Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2307067

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2307067
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJU Chambre Sociale

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de Mme D contestant le refus de la CPAM du Rhône de l’admettre à l’aide médicale de l’État. La requérante soutenait que ses ressources ne dépassaient pas le plafond pour un foyer de deux personnes, sa fille étant à sa charge. Le tribunal a jugé que la fille de Mme D, bien que rattachée à son foyer fiscal, ne pouvait être considérée comme étant à sa charge réelle et continue au sens des articles L. 861-1 et R. 861-2 du code de la sécurité sociale, car elle percevait des revenus en tant qu’apprentie. En l’absence de preuve que les ressources totales du foyer, incluant ces revenus, étaient inférieures au plafond applicable, la demande a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistré les 18 août et 25 septembre 2023, Mme A D demande au Tribunal d'annuler la décision du 22 mai 2023 par laquelle la directrice de la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône a refusé de l'admettre à l'aide médicale de l'Etat, ensemble la décision rejetant son recours gracieux.

Elle soutient que ses ressources ne dépassent pas le plafond prévu pour un foyer composé de deux personnes, sa fille étant à sa charge et ne percevant aucun revenu.

Par un mémoire enregistré le 12 mars 2024, la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône conclut au rejet de la requête en faisant valoir que la fille de la requérante ne peut être regardée comme étant à charge compte tenu des ressources qu'elle perçoit.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles,

- le code de la sécurité sociale,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir constaté l'absence des parties ou de leurs représentants à l'appel de l'affaire et présenté son rapport au cours de l'audience publique, le rapporteur public ayant été dispensé de prononcer ses conclusions sur sa proposition.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D a sollicité, le 3 février 2023, l'aide médicale de l'Etat en déclarant sa fille B et des ressources annuelles d'un montant de 10 685 euros ainsi qu'un logement à titre gratuit. Par décision du 22 mai 2023, cette demande a été rejetée. Le 27 juillet 2023, son recours gracieux l'a été également.

2. Aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'action sociale et des familles : " Tout étranger résidant en France de manière ininterrompue sans remplir la condition de régularité mentionnée à l'article L. 160-1 du code de la sécurité sociale depuis plus de trois mois, et dont les ressources ne dépassent pas le plafond mentionné au 1° de l'article L. 861-1 de ce code a droit à l'aide médicale de l'Etat () ". Aux termes de l'article L. 861-1 du même code : " Le plafond mentionné aux 1° et 2° varie selon la composition du foyer. Il est revalorisé au 1er avril de chaque année, par application du coefficient mentionné à l'article L. 161-25. () Le montant ainsi revalorisé est constaté par arrêté du ministre chargé de la sécurité sociale ". Aux termes de l'article R. 861-2 du même code : " Le foyer mentionné à l'article L. 861-1 se compose de l'auteur de la demande de protection complémentaire en matière de santé, ainsi que, le cas échéant, () des personnes suivantes, considérées comme étant à charge, si elles sont à la charge réelle et continue du demandeur, () : / 1° Les enfants (), âgés de moins de vingt-cinq ans à la date du dépôt de la demande, rattachés au foyer fiscal du demandeur () ; () ". Aux termes de l'article R. 861-3 de ce code : " Le plafond de ressources prévu à l'article L. 861-1 est majoré : / 1° De 50 % au titre de la deuxième personne membre du foyer tel que défini à l'article R. 861-2 ; / 2° De 30 % au titre de la troisième et de la quatrième personne ; / 3° De 40% par personne supplémentaire à compter de la cinquième personne. () ". Aux termes de l'article L. 861-2 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " L'ensemble des ressources du foyer est pris en compte pour la détermination du droit à la protection complémentaire en matière de santé, après déduction des charges consécutives aux versements des pensions et obligations alimentaires () ". Aux termes de l'article R. 861-8 du même code : " Les ressources prises en compte sont celles qui ont été perçues, et les avantages en nature dont les membres du foyer ont bénéficié au cours d'une période de douze mois courant du treizième au deuxième mois civil précédant le mois de la demande, sous réserve des dispositions des articles R. 861-9 et R. 861-15. () ".

3. Il résulte de l'instruction que, si la fille de la requérante est rattachée au foyer fiscal Mme D et réside chez elle, elle bénéficiait, pendant la période de référence, du régime d'assurance santé des salariés et elle a perçu des revenus en qualité d'apprentie d'un montant mensuel moyen de 693,97 euros. En se bornant à soutenir que sa fille est " actuellement à [sa] charge au niveau des impôts " et qu'elle " n'a aucune ressource ", la requérante ne conteste pas utilement qu'elle ne pouvait être regardée comme étant " à sa charge réelle et continue " en application des dispositions précitées bien qu'étant rattachée à son foyer fiscal. Au demeurant, il n'est ni établi, ni même allégué que les ressources réelles du foyer intégrant les revenus de sa fille durant la période de référence n'excéderaient pas le plafond prévu pour une famille de deux personnes. Par suite, la requête de Mme D doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D, à la directrice de la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône et au ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Rendu public par mise à disposition le 3 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

R. Reymond-Kellal

La greffière,

F. de Biasi

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

N°2307067