mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2307831 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU 4ème chambre |
| Avocat requérant | VOGEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 septembre et 28 décembre 2023, la SCI MY, représentée par Me Vogel, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction de la taxe foncière à laquelle elle a été assujettie dans les rôles de la commune de Saint-Chamond au titre de l'année 2022, à raison d'un tènement immobilier ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 300 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'achat d'immeubles provenant d'un ensemble immobilier, propriété de la SASU KIDILIZ Group, ne peut être qualifié d'opération de restructuration au sens de l'article 1406 du code général des impôts, la privant du bénéfice des dispositions de l'article 1518 A quinquies du code général des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 13 décembre 2023, le directeur régional des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 4 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés par l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Wolf, présidente honoraire,
- les conclusions de Mme Tocut, rapporteur public
- et les observations de Me Vilain, pour la SCI MY.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI MY a acquis le 20 novembre 2019 de la SASU KIDILIZ GROUP un tènement immobilier sis à Saint-Chamond. Elle demande la réduction de la taxe foncière à laquelle elle a été assujettie en 2022 à raison de ces locaux.
2. Les dispositions combinées des articles 1498, 1518 A quinquies et 1518 E du code général des impôts prévoient un mécanisme de planchonnement et de lissage des valeurs locatives résultant de l'application de la révision générale prévue par l'article 34 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010. Toutefois, ces mêmes articles excluent des mécanismes de lissage et planchonnement les locaux concernés par l'application du I de l'article 1406, sauf si le changement de consistance concerne moins de 10 % de la surface de ces locaux.
3. L'administration fiscale a refusé d'appliquer ces dispositions au calcul de la valeur locative du tènement acquis par la SCI MY, au motif que l'opération immobilière constituerait une restructuration au sens de l'article 1406 du code général des impôts, ce que conteste la requérante.
4. Aux termes de l'article 1406 du code général des impôts : " I. - Les constructions nouvelles, ainsi que les changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties, sont portés par les propriétaires à la connaissance de l'administration, dans les quatre-vingt-dix jours de leur réalisation définitive et selon les modalités fixées par décret "
5. Les changements de consistance sont des transformations qui ont pour effet de modifier le volume ou la surface d'un local. Il s'agit essentiellement : d'addition de construction : agrandissement au sol ou en élévation (création d'un étage supplémentaire), de démolition totale ou partielle, de restructuration de construction (division d'une maison en appartements ou à l'inverse, réunion de plusieurs appartements en un seul logement), de la transformation d'une dépendance en pièce d'habitation (garage transformé en chambre).
6. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'administration fiscale n'ayant pas obtenu de la SCI MY la déclaration 6660 REV, a considéré que la vente d'une partie seulement des locaux de la SASU KIDILIZ GROUP à la SCI MY a entraîné la division du local, ce qui a engendré la création de deux unités d'évaluation correspondant à deux propriétaires, deux affectations et deux utilisations distinctes. Elle a donc estimé que les locaux nouvellement acquis par la requérante avaient nécessairement fait l'objet d'un changement de consistance par modification de leur surface, au sens de l'article 1406 I. du code général des impôts, et elle a donc mis fin à l'application des mécanismes de planchonnement et de lissage, ce qui a entraîné une hausse de la taxe foncière sur les propriétés bâties.
7. Or la SCI MY soutient sans être contestée n'avoir apporté aucune modification physique aux locaux qu'elle a achetés.
8. Par suite, c'est à tort que l'administration fiscale a refusé d'appliquer au calcul de la valeur locative des locaux achetés par le SCI MY les mécanismes de planchonnement et lissages prévus aux articles 1518 A quinquies et 1518 E du code général des impôts.
9. Il convient donc de prononcer la réduction de la taxe foncière mise à la charge de la SCI MY au titre de l'année 2022, par application des mécanismes de planchonnement et lissage et, à cet effet, de renvoyer la SCI MY devant l'administration, pour qu'elle procède aux calculs des dégrèvements y afférents.
10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à la SCI MY sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La cotisation de taxe foncière à laquelle la SCI MY a été assujettie au titre de l'année 2022 est réduite pour tenir compte des motifs exposés aux points 8 et 9 du présent jugement.
Article 2 : L'Etat versera à la SCI MY une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI MY et au directeur régional des finances publiques de la région Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2024.
La magistrate désignée,
A. Wolf
Le greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
No 2307831
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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01/06/2026