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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2307731

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2307731

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2307731
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJU Chambre Sociale
Avocat requérantDESFARGES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I) Par une requête enregistrée le 14 septembre 2023 sous le n° 2307716, Mme D B, représentée par Me Desfarges, forme opposition à la contrainte émise à son encontre le 13 juillet 2023 par la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche, en tant qu'elle concerne un montant de 5 703,54 euros correspondant à un indu de prime d'activité pour la période allant de septembre 2020 à octobre 2022, et demande au tribunal de la décharger de payer l'obligation la somme due, subsidiairement de prononcer la remise demandée, outre qu'il soit mis à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la contrainte a été signée par une personne inconnue qui n'a donc pas compétence ;

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- l'indu n'est pas justifié dès lors qu'elle n'a plus de vie de couple stable et effective depuis 2016 comme l'a acté le jugement de séparation de corps ;

- sa situation n'a pas été examinée ;

- subsidiairement, sa situation de précarité justifie l'octroi d'une remise.

Par un mémoire enregistré le 24 juillet 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens ne sont pas fondés.

L'aide juridictionnelle a été accordée à Mme B par une décision du 9 novembre 2023.

II) Par une requête enregistrée le 14 septembre 2023 sous le n° 2307717, Mme D B, représentée par Me Desfarges, forme opposition à la contrainte émise à son encontre le 13 juillet 2023 par la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche, en tant qu'elle concerne un montant de 274,41 euros correspondant à un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2021, et demande au tribunal de la décharger de l'obligation de payer la somme due, subsidiairement de prononcer la remise demandée, outre qu'il soit mis à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la contrainte a été signée par une personne inconnue qui n'a donc pas compétence ;

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- l'indu n'est pas justifié dès lors qu'elle n'a plus de vie de couple stable et effective depuis 2016 comme l'a acté le jugement de séparation de corps ;

- sa situation n'a pas été examinée ;

- subsidiairement, sa situation de précarité justifie l'octroi d'une remise.

Par un mémoire enregistré le 24 juillet 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens ne sont fondés.

L'aide juridictionnelle a été accordée à Mme B par une décision du 9 novembre 2023.

III) Par une requête enregistrée le 14 septembre 2023 sous le n° 2307718, Mme D B, représentée par Me Desfarges, forme opposition à la contrainte émise à son encontre le 13 juillet 2023 par la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche, en tant qu'elle concerne un montant de 274,41 euros correspondant à un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2020, et demande au tribunal de la décharger de l'obligation de payer la somme due, subsidiairement de prononcer la remise demandée, outre qu'il soit mis à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la contrainte a été signée par une personne inconnue qui n'a donc pas compétence ;

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- l'indu n'est pas justifié dès lors qu'elle n'a plus de vie de couple stable et effective depuis 2016 comme l'a acté le jugement de séparation de corps ;

- sa situation n'a pas été examinée ;

- subsidiairement, sa situation de précarité justifie l'octroi d'une remise.

Par un mémoire enregistré le 24 juillet 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens ne sont pas fondés.

L'aide juridictionnelle a été accordée à Mme B par une décision du 9 novembre 2023.

IV) Par une requête enregistrée le 14 septembre 2023 sous le n° 2307731, Mme D B, représentée par Me Desfarges, forme opposition à la contrainte émise à son encontre le 13 juillet 2023 par la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche, en tant qu'elle concerne un montant de 8 965,44 euros correspondant à un indu d'aide personnalisée au logement pour la période allant d'août 2020 à novembre 2022, et demande au tribunal de la décharger de l'obligation de payer la somme due, subsidiairement de prononcer la remise demandée, outre qu'il soit mis à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la contrainte a été signée par une personne inconnue qui n'a donc pas compétence ;

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- l'indu n'est pas justifié dès lors qu'elle n'a plus de vie de couple stable et effective depuis 2016 comme l'a acté le jugement de séparation de corps ;

- sa situation n'a pas été examinée ;

- subsidiairement, sa situation de précarité justifie l'octroi d'une remise.

Par un mémoire enregistré le 24 juillet 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens ne sont fondés.

L'aide juridictionnelle a été accordée à Mme B par décision du 9 novembre 2023.

V) Par une requête enregistrée le 29 décembre 2023 sous le n° 2311207, Mme D B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche a rejeté son recours administratif et confirmé la mise à sa charge d'un indu de prime d'activité pour la période allant de septembre 2020 à octobre 2022 ;

2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme due, subsidiairement de prononcer la remise demandée ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la preuve de l'assermentation de l'agent n'est pas rapportée ;

- la procédure a méconnu l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale ;

- l'absence de saisine de la commission de recours amiable l'a privée d'une garantie ;

- l'absence de décompte précis des créances lui préjudicie ;

- des retenues ont été pratiquées en méconnaissance du caractère suspensif du recours ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- les droits de la défense ont été méconnus ;

- l'indu n'est pas justifié dès lors qu'elle n'a plus de vie de couple stable et effective depuis 2016 comme l'a acté le jugement de séparation de corps ;

- sa situation n'a pas été examinée ;

- subsidiairement, sa situation de précarité justifie l'octroi d'une remise.

