mardi 21 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2305509 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP GUÉRIN – GOUGEON |
Vu la procédure suivante :
Par une décision n° 461116 du 30 juin 2023, le Conseil d'Etat statuant au contentieux, saisi d'un pourvoi présenté pour M. B Fuhro, a annulé le jugement du tribunal administratif de Lyon en date du 28 décembre 2021 et a renvoyé le jugement des conclusions relatives au droit de M. Fuhro au revenu de solidarité active à compter du 1er février 2018 et sur l'indu mis à sa charge au titre de la période de février 2018 à novembre 2019 devant le même tribunal.
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 30 novembre 2020, 29 janvier 2021, 22 novembre 2021, 13 décembre 2021, 3 juillet 2023, 17 août 2023 et 19 septembre 2023, M. Fuhro, représentée par la SCP Guérin- Gougeon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 29 novembre 2019 de la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône en tant qu'elle a mis fin à ses droits au revenu de solidarité active et mis à sa charge le remboursement d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 10 950,78 euros, ainsi que la décision du 9 octobre 2020 par laquelle le président de la métropole de Lyon a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre cette décision ;
2°) d'enjoindre à l'administration de le rétablir rétroactivement dans ses droits au revenu de solidarité active pour la période de février 2018 à novembre 2019 ;
3°) de mettre à la charge de la métropole de Lyon le versement d'une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décision attaquées sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'il remplissait les conditions pour bénéficier du revenu de solidarité active en tant que stagiaire de la formation professionnelle.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 novembre 2021 et le 18 octobre 2023, le président de la métropole de Lyon conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête initiale ne contient l'exposé d'aucun moyen ;
- le requérant n'a initialement formé des conclusions que contre la décision mettant fin à son droit au revenu de solidarité active ;
- le requérant relevait du statut étudiant et n'avait ainsi pas droit au revenu de solidarité sur la période en litige ;
- M. Fuhro ne pouvait pas être considéré comme un stagiaire de la formation professionnelle, dès lors qu'il n'est pas justifié d'une convention de formation professionnelle entre Pôle emploi et l'organisme " le 101 ", ni d'un contrat de formation professionnelle entre l'intéressé et cet organisme ;
- M. A a résidé à l'étranger au cours des années 2019 et 2020 et ne remplissait ainsi pas la condition de résidence habituelle en France.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 décembre 2021 et le 18 octobre 2023, la caisse d'allocations familiales du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- M. Fuhro n'avait pas droit à l'allocation logement dès lors qu'il n'occupait plus son logement du 13 août 2019 au 31 décembre 2019 ;
- il ne pouvait être regardé comme un stagiaire de la formation professionnelle ;
- à titre subsidiaire, il ne pouvait percevoir le revenu de solidarité active dès lors qu'il a résidé hors de France au cours des années 2019 et 2020 ;
- sa situation personnelle ne justifie qu'une remise de dette lui soit accordée.
Par un courrier du 2 décembre 2021, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré notamment de l'irrecevabilité des conclusions d'annulation dirigées contre la décision de la caisse d'allocations familiales du Rhône du 29 novembre 2019 en tant qu'elle met fin aux droits au revenu de solidarité active du requérant et met à sa charge le remboursement d'un indu de revenu de solidarité active, dès lors que la décision du 9 octobre 2020 du président de la métropôle de Lyon rejetant le recours administratif préalable obligatoire formé par M. Fuhro, s'y est substituée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Boulay, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boulay
- les conclusions de M. Habchi, rapporteur public,
- et les observations de Me Rey, représentant la métropole de Lyon.
Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 29 novembre 2019, la caisse d'allocations familiales du Rhône a mis fin aux droits au revenu de solidarité active de M. Fuhro à compter du 1er février 2018 et a mis à sa charge un indu de revenu de solidarité active et d'allocation de logement sociale d'un montant global de 10 950,78 euros au titre de la période de février 2018 à novembre 2019. Par une décision du 9 octobre 2020, prise sur recours administratif préalable de M. Fuhro, le président de la métropole de Lyon a confirmé la fin de ses droits à compter du 1er février 2018 et l'indu de 10 680,78 euros de revenu de solidarité active au titre de la période du 1er février 2018 au 30 novembre 2019, au motif qu'étant étudiant, M. Fuhro n'était pas éligible au revenu de solidarité active. La caisse d'allocations familiales du Rhône a également, par un courrier du 1er juillet 2020, rappelé à M. Fuhro qu'il était redevable de la somme de 3 189,21 euros au titre d'un indu d'allocation de logement sociale et d'un indu de prime d'activité et, par une décision du 8 décembre 2020, rejeté sa demande tendant à la remise de sa dette d'aide personnalisée au logement d'un montant de 3 021,45 euros. Par un jugement du 28 décembre 2021, le tribunal administratif de Lyon, après avoir rejeté les conclusions de M. Fuhro dirigées contre la décision d'indu d'allocation de logement sociale comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître, a rejeté le surplus de ses conclusions contre l'ensemble des autres décisions qu'il contestait. Par une décision n° 461116 du 30 juin 2023, le Conseil d'Etat statuant au contentieux, saisi d'un pourvoi présenté par M. Fuhro, a annulé le jugement précité en tant qu'il se prononce sur les droits de M. Fuhro au revenu de solidarité active à compter du 1er février 2018 et sur l'indu mis à sa charge au titre de la période de février 2018 à novembre 2019 et a renvoyé devant le tribunal administratif de Lyon les conclusions correspondantes.
Sur les fins de non-recevoir :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les noms et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ".
3. Contrairement à ce que soutient la métropole de Lyon, la requête présentée par M. Fuhro le 30 novembre 2020 comporte l'exposé d'un moyen au soutien de ses conclusions, lesquelles sont dirigées contre la décision du 9 octobre 2020 rejetant son recours administratif préalable obligatoire contre la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales du Rhône a à la fois mis fin à son droit au revenu de solidarité et a mis à sa charge un indu de revenu de solidarité active. Par suite, les fins de non-recevoir opposées en défense, tirées du défaut de motivation de la requête et de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision portant fin au droit au revenu de solidarité active, doivent être écartées.
Sur l'étendue du litige :
4. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable se substitue nécessairement à la décision initiale et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge.
5. Le recours administratif effectué le 3 mars 2020 par M. Fuhro, conformément aux dispositions de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles précité, contre la décision de la caisse d'allocations familiales du Rhône du 29 novembre 2019, en tant qu'elle met fin à ses droits au revenu de solidarité active et met à sa charge un indu de revenu de solidarité active, ayant un caractère obligatoire, la décision de rejet du 9 octobre 2020 s'est substituée à la décision initiale. Par suite, les conclusions de la requête de M. Fuhro doivent être regardés comme étant dirigées uniquement contre la décision du 9 octobre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. D'une part, en vertu de l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active a notamment pour objet de favoriser l'insertion sociale et professionnelle de ses bénéficiaires. Aux termes de l'article L. 262-4 du même code : " Le bénéfice du revenu de solidarité active est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : / 1° Etre âgé de vingt-cinq ans () / 3° Ne pas être élève, étudiant ou stagiaire au sens de l'article L. 124-1 du code de l'éducation () ", lequel prévoit que : " Les enseignements scolaires et universitaires peuvent comporter, respectivement, des périodes de formation en milieu professionnel ou des stages. () Les périodes de formation en milieu professionnel et les stages correspondent à des périodes temporaires de mise en situation en milieu professionnel au cours desquelles l'élève ou l'étudiant acquiert des compétences professionnelles et met en œuvre les acquis de sa formation en vue d'obtenir un diplôme ou une certification et de favoriser son insertion professionnelle. Le stagiaire se voit confier une ou des missions conformes au projet pédagogique défini par son établissement d'enseignement et approuvées par l'organisme d'accueil () ". Aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 6111-1 du code du travail : " La formation professionnelle tout au long de la vie () vise à permettre à chaque personne, indépendamment de son statut, d'acquérir et d'actualiser des connaissances et des compétences favorisant son évolution professionnelle " et " comporte une formation initiale, comprenant notamment l'apprentissage, et des formations ultérieures, qui constituent la formation professionnelle continue, destinées aux adultes et aux jeunes déjà engagés dans la vie active ou qui s'y engagent ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires préalables à l'adoption de la loi du 1er décembre 2008 généralisant le revenu de solidarité active et réformant les politiques d'insertion, que si les élèves et les étudiants ayant plus de vingt-cinq ans ne peuvent bénéficier du revenu de solidarité active, y compris lorsqu'ils suivent une formation en milieu professionnel ou réalisent un stage, il en va différemment des stagiaires de la formation professionnelle continue, dès lors qu'ils remplissent par ailleurs l'ensemble des conditions d'ouverture des droits.
7. D'autre part, l'article L. 6313-1 du code du travail, dans sa rédaction applicable au litige, définit les actions de formation qui entrent dans le champ d'application des dispositions relatives à la formation professionnelle continue. Parmi ces actions figurent notamment les actions de conversion, dont l'objet est, en vertu de l'article L. 6313-6 du même code, dans sa rédaction applicable, de " permettre à des salariés dont le contrat de travail est rompu d'accéder à des emplois exigeant une qualification différente, ou à des non-salariés d'accéder à de nouvelles activités professionnelles ". Il résulte des dispositions du premier alinéa de l'article L. 811-1 du code de l'éducation que les personnes bénéficiant de la formation continue peuvent être des usagers du service public de l'enseignement supérieur. En vertu de l'article L. 6351-1 du code du travail, toute personne qui réalise des prestations de formation professionnelle continue au sens de l'article L. 6313-1 de ce code dépose auprès de l'autorité administrative une déclaration d'activité, qui fait l'objet d'un enregistrement. Il résulte en outre des articles L. 6353-2 et L. 6353-3 du code du travail, dans leur rédaction applicable au litige, qu'une convention est conclue, pour la réalisation d'une de ces actions de formation, entre l'acheteur de formation, le dispensateur de formation et, le cas échéant, la personne physique qui entreprend la formation et qu'un contrat de formation professionnelle, dont les mentions obligatoires, à peine de nullité, sont précisées par l'article L. 6353-4 de ce code, est conclu directement entre la personne physique qui entreprend une formation, à titre individuel et à ses frais, et le dispensateur de formation. Enfin, en vertu de l'article L. 6316-1 du même code, dans sa rédaction applicable au litige, Pôle emploi peut financer des actions de formation professionnelle continue dont il évalue la qualité au regard des critères définis par le décret du 30 juin 2015 relatif à la qualité des actions de la formation professionnelle continue. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que doivent être regardées comme stagiaires de la formation professionnelle continue les personnes qui suivent une action de formation qui entre dans le champ d'application des dispositions relatives à la formation professionnelle continue, qui est dispensée par un organisme dont la déclaration d'activité a été enregistrée par l'autorité administrative et qui fait l'objet d'un contrat de formation professionnelle entre l'intéressé et le dispensateur de la formation ou d'une convention de formation entre l'acheteur de la formation, le dispensateur de la formation et, le cas échéant, l'intéressé. Il en résulte également qu'une personne inscrite dans un établissement d'enseignement supérieur en tant que stagiaire de la formation professionnelle continue ne peut être regardée comme un étudiant au sens des dispositions du 3° de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles.
8. Enfin, aux termes de l'article L. 6353-4 du code du travail : " Le contrat conclu entre la personne physique qui entreprend une formation et le dispensateur de formation précise, à peine de nullité : / 1° La nature, la durée, le programme et l'objet des actions de formation qu'il prévoit ainsi que les effectifs qu'elles concernent ; / 2° Le niveau de connaissances préalables requis pour suivre la formation et obtenir les qualifications auxquelles elle prépare ; / 3° Les conditions dans lesquelles la formation est donnée aux stagiaires, notamment les modalités de formation dans le cas des formations réalisées en tout ou en partie à distance, les moyens pédagogiques et techniques mis en oeuvre ainsi que les modalités de contrôle des connaissances et la nature de la sanction éventuelle de la formation ; / 4° Les diplômes, titres ou références des personnes chargées de la formation prévue par le contrat ; / 5° Les modalités de paiement ainsi que les conditions financières prévues en cas de cessation anticipée de la formation ou d'abandon en cours de stage. ".
