Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2309938

vendredi 27 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2309938
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJU Chambre Sociale

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté l'opposition de M. B à une contrainte émise par la CAF du Rhône pour le recouvrement d'un indu d'allocation de logement sociale de 537 euros. Le juge a rappelé que le débiteur ne peut contester le bien-fondé de l'indu sans avoir exercé au préalable un recours administratif obligatoire, ce que M. B n'avait pas fait. Les arguments de bonne foi et de précarité financière ont été jugés sans incidence sur la validité de la contrainte. La décision s'appuie sur les articles L. 161-1-5 et R. 133-3 du code de la sécurité sociale, ainsi que sur les articles L. 823-9 et L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 novembre 2023, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la contrainte émise à son encontre par la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône le 18 octobre 2023, pour le recouvrement de la somme de 537,00 euros correspondant au solde d'un indu d'allocation de logement sociale constitué pour la période d'avril à septembre 2021.

Il soutient que :

- il est de bonne foi ;

- sa précarité financière fait obstacle au règlement des sommes réclamées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 novembre 2024, la caisse d'allocations familiales du Rhône conclut au rejet de la requête, et à la condamnation de M. B au paiement de la somme de 537,00 euros et à tous dépens et frais d'exécution.

Elle fait valoir que :

- le recours est irrecevable, faute d'avoir fait connaitre les motifs de son opposition à contrainte ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;

- la contrainte est régulière.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Jourdan, première vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Jourdan, présidente.

Aucune partie n'était présente ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B forme opposition à la contrainte émise le 18 octobre 2023 par la caisse d'allocations familiales du Rhône, d'un montant de 537,00 euros et correspondant à un indu d'allocation de logement sociale constitué sur la période d'avril 2021 à septembre 2021.

2. Aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, le directeur de l'organisme créancier peut décerner la contrainte mentionnée () à l'article L. 161-1-5 () Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la signification. L'opposition doit être motivée ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. ". Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. ". Enfin, aux termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire. ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision du directeur d'une caisse d'allocations familiales ordonnant le reversement d'un indu de d'aide personnelle au logement n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de cette caisse dans les conditions qu'elles prévoient. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les dispositions précitées de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation.

4. Il ne résulte pas de l'instruction que le requérant aurait, préalablement à la saisine du tribunal, effectué contre l'indu pour le recouvrement duquel la contrainte en litige a été émise, un recours administratif préalable obligatoire afin d'en contester le bien-fondé. De plus, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la contrainte émise le 18 octobre 2023, M. B fait seulement valoir qu'il est de bonne foi, et que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser les sommes dues, étant micro-entrepreneur et devant actuellement rembourser une somme auprès de l'union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales (URSSAF). Toutefois, la circonstance que sa situation financière et sa bonne foi justifieraient une remise de sa dette, est, par elle-même, sans incidence sur le principe, la quotité et l'exigibilité de la créance dont le recouvrement est poursuivi par la caisse d'allocations familiales du Rhône. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la contrainte attaquée.

5. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à former opposition à la contrainte émise le 18 octobre 2023, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la caisse d'allocations familiales du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2024.

La magistrate désignée,

D. JourdanLe greffier,

Y. Mesnard

La République mande et ordonne ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,