibéré après l'audience du 14 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2024.
Le rapporteur,
L. DelahayeLe président,
J. Segado
La greffière,
F. Abdillah
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026