Par un mémoire enregistré le 24 juillet 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :

- les conclusions en annulation sont irrecevables dès lors qu'elles sont tardives ;

- subsidiairement, les moyens ne sont pas fondés.

Mme B bénéficie de l'aide juridictionnelle totale une décision du 10 novembre 2023.

VI) Par une requête enregistrée le 29 décembre 2023 sous le n° 2311208, Mme D B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche a rejeté son recours administratif et confirmé la mise à sa charge d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2021 ;

2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme due, subsidiairement de prononcer la remise demandée ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la notification de l'indu n'est pas signée ni suffisamment motivée ;

- l'indu a été recouvré sur prestation à échoir en méconnaissance de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ;

- les droits de la défense ont été méconnus ;

- l'indu n'est pas justifié dès lors qu'elle n'a plus de vie de couple stable et effective depuis 2016 comme l'a acté le jugement de séparation de corps ;

- sa situation n'a pas été examinée ;

- subsidiairement, sa situation de précarité justifie l'octroi d'une remise.

Par un mémoire enregistré le 24 juillet 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :

- les conclusions en annulation sont irrecevables dès lors qu'elles sont tardives ;

- subsidiairement les moyens ne sont pas fondés.

Mme B bénéficie de l'aide juridictionnelle totale une décision du 10 novembre 2023.

VII) Par une requête enregistrée le 29 décembre 2023 sous le n° 2311209, Mme D B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche a rejeté son recours administratif et confirmé la mise à sa charge d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2020 ;

2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme due, subsidiairement de prononcer la remise demandée ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la notification de l'indu n'est pas signée ni suffisamment motivée ;

- l'indu a été recouvré sur prestation à échoir en méconnaissance de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ;

- les droits de la défense ont été méconnus ;

- l'indu n'est pas justifié dès lors qu'elle n'a plus de vie de couple stable et effective depuis 2016 comme l'a acté le jugement de séparation de corps ;

- sa situation n'a pas été examinée ;

- subsidiairement, sa situation de précarité justifie l'octroi d'une remise.

Par un mémoire enregistré le 24 juillet 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :

- les conclusions en annulation sont irrecevables dès lors qu'elles sont tardives ;

- subsidiairement les moyens ne sont pas fondés.

Mme B bénéficie de l'aide juridictionnelle totale une décision du 10 novembre 2023.

VIII) Par une requête enregistrée le 29 décembre 2023 sous le n° 2311211, Mme D B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche a rejeté son recours administratif et confirmé la mise à sa charge d'un indu d'aide personnalisée au logement pour la période allant de mars à septembre 2022 ;

2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme due, subsidiairement de prononcer la remise demandée ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la preuve de l'assermentation de l'agent n'est pas rapportée ;

- la procédure a méconnu l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale ;

- l'absence de saisine de la commission de recours amiable l'a privée d'une garantie ;

- l'absence de décompte précis des créances lui préjudicie ;

- des retenues ont été pratiquées en méconnaissance du caractère suspensif du recours ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- les droits de la défense ont été méconnus ;

- l'indu n'est pas justifié dès lors qu'elle n'a plus de vie de couple stable et effective depuis 2016 comme l'a acté le jugement de séparation de corps ;

- sa situation n'a pas été examinée ;

- subsidiairement, sa situation de précarité justifie l'octroi d'une remise.

Par un mémoire enregistré le 24 juillet 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :

- les conclusions en annulation sont irrecevables dès lors qu'elles sont tardives ;

- subsidiairement, les moyens ne sont pas fondés.

Mme B bénéficie de l'aide juridictionnelle totale une décision du 10 novembre 2023.

IX) Par une requête enregistrée le 29 décembre 2023 sous le n° 2311221, Mme D B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche a rejeté son recours administratif et confirmé la mise à sa charge d'un indu d'aide personnalisée au logement pour la période allant d'août 2020 à novembre 2022 ;

2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme due, subsidiairement de prononcer la remise demandée ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la preuve de l'assermentation de l'agent n'est pas rapportée ;

- la procédure a méconnu l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale ;

- l'absence de saisine de la commission de recours amiable l'a privée d'une garantie ;

- l'absence de décompte précis des créances lui préjudicie ;

- des retenues ont été pratiquées en méconnaissance du caractère suspensif du recours ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- les droits de la défense ont été méconnus ;

- l'indu n'est pas justifié dès lors qu'elle n'a plus de vie de couple stable et effective depuis 2016 comme l'a acté le jugement de séparation de corps ;

- sa situation n'a pas été examinée ;

- subsidiairement, sa situation de précarité justifie l'octroi d'une remise.

