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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2302841

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2302841

vendredi 19 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2302841
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation8ème chambre
Avocat requérantTROJMAN-MOTILA ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a examiné deux requêtes de M. A..., agent de la métropole de Lyon. La première, en plein contentieux, visait à obtenir réparation pour des préjudices résultant de faits de harcèlement moral et de discrimination, tandis que la seconde contestait l'arrêté de révocation pris à son encontre. Le tribunal a rejeté l'intégralité des demandes indemnitaires de M. A..., estimant que l'existence d'un harcèlement moral ou d'une discrimination n'était pas établie. Concernant la sanction de révocation, le tribunal a également rejeté la requête en annulation, jugeant que les moyens soulevés, notamment l'irrégularité de la procédure disciplinaire et le caractère disproportionné de la sanction, n'étaient pas fondés. Les décisions s'appuient sur les dispositions du code général de la fonction publique et du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le n°2302841, le 6 avril 2023 et les 1er octobre et 2 décembre 2024, M. C... A..., représenté par la SELARL Trojman–Motila associés (Me Motila), demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner la métropole de Lyon à lui verser la somme totale de 1 525 000 euros en réparation des divers préjudices qu’il a subis ;

2°) de mettre à la charge de la métropole de Lyon une somme de 10 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
– il est victime de faits de harcèlement moral et de discrimination ;
– malgré les alertes auprès de sa hiérarchie, celle-ci n’a jamais donné suite à ces signalements ;
– la métropole de Lyon a manqué à ses obligations en matière de prévention des risques psycho-sociaux et de protection de son agent ;
– elle est tenue de réparer les préjudices qu’il a subis, ses manquements étant de nature à engager sa responsabilité ;
– elle doit être condamnée à lui verser les sommes de 300 000 euros pour le harcèlement moral institutionnel subi, 150 000 euros pour la discrimination patronymique, 200 000 euros pour la discrimination liée à l’orientation sexuelle, 100 000 euros pour la discrimination liée à sa santé mentale, 75 000 euros pour la discrimination liée à ses relations politiques, 120 000 euros au titre de la diffamation professionnelle, 80 000 euros au titre de la violation de sa vie privée, 150 000 euros pour manquement à sa sécurité, 250 000 euros pour sa révocation abusive ainsi qu’une somme couvrant son préjudice moral et social global.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 mars et 18 décembre 2024, la métropole de Lyon, représentée par la SELARL Carnot avocats (Me Prouvez), conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :
– l’existence d’un harcèlement moral ou d’une discrimination à l’encontre de M. A... n’est pas établie ;
– le requérant ne justifie d’aucun préjudice qui serait lié au prétendu harcèlement ou à la discrimination alléguée.

La procédure a été communiquée à la caisse primaire d’assurance maladie du Rhône qui n’a pas produit d’observations.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2407538, les 30 juillet et 12 novembre 2024, M. C... A..., représenté par la SELARL Trojman–Motila associés (Me Motila), demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d’annuler l’arrêté du président de la métropole de Lyon en date du 15 juillet 2024 prononçant sa révocation ;

2°) de condamner la métropole de Lyon à lui verser les sommes de :
7 500 euros au titre de traitement non perçu entre septembre et novembre 2024,
50 000 euros au titre du préjudice moral subi,
5 000 euros au regard du compte épargne temps qu’il a été dans l’obligation d’utiliser.

3°) de mettre à la charge de la métropole de Lyon une somme de 6 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
– il n’est pas justifié d’une délégation de pouvoir du signataire de la décision attaquée ;
– l’avis du conseil de discipline est irrégulier en raison de la présence en séance d’une personne avec laquelle il est en conflit d’intérêt et qui, de ce fait, a pu influencer les membres dudit conseil ;
– la métropole de Lyon n’a pas pris en considération les principes de non-discrimination, de protection fonctionnelle contre le harcèlement, le devoir d’impartialité et les obligations de neutralité et de secret professionnel ;
– sa situation n’a pas fait l’objet d’un traitement équitable ; il a subi une différence de traitement par rapport aux autres agents ;
– les faits ne sont matériellement pas établis ;
la sanction est disproportionnée ;
– sa révocation ayant eu des conséquences financières, la métropole de Lyon sera condamnée à lui verser une indemnité pour son préjudice matériel, son préjudice moral et l’utilisation de son compte épargne temps.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 octobre 2024, la métropole de Lyon, représentée par la SELARL Carnot avocats (Me Prouvez), conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par lettre du 12 novembre 2024, les parties ont été informées, en application de l’article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il est envisagé d’appeler l’affaire à une audience et de la date à partir de laquelle l’instruction pourra être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 et le dernier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.

