Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2306365
jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2306365 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | JU Chambre Sociale |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 juillet 2023 sous le n° 2306365, Mme A C, représentée par la société DBKM Avocats (Me Bapcérès), demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 février 2023 par laquelle le président de la Métropole de Lyon a refusé de lui attribuer une aide au titre du fonds de solidarité pour le logement ;
2°) d'enjoindre de lui accorder l'aide sollicitée, subsidiairement de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de la métropole la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- eu égard à son quotient familial, la décision est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- sa situation exceptionnelle justifiait l'octroi de l'aide en tout état de cause.
Par un mémoire enregistré le 5 mars 2024, la métropole de Lyon conclut au non-lieu à statuer compte tenu du versement de l'aide personnelle au logement, et subsidiairement au rejet en faisant valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Mme C bénéficie de l'aide juridictionnelle partielle par décision modificative du 31 août 2024.
La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués au titre du logement en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation,
- la loi n° 90-449 du 31 mai 1990,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- les conclusions de M. Bertolo,
- et les observations de Mme B pour la métropole de Lyon.
La requérante n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a sollicité une aide au titre du fonds de solidarité pour le logement qui lui a été refusée par décision du 22 février 2023 aux motifs que sa situation ne correspond pas " aux critères fixés pour l'attribution d'un secours " d'une part, et d'autre part, que le montant de ses ressources devrait lui permettre de trouver un accord avec son propriétaire pour le règlement échelonné de sa dette locative.
Sur le non-lieu à statuer :
2. La circonstance que Mme C a perçu des aides personnelles au logement et apuré sa dette locative qui justifiait sa demande initiale ne rend pas sans objet les conclusions en annulation du refus de faire droit à celle-ci.
Sur le fond :
3. D'une part, aux termes de l'article 6 de la loi du 31 mai 1990 susvisée : " Il est créé dans chaque département un fonds de solidarité pour le logement. / () / Le fonds de solidarité pour le logement, dans les conditions définies par son règlement intérieur, accorde des aides au titre des dettes de loyer et de factures d'énergie, d'eau, de téléphone et d'accès à internet, y compris dans le cadre de l'accès à un nouveau logement () ".
4. D'autre part, aux termes du 1 du II relatif aux principes et conditions générales d'intervention prévus par le règlement intérieur du fonds de solidarité : " () Les aides du FSL ont vocation à être ponctuelles. () / Elles sont accordées en prenant en compte l'ouverture des droits (ou des rappels) auxquels le ménage peut prétendre. Elles sont complémentaires aux divers dispositifs d'accompagnement qui peuvent être mis en œuvre pour l'aider à résoudre ses difficultés. () ". Aux termes du 4.3 du même 1 dudit règlement : " Le QF de référence pour l'intervention du FSL est fixé à 860. A titre exceptionnel, une aide peut s'envisager si elle est justifiée par des circonstances particulières et dûment argumentée dans la limite d'un QF de 1000. Au-delà la demande est considérée comme hors critère pour l'octroi d'une aide. / Les règles de calcul du quotient sont fixées [par le tableau produit]. / Le QF est un indicateur du niveau de ressources du ménage, il ne peut constituer à lui seul un critère de décision. Il n'est pas générateur de droit systématique ". Aux termes du 4.4 du même 1 : " Le reste à vivre est à considérer comme un indicateur permettant d'apprécier la fragilité économique d'une situation. () ". Aux termes du 5 du V relatif aux aides aux impayés de loyer du règlement précité : " Les motifs de rejet : () - QF supérieur au barème du FSL / - Ressources permettant le règlement de la dette () ".
5. Mme C ne conteste pas sérieusement, en faisant valoir celui calculé selon les règles propres de la caisses d'allocations familiales, que son quotient familial à la date de la décision attaquée s'établissait à 991,67 en application du point 4.3 du II relatif aux principes et conditions générales d'intervention prévus par le règlement intérieur du fonds de solidarité précité. Elle ne conteste pas non plus sérieusement, en l'absence de toute pièce produite, qu'eu égard à ses ressources, notamment ses indemnités maladies, et ses diverses charges, elle disposait d'un " reste à vivre " tel que défini par le point 4.4 du II précité suffisant pour régler sa dette selon un échelonnement adapté qu'elle aurait pu demander à son bailleur. Compte tenu de ces éléments et de l'objet du fonds qui a vocation à accorder une aide ponctuelle et subsidiaire, il n'apparait pas qu'en refusant de la lui accorder pour les motifs prévus par le point 5 du V du règlement précité, le président de la métropole de Lyon a manifestement entaché d'erreur l'appréciation qu'il a porté sur sa situation particulière, incluant son état de santé dont il n'apparait pas qu'il fût particulièrement détaillé lors de sa demande. Par suite, Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 22 février 2023.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la métropole de Lyon, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par le conseil de Mme C.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la métropole de Lyon.
Rendu public par mise à disposition le 3 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
R. Reymond-Kellal
La greffière,
F. de Biasi
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
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