LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2300825

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2300825

mardi 4 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2300825
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSELARL JEROME LETANG

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 3 février 2023, 6 mars 2024 et 24 décembre 2024, la société Dépôt Bennes Services, représentée par la SELARL Jérôme Letang, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 5 décembre 2022 par lequel le préfet du Rhône l'a mise en demeure de suspendre toute activité d'apport de déchets dangereux sur le terrain de l'ancienne carrière CMSA jusqu'à ce qu'il ait été statué sur une régularisation administrative éventuelle, et de régulariser la situation administrative de ses activités.

Elle soutient que :

- la décision est entachée d'une erreur de fait, la société Dépôt Bennes Services n'effectuant aucune activité d'apport de déchets dangereux, et les déchets dont la présence a été constatée résultant d'un dépôt sauvage ;

- les dispositions prises par l'arrêté litigieux méconnaissent le principe de nécessité et sont disproportionnées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable pour défaut de moyens, en application de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Richard-Rendolet, premier conseiller,

- les conclusions de M. Gilbertas, rapporteur public,

- et les observations de Me Letang, pour la société requérante.

Considérant ce qui suit :

1. Le 4 octobre 2022, l'inspection des installations classées de la direction régionale de l'environnement de l'aménagement et du logement (DREAL) d'Auvergne-Rhône-Alpes a constaté la présence de bennes de la société Dépôt Bennes Services contenant des produits dangereux sur un terrain situé rue du Portugal à Colombier-Saugnieu (Rhône). A la suite de cette visite d'inspection, un rapport de l'inspection des installations classées, relevant des non-conformités ayant trait au transit de déchets dangereux sans autorisation et à la présence non autorisée de plus d'une tonne de déchets dangereux sur le site, a été adressé le 27 octobre 2022 à la société Dépôt Bennes Services, qui occupe ce terrain. Par un arrêté du 5 décembre 2022, le préfet du Rhône a mis en demeure cette société de suspendre toute activité d'apport de déchets dangereux sur ce terrain jusqu'à ce qu'il ait été statué sur une régularisation administrative éventuelle, et de régulariser la situation administrative de ses activités, soit en déposant dans les trois mois, une demande de cessation définitive d'activité, soit en déposant, dans les six mois, une demande d'autorisation environnementale concernant l'activité de transit de déchets dangereux. La société Dépôt Bennes Services demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 171-7 du code de l'environnement : " I. - Indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées, lorsque des installations ou ouvrages sont exploités, des objets et dispositifs sont utilisés ou des travaux, opérations, activités ou aménagements sont réalisés sans avoir fait l'objet de l'autorisation, de l'enregistrement, de l'agrément, de l'homologation, de la certification ou de la déclaration requis en application du présent code, ou sans avoir tenu compte d'une opposition à déclaration, l'autorité administrative compétente met l'intéressé en demeure de régulariser sa situation dans un délai qu'elle détermine, et qui ne peut excéder une durée d'un an. () ". Aux termes de l'article L. 511-2 du code de l'environnement : " Les installations visées à l'article L. 511-1 sont définies dans la nomenclature des installations classées établie par décret en Conseil d'Etat, pris sur le rapport du ministre chargé des installations classées, après avis du Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques. Ce décret soumet les installations à autorisation, à enregistrement ou à déclaration suivant la gravité des dangers ou des inconvénients que peut présenter leur exploitation () ". Aux termes de l'article L. 512-1 du même code : " Sont soumises à autorisation les installations qui présentent de graves dangers ou inconvénients pour les intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 ".

3. Il résulte des dispositions du I de l'article L. 171-7 du code de l'environnement, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 19 juillet 1976, que lorsque l'inspecteur des installations classées a constaté, selon la procédure requise par le code de l'environnement, l'inobservation de conditions légalement imposées à l'exploitant d'une installation classée, le préfet, sans procéder à une nouvelle appréciation de la violation constatée, est tenu d'édicter une mise en demeure de satisfaire à ces conditions dans un délai déterminé.