Une ordonnance portant clôture immédiate de l’instruction a été émise le 16 mai 2025.

Par lettre du 30 octobre 2025, M. A... a été invité à régulariser les conclusions indemnitaires de sa requête, dans un délai de quinze jours, au regard des dispositions de l’article R. 612-1 du code de justice administrative.

Des pièces complémentaires, présentées pour M. A... en application de l’article R. 613-1-1 du code de justice administrative, ont été enregistrées le 19 novembre 2025 et communiquées le même jour en application de cet article.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
– le code général de la fonction publique ;
– le code du travail ;
– le décret n° 85-603 du 10 juin 1985 ;
– le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
– le rapport de Mme Monteiro, première conseillère,
– les conclusions de M. Gilbertas, rapporteur public,
– les observations de M. A..., requérant, et les observations de Me Litzler, substituant Me Prouvez, représentant la métropole de Lyon.


Considérant ce qui suit :

M. A..., adjoint technique de première classe au sein de la métropole de Lyon, exerce les fonctions d’agent de nettoiement depuis 2008. Estimant être victime depuis 2020 de faits de harcèlement moral et de discrimination, M. A... a adressé à la métropole de Lyon une demande indemnitaire préalable le 30 novembre 2022, réceptionnée le 6 décembre suivant. Le silence gardé par l’administration pendant plus de deux mois ayant fait naître une décision implicite de rejet, M. A... demande au tribunal, dans la requête enregistrée sous le n° 2302841, de condamner la métropole de Lyon à lui verser la somme globale de 1 525 000 euros en réparation des préjudices qu’il estime avoir subis. Par la suite, par un arrêté en date du 15 juillet 2024, le président de la métropole de Lyon a prononcé, à titre disciplinaire, sa révocation. M. A... demande au tribunal, dans la requête enregistrée sous le n° 2407538, d’annuler cette décision et de condamner la métropole de Lyon à lui verser la somme globale de 62 500 euros en réparation des préjudices qu’il estime avoir subis.

Les requêtes n os 2302481 et 2407538 présentées par M. A... concernent un même agent, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l’objet d’une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.


Sur les conclusions indemnitaires de la requête n° 2302841 :

En premier lieu, d’une part, aux termes de l’article L. 133-2 du code général de la fonction publique : « Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. ». Selon l’article L. 133-3 du même code : « Aucun agent public ne peut faire l’objet de mesures mentionnées au premier alinéa de l’article L. 135-4 pour avoir : / 1° Subi ou refusé de subir les faits de harcèlement sexuel mentionnés à l’article L. 133-1, y compris, dans le cas mentionné au 1° du même article L. 133-1, si les propos ou comportements n’ont pas été répétés, ou de harcèlement moral mentionnés à l’article L. 133-2 ; / 2° Formulé un recours auprès d’un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces faits ; / 3° De bonne foi, relaté ou témoigné de tels faits. (…) ». L’article L. 135-4 du même code dispose : « Aucun agent public ne peut faire l’objet d’une mesure concernant le recrutement, la titularisation, la radiation des cadres, la rémunération, la formation, l’appréciation de la valeur professionnelle, la discipline, le reclassement, la promotion, l’affectation, les horaires de travail ou la mutation, ni de toute autre mesure mentionnée aux 11° et 13° à 15° du II de l’article 10-1 de la loi n°2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique, ni de menaces ou de tentatives de recourir à celles-ci (…) ».

D’autre part, aux termes de l’article L. 131-1 du code général de la fonction publique : « Aucun distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les agents publics en raison de leurs opinions politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur origine, de leur orientation sexuelle ou identité de genre, de leur âge, de leur patronyme, de leur situation de famille ou de grossesse, de leur état de santé, de leur appartenance physique, de leur handicap, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race, sous réserve des dispositions des articles L. 131-5, L. 131-6 et L. 131-7. ».

Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d’agissements constitutifs de harcèlement moral ou de discrimination, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l’existence d’un tel harcèlement ou d’une telle discrimination. Il incombe à l’administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement ou à toute discrimination. La conviction du juge, à qui il revient d’apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu’il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d’instruction utile. D’autre part, pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu’ils sont constitutifs d’un harcèlement moral ou d’une discrimination revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l’agent auquel il est reproché d’avoir exercé de tels agissements et de l’agent qui estime avoir été victime d’un harcèlement moral ou d’une discrimination. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l’existence d’un harcèlement moral est établie, qu’il puisse être tenu compte du comportement de l’agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui. Pour être qualifiés de harcèlement moral, de tels faits répétés doivent excéder les limites de l’exercice normal du pouvoir hiérarchique.

