Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2307251

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2307251
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJU Chambre Sociale

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon annule la décision du 25 juin 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Rhône a réclamé à M. A un indu de prime exceptionnelle de fin d'année (152,45 €). La décision est annulée pour défaut de motivation en droit et absence de signature, en violation des articles L. 211-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration. Cette annulation n'implique pas nécessairement la décharge de l'obligation de payer, laissant à la CAF la possibilité de régulariser. Les conclusions accessoires de M. A sont rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 août 2023, M. B A, représenté par Me Desfarges, demande au Tribunal :

1°) d'annuler la décision du 25 juin 2023 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône a mis à sa charge un indu de prime exceptionnelle de fin d'année perçue au titre de l'année 2022 ;

2°) de la décharger de l'obligation de payer cet indu et de lui octroyer une remise ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros hors TVA en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision, non signée, est insuffisamment motivée en droit ;

- l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles limite la procédure de récupération par prélèvement sur d'autres prestations à échoir à l'allocation de revenu de solidarité active, avec laquelle la " Prime de Noël " ne se confond pas ;

- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'elle n'a pas été mise à même de présenter ses observations préalablement au retrait d'une précédente décision créatrice de droit ;

- remplissant les conditions légales, il avait droit à la prime en litige ;

- subsidiairement, sa situation justifie l'octroi d'une remise.

Par un mémoire enregistré le 27 août 2024, la caisse d'allocations familiales du Rhône conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens ne sont pas fondés.

M. A bénéficie de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 mai 2023.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- le décret n° 2022-1568 du 14 décembre 202- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir constaté l'absence des parties ou de leurs représentants à l'appel de l'affaire et présenté son rapport au cours de l'audience publique, le rapporteur public ayant été dispensé de prononcer ses conclusions sur sa proposition.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci (). " Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 3° () imposent des sujétions () (). ".

2. La décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de la prime exceptionnelle de fin d'année ou de la prime exceptionnelle de solidarité est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

3. La décision contestée du 25 juin 2023 mettant à la charge de M. A un indu de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 152,45 euros ne comporte aucune mention des textes dont elle fait application et, partant, aucune motivation en droit, ni, en outre, la signature de son auteure.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu d'annuler cette décision. Compte tenu de son motif et de la possibilité pour la caisse d'allocations familiales de régulariser la situation, l'annulation prononcée n'implique pas nécessairement que M. A soit déchargé de l'obligation de payer l'indu en litige. Par ailleurs, l'annulation prononcée n'implique pas qu'il soit accordé une remise.

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 25 juin 2023 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône a mis à la charge de M. A un indu de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 152,45 euros est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône.

Rendu public par mise à disposition le 3 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

R. Reymond-Kellal

La greffière,

F. de Biasi

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,