4. Pour contester la mise en demeure qui lui a été adressée par le préfet du Rhône et exposer que celle-ci était sans objet à la date de son édiction, la société Dépôt Bennes Services soutient que les déchets dont la présence a été constatée par les inspecteurs de l'environnement résultent de dépôts sauvages et qu'elle en ignorait jusqu'ici l'existence, qu'à la suite de la réception du rapport d'inspection le 27 octobre 2022 elle a fait retirer le contenu des deux bennes et a fait excaver le sol pollué par des sociétés spécialisées en octobre et novembre 2022 et en a informé la DREAL par un courrier du 23 novembre 2022, et produit un constat de commissaire de justice en date du 9 février 2024 attestant que ce terrain est désormais inoccupé et ne contient plus aucune benne.

5. Il résulte de l'instruction que le 4 octobre 2022, lors d'un contrôle inopiné, les agents de l'inspection des installations classées de la DREAL d'Auvergne-Rhône-Alpes ont constaté la présence, sur un terrain situé rue du Portugal dans la commune de Colombier-Saugnieu, exploité par la société Dépôt Bennes Services, d'une vingtaine de bennes dont une benne remplie de bouteilles de gaz et une benne chargée de fûts métalliques souillés qui ont entraîné une pollution grasse du sol visible à l'œil nu, le poids total de ces déchets étant estimé à plus d'une tonne. Le stockage et la présence de ces déchets, qui appartiennent à la catégorie des déchets dangereux relevant du régime de l'autorisation préfectorale, n'ayant pas été déclarés par la société Dépôt Bennes Services en méconnaissance de l'article L. 511-2 du code de l'environnement précité, la préfète du Rhône a mis en demeure cette société de suspendre toute activité d'apport de déchets dangereux sur ce terrain et de régulariser la situation administrative de cette activité. Si la société requérante expose qu'elle a rapidement fait enlever les déchets en question et a fait procéder au nettoyage du sol, mesures qui au demeurant ne lui étaient pas réclamées par la mise en demeure, elle ne conteste pas avoir été, à la date de l'inspection, l'exploitant du terrain sur lequel la présence de ces déchets dangereux a été constatée, circonstance fondant la mise en demeure, que le dépôt de ces déchets résulte de son action ou non. Elle n'expose pas non plus avoir, avant que cette mise en demeure ne lui soit adressée, régularisé sa situation en procédant à la cessation définitive d'activité ou avoir déposé une demande d'autorisation environnementale permettant le transit de déchets dangereux. Si elle expose que les actions d'excavation du sol pollué et d'enlèvement des déchets entreprises à la suite du rapport des inspecteurs de l'environnement équivalent à une cessation d'activité, elle ne démontre pas avoir réalisé les démarches administratives exigées par les dispositions des articles R. 512-39-1 et suivants du code de l'environnement pour cette procédure. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir qu'à la date de son édiction, la mise en demeure contestée était dépourvue d'objet. Le moyen doit ainsi être écarté.

6. Si la société requérante soutient que les sanctions qui lui sont appliquées méconnaissent les principes de nécessité et sont disproportionnées, il est constant que l'arrêté attaqué se borne à la mettre en demeure de suspendre son activité d'apport de déchets dangereux et de régulariser sa situation administrative, et il ne résulte pas de l'instruction que des sanctions aient été prises à son encontre dans le cadre de la mise en demeure. Dans ces conditions, le moyen doit être écarté comme inopérant.

7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense, que la société Dépôt Bennes Services n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 5 décembre 2022 du préfet du Rhône portant mise en demeure. Pra suite, sa requête doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : La requête de la société Dépôt Bennes Services est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Dépôt Bennes Services et à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche.

Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 21 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Drouet, président,

M. Richard-Rendolet, premier conseiller,

Mme Viotti, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.

Le rapporteur,

F-X. Richard-Rendolet

Le président,

H. Drouet

La greffière,

C. Chareyre

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Une greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions