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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2308245

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2308245

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2308245
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJU Chambre Sociale
Avocat requérantSCP CARNOT AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 29 septembre 2023, le 19 octobre 2023, le 12 février 2024 et le 16 octobre 2024, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler le titre exécutoire n° 19863 émis le 5 septembre 2023 par le président de la métropole de Lyon pour un montant de 966,14 euros euros en vue du recouvrement d'un indu de revenu de solidarité active constitué pour la période d'octobre 2019 à février 2021 ;

2°) d'annuler la décision par laquelle le président de la métropole de Lyon a implicitement rejeté sa demande de remise de dette formulée par courrier du 7 octobre 2023 ;

3°) de lui accorder la remise demandée.

Il soutient que :

- il avait droit au revenu de solidarité active à la fin de ses études ;

- sa situation financière et personnelle ne lui permet pas de rembourser sa dette.

Par un mémoire enregistré le 30 janvier 2024, la métropole de Lyon, représentée par la société Carnot Avocats, conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'elle est irrecevable dès lors que le tribunal a déjà rejeté son recours à l'encontre de l'indu et d'un précédent refus de remise de dette, subsidiairement le moyen contestant l'indu n'est pas fondé.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Vu le titre attaqué, la demande préalable et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles,

- le code général des collectivités territoriales,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le magistrat désigné ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Après avoir présenté son rapport et entendu, au cours de l'audience publique, les observations de Me Berset de la société Carnot Avocats pour la métropole de Lyon, M. B n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par décision du 2 mars 2021, la caisse d'allocations familiales du Rhône a notifié à M. B des indus d'un montant total de 10 436,39 euros au titre de l'allocation de logement social et du revenu de solidarité active pour la période de mai 2019 à décembre 2019. Le 13 avril 2021, sa demande de remise de la dette de revenu de solidarité active, d'un montant alors élevé à 1 534,94 euros, a été rejetée par la caisse d'allocations familiales du Rhône. Par un jugement rendu le 24 mai 2022 sous le n° 2104470, le recours de M. B à l'encontre des indus et du refus de lui accorder une remise de dette a été rejeté.

2. Par un courrier du 29 avril 2023, M. B a été informé par la caisse d'allocations familiales qu'il restait redevable d'une somme de 1 749,94 euros au titre d'un indu de revenu de solidarité active et que sa dette de 966,14 euros restant à rembourser compte tenu des retenues effectuées est transmise à la métropole de Lyon. Le 5 septembre 2023, le président de la métropole de Lyon a émis un titre exécutoire du même montant pour le recouvrement de cette somme, à l'encontre duquel M. B forme opposition à exécution par le présent recours.

3. M. B a formulé en cours d'instance, le 7 octobre 2023, un recours administratif contestant le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active et sollicité une remise de la dette dont le recouvrement est poursuivi par le titre en litige. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé sur ces demandes. Compte tenu des conclusions formulées dans le dernier état des écritures, M. B doit être regardé comme sollicitant également l'annulation de la décision lui refusant implicitement la remise de dette.

Sur le titre exécutoire :

4. D'une part, aux termes de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéfice du revenu de solidarité active est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : 1° Etre âgé de plus de vingt-cinq ans () ; () 3° Ne pas être () étudiant () au sens de l'article L. 124-1 du code de l'éducation. ". Aux termes de l'article L. 262-8 du même code : " Lorsque le demandeur est âgé de plus de vingt-cinq ans () et que sa situation exceptionnelle au regard de son insertion sociale et professionnelle le justifie, le président du conseil départemental peut déroger, par une décision individuelle, à l'application des conditions fixées [par les dispositions précitées] ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux ".

5. D'autre part, il résulte des articles L. 262-46 et L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles ainsi que de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales que le destinataire d'un titre exécutoire émis pour le recouvrement d'un indu de revenu de solidarité active est recevable à contester, à l'occasion de son recours contre cet acte, dans un délai de deux mois suivant la notification de ce dernier, le bien-fondé de la créance correspondante, alors même que la décision de récupérer cet indu serait devenue définitive et que les conclusions dirigées contre cette décision auraient été rejetées par le juge pour un défaut de recours administratif préalable obligatoire, un tel jugement de rejet pour irrecevabilité n'étant pas revêtu de l'autorité de la chose jugée à l'égard de la contestation du bien-fondé de la créance soulevée à l'occasion de la contestation du titre exécutoire.

6. En outre, la recevabilité d'un recours contentieux dirigé contre le titre exécutoire émis pour recouvrer un indu de revenu de solidarité active n'est pas, en vertu de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, subordonnée à l'exercice d'un recours administratif préalable. Le débiteur peut, à l'occasion d'un tel recours, contester devant le juge administratif le bien-fondé de cet indu s'il a exercé le recours préalable en saisissant de cette contestation le président de la collectivité compétente.

7. Contrairement à ce que soutient la métropole de Lyon, la circonstance que le recours contentieux de M. B à l'encontre de la décision du 2 mars 2021 mettant à sa charge l'indu de revenu de solidarité active a été rejeté par un précédent jugement ayant retenu l'irrecevabilité de ses conclusions en raison d'un défaut de recours administratif préalable obligatoire ne fait pas obstacle à ce qu'il soit recevable à contester la légalité du titre exécutoire émis pour le recouvrement de cet indu, ni même à ce qu'il soit recevable à contester le bien-fondé de cet indu à cette occasion compte tenu du recours administratif présenté ultérieurement.

8. Toutefois, il résulte de l'instruction que, contrairement à ce que soutient M. B, il ne pouvait prétendre au revenu de solidarité active dès le mois de septembre 2019 dès lors qu'il avait la qualité d'étudiant compte tenu de sa soutenance intervenue le 13 septembre 2019 et qu'il n'établit pas que sa situation était exceptionnelle au regard de son insertion sociale. En outre, il n'est pas contesté qu'il n'a pas déclaré la pension alimentaire que lui versaient ses parents jusqu'au 31 décembre 2019, laquelle faisait obstacle à ce qu'il perçoit les sommes qui lui ont été versées au titre du revenu de solidarité active. Dès lors, la créance de revenu de solidarité active dont le recouvrement est poursuivi par le titre en litige est fondée.

9. Par ailleurs, les circonstances que M. B serait de bonne foi et dans une situation de précarité ne lui permettant pas de rembourser sa dette sont sans incidence sur le principe, l'exigibilité ou la quotité de cette créance. Le moyen afférent, soulevé à l'encontre du titre exécutoire, est, dès lors, inopérant.

Sur la remise de dette :

10. Contrairement à ce que soutient la métropole de Lyon, le jugement intervenu le 24 mai 2022 qui a statué sur le recours en remise de dette de M. B ne rend pas irrecevable ses conclusions formulées à l'encontre d'un nouveau refus implicite de faire droit à une demande de remise présentées plus d'un an après au regard, notamment, de circonstances de faits nées postérieurement à ce jugement. Cependant, il ne résulte pas des éléments recueillis dans le cadre de l'instruction que, eu égard à l'ensemble des ressources et charges connues de M. B, il soit dans une situation de précarité telle qu'elle justifie une remise intégrale de sa dette restante de revenu de solidarité active, quand bien même la bonne foi de l'intéressé n'est pas remise en cause.

11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la métropole de Lyon.

Rendu public par mise à disposition le 31 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

R. Reymond-Kellal

La greffière,

T. Zaabouri

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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