Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2304909
jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2304909 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU Chambre Sociale |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 15 juin 2023 et le 13 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Moutoussamy, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 janvier 2022 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône a mis à sa charge un indu de prime exceptionnelle de fin d'année perçue au titre de l'année 2020 ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer cet indu et de prononcer la remise de cette dette ;
3°) de mettre à la charge de ladite caisse d'allocations familiales une somme de 1 500 euros hors TVA en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision, non signée, est insuffisamment motivée en droit ;
- en l'absence de décision mettant fin à ses droits au revenu de solidarité active et dès lors qu'il n'est pas établi qu'elle n'en remplissait plus les conditions, elle avait droit à la prime en litige.
Par un mémoire enregistré le 23 août 2024, la caisse d'allocations familiales du Rhône conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Mme A bénéficie de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 mai 2023.
La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir constaté l'absence des parties ou de leurs représentants à l'appel de l'affaire et présenté son rapport au cours de l'audience publique, le rapporteur public ayant été dispensé de prononcer ses conclusions sur sa proposition.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci (). " Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 3° () imposent des sujétions () (). ".
2. La décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de la prime exceptionnelle de fin d'année ou de la prime exceptionnelle de solidarité est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.
3. La décision contestée du 29 janvier 2022 mettant à la charge de Mme A un indu de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 228,67 euros ne comporte aucune mention des textes dont elle fait application et, partant, aucune motivation en droit, ni, en outre, la preuve de la signature de son auteure.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu d'annuler cette décision. Compte tenu de son motif et de la possibilité pour la caisse d'allocations familiales de régulariser la situation, l'annulation prononcée n'implique pas nécessairement que Mme A soit déchargée de l'obligation de payer l'indu en litige. Par ailleurs, l'annulation prononcée n'implique pas qu'il soit accordé une remise dont il ne résulte pas de l'instruction, d'ailleurs, qu'elle aurait été présentée préalablement à l'autorité compétente.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 29 janvier 2022 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône a mis à la charge de Mme A un indu de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 228,67 euros est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône.
Rendu public par mise à disposition le 3 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
R. Reymond-Kellal
La greffière,
F. de Biasi
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
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