Par un mémoire enregistré le 24 juillet 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :

- les conclusions en annulation sont irrecevables dès lors qu'elles sont tardives ;

- subsidiairement, les moyens ne sont pas fondés.

Mme B bénéficie de l'aide juridictionnelle totale une décision du 10 novembre 2023.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale et du logement, par une décision prise en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Vu :

- les recours préalables, décisions et contrainte attaqués ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 ;

- le décret n° 2021-1657 du 15 décembre 2021 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir constaté l'absence des parties ou de leurs représentants à l'appel de l'affaire et présenté son rapport au cours de l'audience publique, le rapporteur public ayant été dispensé de prononcer ses conclusions sur sa proposition.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite d'une enquête réalisée dans le cadre d'un contrôle de la situation de Mme B au premier semestre de l'année 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche lui a indiqué, par courriers des 16 septembre 2022, 14 novembre 2022 et 19 novembre 2022, qu'elle était notamment redevable d'indus de prime d'activité (5 703,54 euros pour la période allant de septembre 2020 à octobre 2022), d'aide personnalisée au logement (352,02 euros pour la période allant de mars à septembre 2022 et 8 613,42 euros pour celle d'août 2020 à novembre 2022) et de primes exceptionnelles de fin d'année (548,82 euros pour 2020 et 2021). Par des demandes reçues le 29 novembre 2022, Mme B a contesté le bien fondé des indus d'aides personnalisées au logement et de prime d'activité. Ses recours ont été implicitement rejetés par le silence gardé sur ces demandes.

2. Le 23 mars 2023, Mme B a été mise en demeure de régler la somme de 15 103,80 euros au titre de ces indus. En l'absence de paiement dans les délais requis, une contrainte a été émise le 13 juillet 2023 pour le recouvrement de cette somme, signifiée le 5 septembre 2023.

3. Les requêtes susvisées, toutes présentées séparément pour Mme B mais qui sont relatives à des indus qui résultent d'un même contrôle et ont été notifiés en même temps, présentent à juger des questions communes. Il y a lieu, dès lors, de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

4. Il résulte de la combinaison des articles R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative que le destinataire d'une décision administrative individuelle dispose, pour déférer cette décision devant la juridiction administrative, d'un délai de deux mois à compter de sa notification qui n'est opposable qu'à la condition que les délais et les voies de recours aient été indiqués dans cette notification. En vertu de l'article L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration, les délais de recours à l'encontre d'une décision implicite ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation.

5. Les décisions portant notification des indus se bornent à indiquer, d'une part, qu' " en cas de désaccord, vous disposez d'un délai de deux mois pour contester cette décision. Pour plus d'informations sur les voies de recours, consultez caf.fr, rubrique Mon Compte " et d'autre part, pour ceux concernant la prime d'activité et les aides personnelles au logement, que l'intéressé dispose d'un délai de deux mois pour les contester en renvoyant notamment le formulaire au directeur ou à la commission de recours amiable selon la nature de l'indu. Ces informations ne sont pas suffisamment complètes pour être susceptibles de faire courir les délais de recours à l'encontre des décisions explicites ni même implicites dès lors que, dans ce dernier cas, les modalités de présentation du recours administratif préalable obligatoire devant la caisse ne précise pas les conditions naissances d'une décision implicite et ses modalités de contestations devant la juridiction. Il ne résulte pas de l'instruction, par ailleurs, que les recours administratifs de Mme B, qui ont été reçus le 29 novembre 2022 selon les écritures produites en défense, ont donné lieu à un accusé réception comportant les indications requises par les dispositions précitées. Par suite, les fins de non-recevoir tirées de la tardiveté des requêtes contestant les indus doivent être écartées.

Sur la prime d'activité et d'aides personnalisées au logement :

6. D'une part, aux termes de l'article R. 825-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement () est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. ". Aux termes de l'article R. 825-2 du même code : " Le directeur de l'organisme payeur statue sur les recours administratifs [en matière d'aides personnelles au logement], après l'avis de la commission de recours amiable.

Ses décisions sont motivées ". D'autre part, aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité () fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable () ". Aux termes de l'article R. 847-2 du même code : " Le recours préalable () est adressé par la personne concernée à la commission de recours amiable (). La personne concernée peut considérer sa demande comme rejetée dans le délai prévu à l'article R. 142-6, et se pourvoir, le cas échéant, devant le tribunal administratif () ".

