Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2306575

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2306575
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJU Chambre Sociale

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de M. A contestant le refus de la CPAM du Rhône de l’admettre à l’aide médicale de l’État (AME) et à la protection universelle maladie (Puma). Concernant la Puma, le tribunal s’est déclaré incompétent, renvoyant ce litige à l’ordre judiciaire en application des articles L. 142-1 et L. 142-8 du code de la sécurité sociale. Sur l’AME, le tribunal a jugé que les ressources du requérant, supérieures au plafond légal fixé par l’article L. 251-1 du code de l’action sociale et des familles, ne lui ouvraient pas droit à cette aide, et a rejeté ses conclusions.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistré les 30 juillet et 25 août 2023, M. C demande au Tribunal d'annuler la décision du 22 mai 2023 par laquelle la directrice de la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône a refusé de l'admettre à l'aide médicale de l'Etat, ensemble la décision rejetant son recours gracieux d'une part, et d'autre part, la décision du 12 juin 2023 par laquelle la même autorité a refusé de l'admettre à la protection universelle maladie.

Il soutient qu'il déclare ses ressources, cotise à l'URSSAF et il est en attente d'une rendez-vous en préfecture pour déposer une demande de titre de séjour.

Par un mémoire enregistré le 12 mars 2024, la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône conclut au rejet des conclusions dirigées contre le refus de l'admettre à la protection universelle maladie comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre, et au rejet du surplus des conclusions de la requête dès lors que le requérant ne conteste pas avoir des ressources dépassant le plafond prévu pour l'aide médicale d'Etat.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles,

- le code de la sécurité sociale,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir constaté l'absence des parties ou de leurs représentants à l'appel de l'affaire et présenté son rapport au cours de l'audience publique, le rapporteur public ayant été dispensé de prononcer ses conclusions sur sa proposition.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant étranger qui réside en France depuis 2007 sans être actuellement titulaire d'un droit au séjour, a bénéficié de l'aide médicale de l'Etat jusqu'au 26 avril 2023. Sa demande tendant au renouvellement de cette aide a été rejetée par décision du 22 mai 2023. Celle tendant à se voir ouvrir des droits au titre de la protection universelle maladie, déposée le 31 mai suivant, a été également rejetée par décision du 12 juin 2023. Il demande l'annulation de ces deux décisions prises par la directrice de la caisse d'assurance maladie du Rhône, ensemble le rejet de son recours gracieux.

2. Il résulte des dispositions des articles L. 142-1 et L. 142-8 du code de la sécurité sociale qu'il n'appartient qu'aux tribunaux de l'ordre judiciaire de statuer sur le litige concernant l'admission à la protection universelle maladie qui relève de l'application de la législation en matière de sécurité sociale. Par suite, les conclusions dirigées contre la décision du 12 juin 2023 par laquelle la directrice de la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône a refusé d'admettre M. A à la protection universelle maladie ne peuvent qu'être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre.

3. En revanche, il résulte des dispositions des articles L. 252-1 et L. 252-3 du code de l'action sociale et des familles que les litiges concernant l'admission à l'aide médicale de l'Etat des personnes ne bénéficiant pas de la couverture maladie universelle, qui impliquent d'apprécier la légalité des décisions prises par la directrice de cet organisme pour le compte de l'Etat en matière d'aide sociale, relèvent de la compétence de la juridiction administrative.

4. Aux termes de l'article L. 251-1 du code précité : " Tout étranger résidant en France de manière ininterrompue sans remplir la condition de régularité mentionnée à l'article L. 160-1 du code de la sécurité sociale depuis plus de trois mois, et dont les ressources ne dépassent pas le plafond mentionné au 1° de l'article L. 861-1 de ce code a droit à l'aide médicale de l'Etat pour lui-même () ".

5. M. A ne conteste pas que ses ressources au titre de l'année 2022, d'un montant de plus de 19 000 euros, dépassent le plafond prévu par les dispositions précitées, alors fixé à 9 718,71 euros. Les circonstances qu'il exerce une activité professionnelle l'amenant à verser des cotisations à l'URSSAF et qu'il réside en France depuis de nombreuses années, sans exercer d'activité occulte et en déclarant ses ressources à l'administration, ne sont pas susceptibles de lui ouvrir un droit à l'aide médicale de l'Etat. Par suite, les conclusions dirigées contre la décision du 22 mai 2023, ensemble le rejet de son recours gracieux, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions dirigées contre la décision du 12 juin 2023 par laquelle la directrice de la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône a refusé d'admettre M. A à la protection universelle maladie sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C, à la directrice de la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône et au ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Rendu public par mise à disposition le 3 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

R. Reymond-Kellal

La greffière,

F. de Biasi

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,