mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2300698 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ROBIN VERNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 janvier 2023, M. B A, représenté par Me Robin, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 19 452,05 euros en réparation de ses préjudices résultant de l'illégalité de l'arrêté du 20 avril 2021 par lequel le préfet du Rhône a refusé de renouveler son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire ;
2°) de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de l'Etat sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du 20 avril 2021 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français était entaché d'illégalité ; il a été annulé par le tribunal administratif de Lyon ;
- cette illégalité est fautive et engage la responsabilité de l'Etat ;
- il a subi des préjudices en lien avec cette illégalité ;
- il a subi un préjudice financier résultant de la perte de ses revenus sur la période, pour un montant de 9 105,50 euros, de la minoration du montant de sa prime annuelle d'un montant de 766,55 euros, de ses frais de mutuelle à hauteur de 580 euros ; il a également dû emprunter la somme de 3 000 euros à son conjoint pour régler sa part du loyer ;
- il a subi un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence qu'il évalue à 3 000 euros.
La requête a été communiquée le 16 février 2023 à la préfète du Rhône qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rizzato, première conseillère ;
- et les observations de Me Béligon, représentant le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. Par jugement du 27 septembre 2022, le tribunal administratif de Lyon a annulé l'arrêté du 20 avril 2021 par lequel le préfet du Rhône a refusé de renouveler le titre de séjour de M. B A et l'a obligé à quitter le territoire français. Par un courrier du 30 juin 2022 M. A a demandé l'indemnisation des préjudices résultant de l'illégalité de cet arrêté. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par l'administration sur cette demande. M. B A demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 19 452,05 euros.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat :
2. L'arrêté du 20 avril 2021 du préfet du Rhône a été annulé par jugement du 27 septembre 2022 du tribunal administratif de Lyon, devenu définitif, au motif que le refus de renouvellement du titre de séjour opposé à M. A méconnaissait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet du Rhône a ainsi commis une illégalité fautive de nature à engager la responsabilité de l'Etat.
En ce qui concerne les préjudices :
3. Il résulte de l'instruction que le contrat de travail de M. A, qui était employé en contrat à durée indéterminé, a été suspendu par son employeur à compter du 14 juin 2022 en raison du refus de renouvellement de son titre de séjour. Compte-tenu de la durée de sa suspension, le préjudice financier subi par M. A du fait de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour correspondant à sa perte de salaire, à la minoration de sa prime de fin d'année et à la part salariale de ses cotisations mutuelles sur la période doit être fixé à 6 900 euros. En revanche, le requérant ne justifie pas, par les pièces qu'il produit, avoir subi un préjudice supplémentaire correspondant à la somme qu'il aurait empruntée à son conjoint pour payer sa part de loyer.
4. Il sera par ailleurs fait une juste appréciation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence subis par M. A en lien avec l'illégalité de la décision fautive, en condamnant l'Etat à lui verser une somme de 2 000 euros en réparation de ces préjudices.
5. Il résulte de ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser la somme totale de 8 900 euros à M. A.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. A d'une somme de 1 200 euros au titre de ses frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. A la somme de 8 900 euros en réparation des préjudices subis.
Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Rizzato, première conseillère,
Mme Gros, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
La rapporteure,
C. Rizzato
Le président,
M. ClémentLa greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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