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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2301501

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2301501

mardi 10 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2301501
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantREY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 février 2023 et un mémoire complémentaire, enregistré le 26 juillet 2024, la Métropole de Lyon, représentée par la SELAS Adaltys Affaires Publiques, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du préfet du Rhône du 19 juillet 2022 fixant le montant de la dotation de compensation pour transferts des compensations d'exonération de fiscalité directe locale (DTCE-FDL) pour 2022 à 2 094 905 euros, ensemble la décision du 13 décembre 2022 rejetant son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de prendre un nouvel arrêté, dans le délai de quinze jours, en ne tenant compte que des recettes réelles de fonctionnement correspondant à ses seules compétences départementales c'est-à-dire en affectant à l'ensemble des recettes réelles de fonctionnement un coefficient de 55,45% notamment pour calculer la minoration de la DTCE-FDL 2017 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le préfet du Rhône a méconnu les dispositions du III de l'article 33 de la loi de finances pour l'année 2017 en calculant le coefficient de minoration de la DTCE-FDL applicable à la Métropole de Lyon pour 2017 au prorata de ses recettes réelles de fonctionnement et non en retenant les seules recettes réelles de fonctionnement qu'aurait perçues en 2015 le département historique du Rhône sur le territoire de la Métropole de Lyon ;

- la volonté du législateur était de prévoir une modalité de répartition de la minoration tenant compte des disparités entre collectivités au sein d'une même catégorie ; cette modalité de répartition permet de garantir le principe d'égalité des collectivités territoriales devant les charges publiques ;

- la minoration irrégulière de la dotation 2017 entraine une minoration illégale du montant de la DTCE-FDL pour 2022 en litige dès lors que le montant de l'année N est calculé à partir du montant de l'année N-1.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2023, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la Constitution ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- la loi n° 2009-1673 du 30 décembre 2009 ;

- la loi n° 2016-1917 du 29 décembre 2016 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Rizzato, première conseillère,

- les conclusions de Mme Tocut, rapporteure publique,

- et les observations de Me Rey pour la Métropole de Lyon.

Une note en délibéré présentée pour la Métropole de Lyon a été enregistrée le 30 août 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 19 juillet 2022 le préfet du Rhône a fixé le montant de la dotation de compensation pour transferts des compensations d'exonération de fiscalité directe locale (DTCE-FDL) de la Métropole de Lyon pour 2022 à 2 094 905 euros. La Métropole de Lyon demande l'annulation de cette décision et de la décision du 13 décembre 2022 rejetant son recours gracieux.

2. Dans le cadre de la réforme de la fiscalité locale, les départements et la Métropole de Lyon ont reçu au titre de l'année 2010, une dotation de compensation des mesures d'allégement de fiscalité directe locale. L'article 77 de la loi de finances pour 2010 du 30 décembre 2009 a institué, à compter de l'année 2011, une dotation au profit des départements se substituant aux compensations de fiscalité directe locale supprimées à l'occasion de la réforme de la fiscalité directe locale et prévoit, dans sa version applicable au litige que " XVIII () A compter de 2017, il est appliqué une minoration à chacune des allocations compensatrices versées au titre de 2016 en application du présent XVIII et composant la dotation au profit des départements se substituant aux compensations de fiscalité directe locale. Au titre de 2017, la minoration s'effectue par application à chacune de ces allocations, avant leur agrégation pour former la dotation au profit des départements, du taux prévu pour 2017 au III de l'article 33 de la loi n° 2016-1917 du 29 décembre 2016 de finances pour 2017. Au titre de 2018, avant leur agrégation pour former la dotation au profit des départements, chacune de ces allocations compensatrices, à laquelle est appliqué le taux d'évolution prévu pour 2017 au III de l'article 33 de la loi n° 2016-1917 du 29 décembre 2016 précitée, est minorée par application du taux prévu pour 2018 au V de l'article 41 de la loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018. Au titre de 2019, avant leur agrégation pour former la dotation au profit des départements, chacune de ces allocations compensatrices est minorée par application d'un taux qui, appliqué au montant total à verser au titre de l'année 2018, aboutit à un montant total de 421 027 497 €. Au titre de 2020, avant leur agrégation pour former la dotation au profit des départements, chacune de ces allocations compensatrices est minorée par application d'un taux qui, appliqué au montant total à verser au titre de l'année 2019, aboutit à un montant total de 392 598 778 €. Au titre de 2021, avant leur agrégation pour former la dotation au profit des départements, chacune de ces allocations compensatrices est minorée par application d'un taux qui, appliqué au montant total à verser au titre de l'année 2020, aboutit à un montant total de 372 198 778 €. Au titre de 2022, le montant à verser est égal au montant versé en 2021 ". Aux termes des dispositions de l'article 33 de la loi du 29 décembre 2016 de finances pour 2017: " " III.- Le taux d'évolution en 2017 de la dotation de compensation mentionnée dans les dispositions modifiées au 1° du M A du présent article est celui qui, appliqué au montant total à verser au titre de l'année 2016 pour cette dotation, aboutit à un montant total pour 2017 de 436 511 551 €. / () VIII.- Pour l'application des III et VI du présent article, la minoration cumulée des dotations de compensation mentionnées, d'une part, dans les dispositions modifiées au 1° du M A du présent article et, d'autre part, au 1.2 du 1 de l'article 78 de la loi n° 2009-1673 du 30 décembre 2009 précitée est répartie entre les départements, la métropole de Lyon, les collectivités territoriales de Guyane et de Martinique et les collectivités mentionnées à l'article L. 3441-1 du code général des collectivités territoriales, à l'exception du Département de Mayotte. Le montant total de la minoration supportée par les collectivités d'outre-mer susmentionnées est déterminé en appliquant au montant total de la minoration le rapport, minoré de 33 %, entre la population de ces collectivités d'outre-mer, telle qu'elle résulte du dernier recensement, et la population de l'ensemble des départements, de la métropole de Lyon et desdites collectivités d'outre-mer. Cette minoration est répartie entre ces collectivités d'outre-mer au prorata des recettes réelles de fonctionnement de leur budget principal de l'année 2015. Après application de la minoration supportée par les collectivités d'outre-mer susmentionnées, la minoration est répartie entre les départements de métropole et la métropole de Lyon au prorata des recettes réelles de fonctionnement de leur budget principal de l'année 2015. Si, pour une de ces collectivités, la minoration ainsi calculée excède le montant cumulé des deux dotations susmentionnées, la différence est répartie entre les autres collectivités selon les mêmes modalités. /La minoration calculée pour chaque collectivité selon les modalités décrites au premier alinéa du présent VIII est répartie entre les dotations de compensation mentionnées, d'une part, dans les dispositions modifiées au 1° du M A du présent article et, d'autre part, au 1.2 du 1 de l'article 78 de la loi n° 2009-1673 du 30 décembre 2009 précitée au prorata des montants respectifs de ces dotations perçus par la collectivité concernée en 2016. ".

