mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2306502 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL MORELL ALART & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 juillet 2023, l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée CLS Conseils, représentée par Me Morell, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des suppléments d'impôt sur les sociétés et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises auxquels elle a été assujettie au titre des années 2016 à 2018 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration, qui a modifié les motifs des rectifications maintenues à la suite de l'avis de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, aurait dû lui adresser une nouvelle proposition de rectification, lui ouvrant un délai de trente jours pour présenter ses observations ;
- elle n'a pas été mise en mesure de s'assurer de la pertinence des termes de comparaison retenus, lesquels ne sont pas nommément désignés dans le courrier du 6 mai 2021 ;
- l'administration est réputée avoir abandonné les rectifications envisagées en matière de contribution sur la valeur ajoutée des entreprises à la suite de l'avis de la commission départementale des impôts et des taxes sur le chiffre d'affaires ;
- il n'est pas établi que les termes de comparaison retenus par l'administration seraient pertinents ; l'administration a commis des erreurs méthodologiques dans son analyse comparative de marge nette ; la faiblesse de sa propre marge nette pour les exercices clos les 31 décembre 2016 et 31 décembre 2017 est liée aux dépenses exceptionnelles qu'elle a exposées ;
- la majoration de 40% pour manquement délibéré n'est pas justifiée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2023, l'administrateur de l'Etat en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Est conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société CLS Conseils ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 6 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gros, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Tocut, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. L'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) CLS Conseils exerce une activité d'expertise comptable. A la suite d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017, d'une part, et d'un contrôle sur pièces, d'autre part, l'administration a, par des propositions de rectification des 31 juillet et 1er août 2019, notifié à cette société des rectifications en matière de taxe sur la valeur ajoutée, d'impôt sur les sociétés et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises pour les années 2016 à 2018, qui ont été confirmées en dépit des observations présentées par la société et de la saisine du supérieur hiérarchique du vérificateur. Dans sa séance du 11 mars 2021, la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires a émis un avis défavorable aux rectifications en matière d'impôt sur les sociétés, sur lesquelles elle était seule compétente. A la suite de cet avis, l'administration a abandonné les rappels de taxe sur la valeur ajoutée mais a partiellement maintenu les autres rectifications envisagées. La société CLS Conseils a, en conséquence, été assujettie à des suppléments d'impôt sur les sociétés et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises au titre des années 2016 à 2018, assortis d'intérêts de retard et, s'agissant des suppléments d'impôt sur les sociétés, d'une majoration de 40%, dont elle demande au tribunal de prononcer la décharge.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " () Lorsque l'administration rejette les observations du contribuable sa réponse doit également être motivée. ". En application de ces dispositions, l'administration peut, à tout moment jusqu'à la mise en recouvrement, compléter sa réponse aux observations du contribuable.
3. D'autre part, lorsque l'administration entend fonder au moins en partie un redressement sur des éléments de comparaison issus de données chiffrées provenant d'autres entreprises, elle doit, pour assurer le caractère contradictoire de la procédure sans méconnaître le secret professionnel protégé par l'article L. 103 du livre des procédures fiscales, désigner nommément ces entreprises mais ne fournir au contribuable que des moyennes ne lui permettant pas de connaître, fût-ce indirectement, les données propres à chacune d'elles. Cette obligation, dont le respect constitue une garantie pour le contribuable, s'impose à l'administration même si ce dernier disposait d'éléments relatifs à sa propre situation pour contester les évaluations du vérificateur et si la recherche par l'administration d'informations relatives à d'autres entreprises était la conséquence du refus du contribuable de communiquer des informations dont il disposait.
4. Il résulte de l'instruction qu'à la suite de l'avis de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires du 11 mars 2021, l'administration a, par un courrier du 6 mai 2021, partiellement maintenu les rectifications en matière d'impôt sur les sociétés et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises au titre des années 2016 à 2018 fondées sur l'existence d'un acte anormal de gestion. Dans ce courrier, par lequel elle doit être regardée comme complétant sa réponse aux observations de la société CLS Conseils pour tenir compte de la saisine de la commission, l'administration admet désormais la matérialité des prestations facturées par la société Epysod mais estime, en revanche, que leur rémunération, qui se situe en dehors de l'intervalle de pleine concurrence déterminé à partir de la marge nette de dix sociétés comparables, est excessive. Ces sociétés ne sont toutefois pas nommément désignées par l'administration, qui, dès lors qu'elle fondait les rectifications maintenues sur des éléments de comparaison issus de données chiffrées provenant d'autres entreprises, avait, pourtant, l'obligation de le faire.
5. Par suite, la société CLS Conseils, que l'irrégularité retenue au point 4 a privée d'une garantie, est fondée à demander la décharge, en droits et pénalités, des suppléments d'impôt sur les sociétés et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises auxquels elle a été assujettie au titre des années 2016 à 2018, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à la société CLS Conseils d'une somme de 1 500 euros au titre de ses frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La société CLS Conseils est déchargée, en droits et pénalités, des suppléments d'impôt sur les sociétés et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises auxquels elle a été assujettie au titre des années 2016 à 2018.
Article 2 : L'Etat versera à la société CLS Conseils la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée CLS Conseils et à l'administrateur de l'Etat en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Est.
Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Gros, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 décembre 2024.
La rapporteure,
R. Gros
Le président,
M. ClémentLe greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026