lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2301662 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU 2ème chambre |
| Avocat requérant | PETIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 28 février, 19 octobre et 9 novembre 2023, la SCI HJS, représentée par Me Bensahkoun, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du président de la métropole de Lyon en date du 26 décembre 2022, prononçant la mise en sécurité de l'immeuble situé 36 avenue des Sports à Bron ;
2°) de mettre à la charge de la métropole de Lyon la somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la mise en sécurité est disproportionnée par rapport aux désordres constatés qui ne représentaient pas un danger imminent pour la sécurité des personnes ;
- l'absence de procédure contradictoire vicie l'arrêté ;
- le bureau Vernay n'était pas agréé ;
- l'arrêté est entaché d'incompétence, seul le maire de Bron ayant compétence ;
- en l'absence de saisine du juge des libertés et de la détention, la visite des lieux a été irrégulière et l'arrêté est donc illégal.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 septembre et 17 novembre 2023, la métropole de Lyon, représentée par Me Nugue, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la société HJS, à lui verser sur le fondement de L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 20 novembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
La présidente du tribunal a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Wolf, présidente honoraire,
- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,
- les observations de Me Delacroix, pour la métropole de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI HJS est propriétaire d'un immeuble situé 36 avenue des Sports à Bron. Le président de la métropole de Lyon a ordonné, le 26 décembre 2022, l'évacuation, sous trois jours, de l'immeuble, de procéder à la coupure de l'ensemble des réseaux eau, électricité et gaz et de purger les éléments de vitrage instables. La société HJS demande au tribunal d'annuler ledit arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de la construction et de l'habitation : " La police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations est exercée dans les conditions fixées par le présent chapitre et précisées par décret en Conseil d'Etat. ". Aux termes de l'article L. 511-2 de ce code : " La police mentionnée à l'article L. 511-1 a pour objet de protéger la sécurité et la santé des personnes en remédiant aux situations suivantes : 1° Les risques présentés par les murs, bâtiments ou édifices quelconques qui n'offrent pas les garanties de solidité nécessaires au maintien de la sécurité des occupants et des tiers ; 2° Le fonctionnement défectueux ou le défaut d'entretien des équipements communs d'un immeuble collectif à usage principal d'habitation, lorsqu'il est de nature à créer des risques sérieux pour la sécurité des occupants ou des tiers ou à compromettre gravement leurs conditions d'habitation ou d'utilisation () ". Aux termes de l'article L. 511-10 du même code : " L'arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité est pris à l'issue d'une procédure contradictoire avec la personne qui sera tenue d'exécuter les mesures : le propriétaire ou le titulaire de droits réels immobiliers sur l'immeuble, le local ou l'installation, tels qu'ils figurent au fichier immobilier ou, dans les départements de la Moselle, du Bas-Rhin ou du Haut-Rhin, au livre foncier, dont dépend l'immeuble ". Enfin, aux termes de l'article L. 511-19 du même code : " En cas de danger imminent, manifeste ou constaté par le rapport mentionné à l'article L. 511-8 ou par l'expert désigné en application de l'article L. 511-9, l'autorité compétente ordonne par arrêté et sans procédure contradictoire préalable les mesures indispensables pour faire cesser ce danger dans un délai qu'elle fixe ".
3. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que l'installation électrique des parties communes de l'immeuble, situé 36 avenue des Sports à Bron, ne comportait pas de circuit de communication du branchement dit " de téléreport ", que les canalisations principales passaient dans des panneaux bois, qu'il n'y avait pas de barrette de coupure de terre, que la valeur de la prise de terre était trop élevée pour une protection différentielle principale de 500 mA, que des protections électriques avaient été ajoutées sur le tracé de la canalisation principale, que les raccordements de sections de fils électriques étaient trop faibles pour être correctement protégés contre les surintensités, qu'il n'y avait pas de protection contre les surintensités des circuits d'éclairage des communs, que des bornes dites " Ferrel " étaient utilisées sur le trajet des dérivations individuelles des logements, qu'il y avait trop de raccordements de sections différentes de fils électriques sur les bornes dites " Ferrel ", qu'il n'y avait pas de protection mécanique, telles goulottes ou chemins de câbles, sur toutes les canalisations électriques, que la boîte de dérivation était trop petite pour accueillir l'ensemble des dérivations et raccordements. Ces désordres créaient un risque de surcharge des canalisations électriques susceptibles de provoquer un départ de feu ou un incendie. En outre, le rapport de la métropole mentionne qu'un carreau est cassé dans les parties communes, créant un risque de chute d'éléments coupants sur la voirie et qu'il n'y a pas de mise hors gel sur la canalisation d'eau.
4. La société HJS ne conteste pas ces désordres mais soutient que le risque de départ de feu est anecdotique, voire nul. Toutefois ce risque d'incendie est réel, même s'il est imprévisible. Il justifiait que, sur le fondement de l'article L. 511-2 2° précité du code de la construction et de l'habitation soit engagée la procédure prévue à cet article pour mettre fin aux risques sérieux qu'encourraient les requérants dans leur sécurité et leurs conditions d'habitation et d'utilisation des lieux loués, incluant les parties communes. En revanche, il ne résulte pas de l'instruction que l'un au moins des désordres constatés entrainait un danger imminent. Dans ces conditions, c'est à tort que la métropole de Lyon n'a pas, préalablement à l'arrêté de mise en sécurité, engagé, avec la personne tenue d'exécuter les travaux, la procédure contradictoire prévue à l'article L. 511-10 précité du code de la construction et de l'habitation.
5. Par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, la société HJS est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 26 décembre 2022.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la société HJS, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, à verser à la métropole de Lyon. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la métropole de Lyon une somme à verser à la société HJS sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 26 décembre 2022 du président de la métropole de Lyon, prononçant la mise en sécurité de l'immeuble situé 36 avenue des Sports à Bron, est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI HJS et à la métropole de Lyon.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.
La magistrate désignée,
A. Wolf Le greffier,
J-P. Duret
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Un greffier
N°230166
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026