9. Il résulte de l'instruction que M. Fuhro, alors inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi, a suivi une formation d'architecte en technologies numériques, labellisée "Grande école du numérique" par le ministère du travail et dispensée par l'établissement privé " Le 101 " pour une période de trois ans à compter du 6 novembre 2017. D'une part, il résulte du courriel adressé le 2 janvier 2018 par Pôle emploi à M. Fuhro, l'informant de sa réinscription comme stagiaire de la formation professionnelle, et de la décision du 22 décembre 2017 par laquelle Pôle emploi a validé le projet professionnel du requérant, qu'une convention de stage doit être regardée comme ayant été établie entre Pôle emploi et le requérant et transmise à cet organisme de formation, dont l'activité a par ailleurs été régulièrement enregistrée. Dès lors, M. Fuhro devait être considéré comme un stagiaire de la formation professionnelle, et non comme un étudiant, pour déterminer ses droits au revenu de solidarité active à compter du 1er février 2018. Un tel motif ne pouvait donc justifier que la métropole de Lyon mette fin à son droit au revenu de solidarité active à compter du 1er février 2018, ni qu'elle mette à la charge du requérant un indu de revenu de solidarité active pour la période du 1er février 2018 au 30 novembre 2019.
10. Toutefois, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. Les séjours hors de France qui résultent des contrats mentionnés aux articles L. 262-34 ou L. 262-35 ou du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du code du travail ne sont pas pris en compte dans le calcul de cette durée. / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire. ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
11. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit remplir la condition de ressources qu'elles mentionnent et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.
12. Pour établir que la décision attaquée était fondée, la métropole de Lyon invoque, dans son mémoire en défense communiqué à M. Fuhro, un autre motif, tiré de ce que celui-ci a résidé hors de France au cours des années 2019 et 2020. Il résulte ainsi de l'instruction que M. Fuhro a résidé au Canada dans le cadre d'un stage professionnel, du 5 août 2019 au 31 janvier 2020, soit près de cinq mois au cours de l'année 2019. Si le requérant soutient que ce stage s'inscrivait dans la poursuite de la formation professionnelle susmentionnée, d'une part, M. Fuhro n'en a pas informé la métropole de Lyon, et, d'autre part, cette période de stage à l'étranger n'a pas fait l'objet d'un accord, ni de Pôle emploi dans le cadre du projet personnalisé d'accès à l'emploi, ni de la métropole de Lyon, le contrat d'engagements réciproques du 18 novembre 2019 ayant notamment reçu un avis défavorable de celle-ci. Ainsi, M. Fuhro a résidé hors de France durant plus de trois mois au cours de l'année 2019, ce qui faisait obstacle à ce qu'il bénéficie du revenu de solidarité active sur la période du 1er août 2019 au 30 novembre 2019. Toutefois, ce motif n'est pas de nature à justifier l'indu mis à sa charge en ce qui concerne la période du 1er février 2018 au 31 juillet 2019, au cours de laquelle il résidait en France.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. Fuhro est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du président de la métropole de Lyon du 9 octobre 2020 en tant qu'elle a confirmé la décision mettant fin à ses droits au revenu de solidarité active pour la période du 1er février 2018 au 31 juillet 2019 et mettant à sa charge le remboursement d'un indu de revenu de solidarité active au titre de la même période. En revanche, il n'est pas fondé à solliciter l'annulation de cette décision en tant qu'elle a mis à sa charge le remboursement d'un indu de revenu de solidarité active constitué du 1er août 2019 au 30 novembre 2019.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
14. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre à l'administration d'admettre rétroactivement M. Fuhro au bénéfice du revenu de solidarité active pour la période du 1er février 2018 au 31 juillet 2019 et de procéder au calcul de ses droits, dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la métropole de Lyon la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 9 octobre 2020 par laquelle le président de la métropole de Lyon a confirmé la fin de droit au revenu de solidarité active à compter du 1er février 2018 et la mise à la charge de M. Fuhro d'un indu de revenu de solidarité active est annulée en tant qu'elle concerne à la période du 1er février 2018 au 31 juillet 2019.
Article 2 : Il est enjoint à la métropôle de Lyon d'ouvrir des droits au revenu de solidarité active à M. Fuhro au titre de la période du 1er février 2018 au 31 juillet 2019 et de procéder au calcul de ses droits, dans un délai de quatre mois.
Article 3 : La métropole de Lyon versera à M. Fuhro une somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B Fuhro et à la métropole de Lyon.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2023.
La magistrate désignée,
P. BoulayLa greffière,
C. Touja
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026