mardi 26 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2300089 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU 5ème chambre |
| Avocat requérant | BOUHALASSA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 3 janvier, 15 février et le 28 mars 2023, Mme A B, représentée par Me Bouhalassa, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler :
- la décision du 3 novembre 2022 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Ain a mis à sa charge un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 15 329,92 euros constitué pour la période du 1er novembre 2019 au 31 juillet 2021 ;
- la décision du 28 novembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Ain a confirmé mettre à sa charge cet indu de revenu de solidarité active d'un montant de 15 329,92 euros constitué sur la période du 1er novembre 2019 au 31 juillet 2021 ;
2°) de mettre à la charge du département de l'Ain le versement d'une somme de 800 euros au titre des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision confirmant l'indu est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- l'indu n'est pas fondé dès lors que les versements effectués sur son compte bancaire ne constituent pas des ressources non déclarées mais seulement des sommes retirées des comptes de ses enfants ou de son mari, puis déposées sur le sien, pour faire face aux charges de son foyer.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2023, le département de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la caisse d'allocations familiales de l'Ain qui n'a pas produit d'observations.
Mme Khachatryan a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Vaccaro-Planchet, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Vaccaro-Planchet, présidente.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 3 novembre 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Ain a mis à la charge de Mme Khachatryan une somme de 15 329,92 euros, correspondant à un indu de revenu de solidarité active constitué sur la période du 1er novembre 2019 au 31 juillet 2021. Par un recours administratif préalable obligatoire du 21 novembre 2022, Mme Khachatryan a contesté le bien-fondé de cet indu. Par une décision du 28 novembre 2022, le président du conseil départemental de l'Ain a rejeté cette réclamation. Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision ainsi que la décision de la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Ain du 3 novembre 2022.
2. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. Les modalités d'examen du recours sont définies par décret en Conseil d'Etat () ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement le positionnement de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable se substitue nécessairement à la décision initiale, et elle est seule susceptible d'être déférée au juge.
3. La décision du 28 novembre 2022, par laquelle le président du conseil départemental de l'Ain a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé par Mme Khachatryan, s'est nécessairement substituée à la décision initiale du 3 novembre 2022 mettant à sa charge un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 15 329,92 euros. Par suite, seules les conclusions de la requête de Mme Khachatryan dirigées contre la décision du 28 novembre 2022 sont recevables.
4. En premier lieu, la décision par laquelle une caisse d'allocations familiales procède à la récupération des sommes indument versées au titre du revenu de solidarité active est au nombre des décisions imposant une sujétion et devant, par suite, être motivée en application de ces dispositions. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.
5. La décision attaquée du 28 novembre 2022 vise l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles et précise le montant de l'indu, la période sur laquelle il s'est constitué et son motif tenant à l'absence de déclaration, par la requérante, de l'intégralité des versements effectuées sur son compte bancaire pour les années 2018 à 2020. Dans ces conditions, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation doit être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre ". Aux termes de l'article de l'article de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ".
7. Pour mettre l'indu de revenu de solidarité active en litige à la charge de Mme Khachatryan, le président du conseil département de l'Ain a considéré que l'intéressée n'avait pas déclaré des dépôts d'espèces encaissés sur son compte bancaire entre les mois de décembre 2018 et mai 2021 et les a intégralement réintégrées au titre des ressources à prendre en compte pour le calcul des droits de son foyer au revenu de solidarité active.
8. Pour contester cet indu, Mme Khachatryan soutient que son époux et elle-même n'ont perçu aucune ressource propre sur la période en litige, tandis que ses enfants sont bénéficiaires d'une bourse d'études et d'une pension d'invalidité. Elle indique, en outre, qu'elle règle l'ensemble des charges de son foyer au paiement desquelles tous les membres de sa famille contribuent, au moyen de retraits effectués sur les comptes de son époux, qui est destinataire des allocations versées par la caisse d'allocations familiales, ainsi que ceux de ses deux enfants, dont celui de son fils dont elle assume la curatelle, qu'elle encaisse ensuite sur son propre compte bancaire.
9. Il résulte de l'instruction, et notamment des relevés de comptes de la requérante ainsi que de ceux de son époux et de ses enfants, que les dépôts d'espèces opérés sur son compte bancaire proviennent de retraits effectués sur les comptes bancaires des membres de son foyer.
10. En revanche, il résulte également de l'instruction, et notamment des déclarations trimestrielles de ressources effectuées sur la période de décembre 2019 à mai 2021, que le fils de Mme Khachatryan n'était pas déclaré comme membre du foyer et que les dépôts d'espèces en provenance de retraits effectués sur le compte de son fils n'ont pas été déclarés. Ainsi, ces versements d'espèces constituaient des ressources devant être prises en compte pour le calcul des droits de son foyer.
11. Il résulte de tout ce qui précède que Mme Khachatryan est seulement fondée à demander l'annulation de la décision du 28 novembre 2022 en tant que le président du conseil départemental de l'Ain a procédé, dans le calcul des droits au revenu de solidarité active du foyer, à la réintégration de sommes ne constituant pas des ressources et provenant des comptes bancaires de personnes déclarées comme membres du foyer.
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département de l'Ain le versement de la somme de 1 000 euros à Me Bouhalassa, avocat de Mme Khachatryan, qui bénéficie de l'aide juridictionnelle, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du président du conseil départemental de l'Ain du 28 novembre 2022 est annulée en tant qu'elle intègre des sommes en provenance des comptes bancaires de M. B C et de Mme B D.
Article 2 : Le département de l'Ain versera la somme de 1 000 (mille) euros à Me Bouhalassa, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département de l'Ain.
Copie en sera adressé à la caisse d'allocations familiales de l'Ain.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 décembre 2023.
La magistrate désignée,
V. Vaccaro-PlanchetLa greffière,
S. Rivoire
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026