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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2300406

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2300406

mercredi 15 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2300406
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantMATRICON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 janvier 2023, et un mémoire enregistré le 8 février 2023, la société Aéroports de Lyon, représentée par Me Matricon demande au juge des référés dans le dernier état de ses conclusions :

1°) de condamner la société France Cargo Handling à lui verser une somme de 292 463,86 euros outre intérêt au taux légal à compter du 3 mai 2021 correspondant à la dette de la société à l'égard de la société Aéroports de Lyon s'agissant de l'occupation du domaine public aéroportuaire jusqu'au 19 janvier 2023 ;

2°) de mettre à la charge de la société France Cargo Handling une somme 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Elle soutient que :

- une procédure de conciliation a été engagée qui n'a pas abouti ;

- la société a conclu une convention a effet au 1er janvier 2020 pour une autorisation d'occupation temporaire du domaine public sur l'aéroport de Lyon Saint-Exupéry ;

- à compter du 13 janvier 2021, la société était redevable d'une somme de 228 673,51 euros ; malgré la mise en place d'un échéancier de paiement la société n'a pas réglé la somme due ;

- la société s'est maintenue dans les lieux jusqu'au terme de la convention, à savoir le 31 décembre 2022 ; par constat d'huissier il a été constaté que le 2 janvier 2023, la société n'a pas libéré le local objet de l'autorisation d'occupation temporaire ; la société est occupante sans droit ni titre depuis le 1er janvier 2023 ;

- une procédure de redressement judiciaire a été ouverte le 19 janvier 2023 et la dette de la société s'élève à 292 463,86 euros incluant 24 103,48 euros au titre des indemnités dues au titre de la période du 1er janvier 2023 au 19 janvier 2023 ; cette dette a fait l'objet d'une déclaration de créance régularisée le 3 février 2023 ;

- le montant de la créance non contesté s'élève à 292 463,86 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2023, la société France Cargo Handling, représentée par Me Laloum-Ghenassia, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société Aéroports de Lyon au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'action en référé provision est contraire aux dispositions de l'article L. 622-21 du code de commerce et la procédure de redressement judiciaire prive d'intérêt à agir la requérante ;

- la créance est sérieusement contestée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de commerce ;

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- l'arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 19 septembre 2018 n°17-13.210 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Clément, président de la 4ème chambre, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A ;

- et les observations de Me Matricon pour la société Aéroports de Lyon. Elle précise que la société est toujours dans les lieux. La société demande que sa créance soit fixée au montant de 292 463,86 euros. La requête est antérieure au jugement d'ouverture de la procédure de redressement et la créance a été déclarée. En vertu de l'article L. 622-22 du code de commerce, la procédure interrompue par le jugement d'ouverture de la procédure de redressement judiciaire est reprise par la déclaration de créance.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Aux termes de l'article R. 541-1 du même code : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie.". Il résulte de ces dispositions que pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.

2. Il résulte de l'instruction que la société France Cargo Handling a bénéficié par une convention d'occupation temporaire du domaine public de mise à disposition de locaux dans la zone de fret de l'aéroport Lyon-Saint-Exupéry. Il résulte de l'instruction que la dette de la société France Cargo Handling relative à cette convention s'élève à un montant total de 292 463,86 euros au 19 janvier 2023, en application des stipulations correspondantes de la convention d'occupation conclue par la société France Cargo Handling.

3. Cependant, le I de l'article L. 622-21 du code de commerce dispose que : " Le jugement d'ouverture interrompt ou interdit toute action en justice de la part de tous les créanciers dont la créance n'est pas mentionnée au I de l'article L. 622-17 et tendant : / 1° A la condamnation du débiteur au paiement d'une somme d'argent ; / 2° A la résolution d'un contrat pour défaut de paiement d'une somme d'argent. " applicable à la procédure de redressement judiciaire en vertu des dispositions de l'article L. 631-14 du même code. Aux termes de l'article L. 622-22 de ce même code : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 625-3, les instances en cours sont interrompues jusqu'à ce que le créancier poursuivant ait procédé à la déclaration de sa créance. Elles sont alors reprises de plein droit, le mandataire judiciaire et, le cas échéant, l'administrateur ou le commissaire à l'exécution du plan nommé en application de l'article L. 626-25 dûment appelés, mais tendent uniquement à la constatation des créances et à la fixation de leur montant. ".

4. Il n'est pas contesté que par un jugement du 19 janvier 2023, le tribunal de commerce de Bobigny a placé la société France Cargo Handling en procédure de redressement judiciaire. Par suite, alors que la procédure de l'article L. 511-1 du code de justice administrative vise à prononcer des mesures provisoires dans un délai rapproché, la requête, qui a pour objet l'a condamnation de la société à lui verser une provision sur les créances nées antérieurement au jugement d'ouverture de la procédure de redressement judiciaire de la société France Cargo Handling et qui ne peut avoir pour objet de constater la créance et d'en fixer le montant, est irrecevable.

5. Il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que la société Aéroports de Lyon, partie perdante, a présenté au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à l'encontre de France Cargo Handling. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la société France Cargo Handling présentées sur le même fondement.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Aéroports de Lyon est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la société France Cargo Handling présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Aéroports de Lyon et à la société France Cargo Handling.

Fait à Lyon le 15 février 2023.

Le juge des référés La greffière

M. A B

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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