7. A défaut pour la caisse d'allocations familiales d'avoir saisi la commission de recours amiable, laquelle constitue une garantie pour les bénéficiaires des aides au logement, Mme B est fondée à soutenir que les décisions implicites rejetant ses recours et confirmant la mise à sa charge des indus de prime d'activité et d'aides personnalisées au logements sont intervenues au terme d'une procédure irrégulière.

8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens, que Mme B est fondée à demander l'annulation de ces décisions ainsi que, par voie de conséquence, la contrainte du 13 juillet 2023 en tant qu'elle a été émise pour le recouvrement de ces indus. Eu égard à ce motif et compte tenu de la possibilité pour la caisse d'allocations familiales de régulariser les décisions, l'annulation n'implique pas nécessairement qu'elle soit déchargée de l'obligation de payer les sommes afférentes.

Sur les primes exceptionnelles de fin d'année 2020 et 2021 :

9. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci (). " Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 3° () imposent des sujétions () (). ".

10. La décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de la prime exceptionnelle de fin d'année est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

11. La décision contestée du 19 novembre 2022 mettant à la charge de Mme B un indu de primes exceptionnelles de fin d'année d'un montant de 548,82 pour les années 2020 et 2021 ne comporte aucune mention des textes dont elle fait application et, partant, aucune motivation en droit, ni, en outre, la signature de son auteure.

12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes, qu'il y a lieu d'annuler cette décision ainsi que, par voie de conséquence, la contrainte du 13 juillet 2023 en tant qu'elle a été émise pour le recouvrement de cet indu. Compte tenu de son motif et de la possibilité pour la caisse d'allocations familiales de régulariser la situation, l'annulation prononcée n'implique pas nécessairement que Mme B soit déchargée de l'obligation de payer l'indu en litige.

Sur la contrainte en tant qu'elle concerne la prime exceptionnelle de fin d'année 2021 :

13. D'une part, aux termes des articles 6 des décrets n° 2016-1945 du 28 décembre 2016 et n° 2017-1785 du 27 décembre 2017 : " Tout paiement indu d'une aide exceptionnelle attribuée en application du présent décret est récupéré pour le compte de l'État par l'organisme chargé du service de celle-ci. () ". Il résulte de ces dispositions que le directeur de la caisse d'allocations familiales est compétent pour demander aux allocataires le remboursement des indus d'aides exceptionnelles de fin d'année et pour statuer sur les litiges relatifs à ces aides.

14. D'autre part, aux termes de l'article R. 122-3 du code de la sécurité sociale : " Le directeur () peut déléguer, sous sa responsabilité, une partie de ses pouvoirs à certains agents de l'organisme. Il peut donner mandat à des agents de l'organisme en vue d'assurer la représentation de celui-ci en justice et dans les actes de la vie civile. () " Aux termes de l'article D. 253-6 de ce code, dans sa rédaction applicable : " Le directeur peut, conformément aux dispositions de l'article R. 122-3, déléguer, sous sa responsabilité, une partie de ses pouvoirs à certains agents de l'organisme. / Il peut déléguer, à titre permanent, sa signature au directeur adjoint de la caisse ou à un ou plusieurs agents de l'organisme. / Cette délégation doit préciser, pour chaque délégué, la nature des opérations qu'il peut effectuer et leur montant maximum s'il y a lieu. () ".

15. En se bornant à produire la décision du 3 janvier 2022 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Isère, Mme E, a consenti à M. C une délégation pour signer les contraintes en sa qualité de membre du service recouvrement, la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche n'établit nullement que celui-ci aurait reçu délégation à l'effet de signer la contrainte en litige de la part de Mme A, directrice de cette caisse compétente territorialement.

16. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme B également fondée à demander l'annulation de la contrainte du 13 juillet 2023 en tant qu'elle a été émise pour le recouvrement de l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2021 pour ce motif qui n'implique pas nécessairement, non plus, que Mme B soit déchargée de l'obligation de payer l'indu en litige.

Sur les frais liés aux litiges :

17. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par le conseil de Mme B dans toutes les instances susvisées, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions implicites par lesquelles la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche a rejeté le recours administratif de Mme B et confirmé la mise à sa charge d'indus de prime d'activité et d'aide personnalisée au logement, ensemble la décision du 19 novembre 2022 mettant à sa charge un indu de primes exceptionnelles de fin d'année 2020 et 2021 et la contrainte émise le 13 juillet 2023 en tant qu'elle concerne le recouvrement de ces indus, sont annulées.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de Mme B sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B et à la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

R. Reymond-Kellal

La greffière,

T. Zaabouri

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône et au ministre des solidarités, en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

N°s 2307716 - 2307717 - 2307718 - 2307731- 2311207 - 2311208 - 2311209 - 2311211 - 2311221

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