M. A... soutient avoir été victime de faits répétées d’agressivité et de dénigrements de la part de ses collègues et de sa hiérarchie. Cependant, les propos ou le comportement dont le requérant dit avoir fait l’objet permettent seulement de caractériser l’existence de relations sociales dégradées au sein du service mais nullement de caractériser des violences verbales ou des agissements malveillants et répétés à l’encontre de M. A.... En particulier, l’empoisonnement par ses collègues, allégué par le requérant, n’a fait l’objet d’aucune constatation médicale et ne peut être regardé comme établi. De même, les différentes pièces produites quant à la relation entre le requérant et sa hiérarchie ne démontrent que des mises au point nécessaires n’ayant pas dépassé le cadre des limites du pouvoir hiérarchique. Il en est de même de la procédure disciplinaire engagée à son encontre. Enfin, si M. A... soutient être victime de discrimination sur différents plans, il n’apporte aucun élément permettant de faire présumer l’existence d’une discrimination qui serait fondée sur ses opinions politiques, philosophiques, religieuses, son origine, son patronyme ou son orientation sexuelle. Si des propos homophobes ont bien été tenus à son encontre, il ressort des pièces du dossier qu’il s’agit d’un fait isolé pour lequel son auteur a été sanctionné par la métropole de Lyon. Ainsi, les éléments apportés par le requérant, pris isolément ou dans leur ensemble, ne permettent pas de faire présumer de l’existence d’une situation de harcèlement moral ou de discrimination.

En deuxième lieu, d’une part, aux termes de l’article L. 134-1 du code général de la fonction publique : « L'agent public ou, le cas échéant, l'ancien agent public bénéficie, à raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire, dans les conditions prévues au présent chapitre. » Aux termes de l’article L. 134-5 du même code : « La collectivité publique est tenue de protéger l'agent public contre les atteintes volontaires à l'intégrité de sa personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. / Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. ».

D’autre part, aux termes de l’article L. 136-1 du code général de la fonction publique : « Des conditions d'hygiène et de sécurité de nature à préserver leur santé et leur intégrité physique sont assurées aux agents publics durant leur travail (…) ». Aux termes de l’article 2-1 du décret du 10 juin 1985 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la médecine professionnelle et préventive dans la fonction publique territoriale : « les autorités territoriales sont chargées de veiller à la sécurité et à la protection de la santé des agents placés sous leur autorité. ».

Il appartient aux autorités administratives, qui ont l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et morale de leurs agents, d’assurer, sauf à commettre une faute de service, la bonne exécution des dispositions législatives et réglementaires qui ont cet objet.

M. A... soutient que la métropole de Lyon n’a pris aucune mesure permettant de prévenir l’atteinte à sa santé en raison des agissements anormaux dont il a été victime et de la dégradation de ses conditions de travail caractérisant une situation de harcèlement moral. Toutefois, et ainsi qu’il a été dit au point 6, il ne résulte pas de l’instruction que M. A... ait été victime d’une situation de harcèlement moral ou de discrimination et que son employeur aurait laissé perdurer cette dernière. Dès lors, le requérant n’est pas fondé à se prévaloir de l’existence de manquements de la métropole de Lyon à son obligation de sécurité envers les agents, ni de l’engagement de la responsabilité de cette dernière au regard d’une responsabilité pour faute ou sans faute.

Il résulte de l’ensemble de ce qui précède que M. A... n’est pas fondé à soutenir que la métropole de Lyon a commis une faute de nature à engager sa responsabilité. Les conclusions indemnitaires de la requête n° 2302841 doivent par suite être rejetées.


Sur les conclusions à fin d’annulation de la requête n° 2407538 :

En premier lieu, l’arrêté contesté du 15 juillet 2024 a été signé pour le président de la métropole de Lyon par Mme D... B..., 10ème vice-présidente. A cet égard, l’arrêté n° 2023-06-28-R-0490 du 28 juin 2023 par lequel le président de la métropole de Lyon a accordé une délégation de fonctions et de signature à Mme B... en différentes matières, librement accessible tant au juge qu’aux parties, indique que celle-ci reçoit délégation pour les « sanctions disciplinaires et saisine du conseil de discipline, hors avertissements et blâmes ». Par suite, le moyen tiré de l’incompétence de l’auteur de l’acte ne pourra qu’être écarté.

En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort d’aucune pièce du dossier que le représentant du personnel qui a siégé lors de la séance du conseil de discipline examinant son dossier, avec lequel il prétend être en conflit, aurait manifesté une animosité particulière à son encontre ou fait preuve de partialité. Par suite, le moyen tiré de l’irrégularité de l’avis du conseil de discipline doit être écarté.