3. Par ailleurs, en vertu des dispositions de l'article L. 3611-1 du code général des collectivités territoriales : " Il est créé une collectivité à statut particulier, au sens de l'article 72 de la Constitution, dénommée " métropole de Lyon ", en lieu et place de la communauté urbaine de Lyon et, dans les limites territoriales précédemment reconnues à celle-ci, du département du Rhône ".

4. En premier lieu et d'une part, en soutenant, que la minoration irrégulière du montant de la DTCE-FDL 2017 a nécessairement conduit à irrégulièrement minorer le montant de sa dotation 2022 la Métropole de Lyon doit être regardée comme excipant de l'illégalité de la décision par laquelle le préfet du Rhône a fixé le montant de cette minoration et le montant de sa dotation pour 2017.

5. D'autre part, l'exception d'illégalité d'un acte réglementaire peut être formée à toute époque, même après l'expiration du délai du recours contentieux contre cet acte. S'agissant d'un acte non réglementaire, l'exception n'est, en revanche, recevable que si l'acte n'est pas devenu définitif à la date à laquelle elle est invoquée, sauf dans le cas où l'acte et la décision ultérieure constituant les éléments d'une même opération complexe, l'illégalité dont l'acte serait entaché peut être invoquée en dépit du caractère définitif de cet acte.

6. Il est constant que la décision fixant à 3 284 826 euros le montant de la dotation DTCE-FDL accordée à la Métropole de Lyon pour 2017 était devenu définitive à la date d'introduction de la présente requête. Il suit de là que le moyen tiré l'exception d'illégalité de la décision fixant le coefficient de minoration pour 2017, acte non règlementaire, est irrecevable et doit, dès lors, être écarté.

7. En deuxième lieu, il résulte des dispositions précitées de l'article 77 de la loi de finances pour 2010 que le montant des dotations à verser pour l'année 2021 est calculé en fonction du montant versé en 2020. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de calcul commis dans la minoration appliquée au titre de la dotation 2017 est inopérant à l'encontre de la décision en litige, la dotation pour 2020 n'ayant pas été contestée.

8. Il résulte de ce qui précède que la Métropole de Lyon n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision en litige. Les conclusions en ce sens de la requête doivent, dès lors, être rejetées ainsi que les conclusions tendant à l'annulation de la décision rejetant le recours gracieux dirigé contre cette décision.

9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions de la requête à fin d'injonction doivent donc être rejetées.

10. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme réclamée sur leur fondement par la Métropole de Lyon.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de la Métropole de Lyon est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la Métropole de Lyon et à la Préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 29 août 2024, à laquelle siégeaient :

M. Clément, président,

Mme Rizzato, première conseillère,

Mme Gros, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 septembre 2024.

La rapporteure,

C. Rizzato

Le président,

M. Clément

La greffière,

T. Andujar

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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