En troisième lieu, si M. A... fait valoir que les pièces qu’il a produites pour sa défense ont été utilisées contre lui dans le cadre de la procédure disciplinaire, il ressort des pièces du dossier qu’il a été à même de présenter ses observations sur l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés et que ces observations ont été présentées à tous les membres du conseil de discipline. Ainsi, les droits de la défense n’ayant pas été méconnus, le requérant n’est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait été prise au terme d’une procédure irrégulière. Par suite, le moyen doit être écarté.

En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 530-1 du code général de la fonction publique : « Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. » Aux termes de l’article L. 533-1 de ce code : « Les sanctions disciplinaires pouvant être infligées aux fonctionnaires sont réparties en quatre groupes : / (…) 4° Quatrième groupe : (…) b) La révocation ».

Il appartient au juge de l’excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l’objet d’une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.

D’une part, il ressort des termes de la décision attaquée que pour prononcer à l’encontre de M. A... la sanction de révocation, le président de la métropole de Lyon a relevé que le requérant a, entre mai et août 2023, exercé un harcèlement moral sur des agents de nettoiement de la métropole de Lyon visant à compromettre leurs conditions de travail, qu’il a, le 25 janvier et le 1er août 2022 tenu des propos inappropriés à l’encontre de sa hiérarchie et enfin, qu’il a, au cours de l’année 2022, menacé de violence un agent de nettoiement. Il ressort des pièces du dossier que M. A... pendant l’été 2023 a surveillé ses collègues lors de l’exécution de leurs missions sur leurs secteurs en prenant des photographies de leurs chariots de nettoiement et en les transmettant aux services de la métropole de Lyon en charge de la discipline. Ces agissements ont fortement perturbé l’exécution des missions de ces agents et dégradé leurs conditions de travail. Par ailleurs, son attitude depuis 2022 avec ses supérieurs hiérarchiques, son N+2 en particulier, a généré un climat de tension au sein du service. M. A... nie une majorité des faits qui lui sont reprochés, dont il impute principalement la responsabilité à sa hiérarchie, sans toutefois apporter des éléments probants au soutien de ses allégations. Dans ces conditions, ces faits, dont la matérialité n’est pas sérieusement contestée par M. A..., constituent des fautes disciplinaires de nature à justifier une sanction.

D’autre part, eu égard à la nature et à la répétition des fautes commises et alors que M. A... a déjà été sanctionné pour des faits similaires à deux reprises en 2016 et 2018, sans qu’il modifie son comportement, l’autorité disciplinaire n’a pas pris une sanction disproportionnée à leur gravité en prononçant à l’encontre du requérant une sanction de révocation.

En cinquième lieu, comme indiqué précédemment, les faits commis par M. A... justifiaient une sanction disciplinaire. Dans ces conditions, la circonstance que d’autres agents auraient commis le même type de faits sans faire l’objet de poursuites disciplinaires, à la supposer établi, est sans incidence sur le bien-fondé de la décision en litige.

En sixième et dernier lieu, si M. A... entend soutenir que la décision attaquée a été édictée alors qu’il a signalé des faits constitutifs de harcèlement moral pour lesquels il n’a pas bénéficié de la protection fonctionnelle et des manquements aux principes de non-discrimination, d’impartialité, de neutralité et de secret professionnel, aucun des éléments produits n’est susceptible, pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 6, d’en faire présumer l’existence. En tout état de cause, les éléments dont se prévaut le requérant sont sans lien avec les faits ayant conduit au prononcé de la sanction disciplinaire en litige. Par suite, le moyen ne peut qu’être écarté.

Il résulte de l’ensemble de ce qui précède que M. A... n’est pas fondé à demander l’annulation de l’arrêté du président de la métropole de Lyon du 15 juillet 2024.

Sur les conclusions indemnitaires de la requête n° 2407538 :

Il résulte de ce qui précède que la décision de révocation en litige n’est pas illégale. Dès lors, en l’absence d'illégalité fautive de la décision contestée, la responsabilité de la métropole de Lyon n'est pas engagée à l'égard de M. A.... Par suite, ses conclusions tendant à la condamnation de la métropole de Lyon à lui verser une indemnité en réparation des préjudices qu’il soutient avoir subis doivent être rejetées.

Sur les frais liés aux litiges :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la métropole de Lyon, qui n’est pas la partie perdante dans les présentes instances, les sommes que M. A... demande au titre de ses frais d’instance.


D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n° 2302841 et n° 2407538 de M. A... sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C... A..., à la caisse primaire d’assurance maladie du Rhône et à la métropole de Lyon

Délibéré après l'audience du 5 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Dèche, présidente,
Mme Monteiro, première conseillère,
Mme Lacroix, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2025.


La rapporteure,

M. Monteiro

La présidente,

P. Dèche

La greffière,




S. Hosni


La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Une greffière,






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